La PropTech se décline sur tous les fronts

Selon Idriss Goossens, l'initiateur du sommet Relevation, 2021 pourrait, suite à l'électrochoc de la pandémie, être l'année zéro du "monde d'après" pour le secteur immobilier. ©Proptech Lab

Plus une semaine ne passe sans qu’un événement vante les mérites de la PropTech, ce nouveau filon émergent présenté comme le turbo du secteur immobilier. Durant deux jours, Relevation le prouve.

 Aujourd’hui s’ouvre en Belgique - et pour 48 heures chrono - le sommet Relevation, présenté par les organisateurs comme un événement de rapprochement inédit pour les investisseurs et les start-ups actives dans le domaine de la PropTech (contraction de Property and Technology) qui planchent sur l'avenir du secteur immobilier. "Avec Relevation, nous voulons vraiment établir de nouvelles règles dans le secteur, par exemple en recherchant les partenaires idéaux grâce à l'informatique et en produisant des rapports sectoriels détaillés sur les tendances en matière d'évaluation, les références des transactions et les multiples de sortie", explique Idriss Goossens, CEO de PropTech Lab et fondateur du salon, dont la première édition s’est tenue en 2020. 

La PropTech, à la croisée des continents qui bougent. ©immo²

Digital cette année, l’événement organisé en partenariat avec CREtech, l'une des plus grandes plateformes PropTech du monde, est clairement axé sur les transactions entre acteurs directement concernés: 400 fondateurs de start-ups sont ainsi invités à rencontrer, durant deux jours, 200 investisseurs en capital-risque, eux-mêmes conviés à rencontrer une cinquantaine de fonds. "Nous organisons en parallèle un salon du recrutement pour 100 étudiants sélectionnés dans 10 universités et écoles de commerce de renom", précise encore Idriss Goossens, qui ajoute que des intervenants du géant technologique Microsoft ou du commerçant en ligne Zalando ainsi que des organismes publics tels que des représentants de la Commission européenne ou de l’EIF sont également de la partie. 

Le quatre-quart de Gaëtan Hannecart

20%
de marge
C'est l'économie d'échelle que pourrait apporter la PropTech au secteur immobilier.

Mais qu’a de si novateur ce jeune segment de marché en plein essor qui prétend révolutionner le secteur immobilier et aurait reçu, lors de la pandémie, "un nouvel élan comparable au boom des fintechs après la crise financière"?  Nous avons posé la question à Gaëtan Hannecart, qui fut un des tout premiers - dès 2014 - à investir dans ce nouveau filon alors à peine connu. 

Pour l'homme fort de Matexi, ce secteur émergent se situe exactement au carrefour des deux activités principales de son groupe: le développement immobilier et l’investissement dans des entreprises prometteuses au travers de sa coupole Abacus Group. "Nous recherchons en permanence des solutions qui peuvent nous aider à améliorer non seulement notre fonctionnement, mais aussi résoudre des problèmes sociaux et environnementaux. La construction et la promotion immobilière sont des métiers où il y a encore énormément de possibilités pour augmenter la productivité et où tout retard est très pénalisant. Il suffit de voir les marges faibles des sociétés de construction - entre 2% et 5% - et d’observer la manière, toujours très artisanale, avec laquelle on construit. Nombre d’études signalent qu’entre la façon de faire actuelle et le processus optimal, il y a plus ou moins 20% à aller chercher", pose-t-il d'abord. 

"Nous avons eu la chance d'investir dans LivSpace aux côtés de grands noms comme Ikea et Goldman Sachs."
Gaetan Hannecart
Président du comité d'investissement de Matexi

Abacus Group, la société holding familiale qui chapeaute son entreprise, est ainsi déjà actionnaire de quatre sociétés PropTech complémentaires. Il les énumère: "Hoplr me tient particulièrement à cœur. C’est un réseau social fermé, sans publicité, qui vise à stimuler les interactions entre habitants et autorités communales. Je suis profondément convaincu que nous devons redécouvrir la notion de quartier comme un "building block" essentiel pour nos sociétés. Letsbuild (fusion d'Aproplan et de Geniebelt) est une plateforme digitale qui vous assiste dans toutes vos tâches sur chantier: plans, devis, photos, listes de points à résoudre, etc. SweepBright est un outil d'automatisation des tâches et documents pour agents immobiliers. Enfin, LivSpace, actif en Asie, est une plateforme pour la décoration intérieure et la rénovation. Les clients choisissent sur ordinateur l’aménagement de leur appartement ou maison. Après réunion avec un architecte d’intérieur, le programme éclate le design dans toutes ses composantes, passe les commandes et fait que tous les matériaux arrivent dans un conteneur sur chantier. C'est un peu tôt pour le marché belge, mais c’est un outil impressionnant et nous avons eu la chance de devenir co-investisseurs à côté de grands noms tels qu’Ikea et Goldman Sachs."

Voilà pour le quatre-quart maison le plus abouti. Mais Abacus Group participe également au nouveau fonds Rise Proptech, récemment lancé à l'initiative de Noshaq et finance&invest.brussels. Quant à la PropTech qu’il faudrait, selon l'homme fort de Matexi, encore développer d'urgence, c’est celle qui plancherait sur la simplification des règlements d’urbanisme, "contre-productifs pour la qualité du bâti", lâche-t-il en riant. 

Le résumé

  • Le sommet Relevation s'ouvre aujourd'hui pour 48 heures et a pour objectif dynamiser le secteur immobilier par l'intelligence de la PropTech (Property + Technology).
  • Virtuel, le rendez-vous se présente comme un "speed dating" entre start-ups, investisseurs et jeunes talents en recherche d'emploi.
  • Abacus Group, le holding familiale du groupe Matexi, a été parmi les premiers à investir dans ce filon prometteur.
  • Selon son patron, les économies d'échelle résultant de la PropTech appliquée au secteur immobilier pourraient être impressionnantes.

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