La société 3e Bureau est à vendre

Odette en ville

Suite à des difficultés financières, l’entrepreneur général 3e Bureau a dû se tourner vers le tribunal de l’entreprise pour se mettre à l’abri de ses créanciers. La société est à vendre.

Avis aux amateurs, les entreprises générales 3e bureau, fondées en 1987 par Margil Gutmer, sont à vendre. Confrontée à des difficultés financières, la société a dû faire appel au tribunal de l’entreprise francophone pour se mettre à l’abri de ses créanciers via la procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) par transfert d’activités. Cédric van Zeeland a été nommé au poste de juge délégué tandis que Tibault le Hardÿ a été désigné mandataire de justice.

Nombreux projets

Pas évident de mettre le doigt sur les difficultés qui ont poussé la société à se mettre sous la protection du tribunal, mais 3e Bureau a changé de mains il y a trois ans environ. Les repreneurs ont-ils échoué dans leur mission? Nul ne souhaite se prononcer à ce stade. De son côté, le juge délégué van Zeeland insiste pour dire que la société tourne et qu’elle est loin d’être en faillite. "Il s’agit d’une entreprise de construction générale pour des clients plutôt huppés", nous a-t-il expliqué, espérant que cette mise à l’étalage attirera les candidats potentiels.

Cette société a un beau potentiel, pas de réelle concurrence, elle a un bel avenir devant elle
Cédric van Zeeland
Juge délégué

Le but de cette PRJ par transfert est d’assurer la continuité des activités, de permettre aux projets en cours d’arriver à leur terme et de reprendre les travailleurs toujours repris sur le payroll de 3e Bureau. D’après le juge délégué, ils sont toujours une dizaine actuellement. Selon les derniers résultats publiés, ils étaient encore une trentaine à la fin de l’année 2018. Le trop grand nombre de travailleurs est d’ailleurs une des raisons invoquées pour expliquer les difficultés.

"Cette société a un beau potentiel, pas de réelle concurrence, elle a un bel avenir devant elle", assure le juge délégué. 

Il est possible que les repreneurs de la société il y a trois ans n’aient pas réussi à "sentir" le marché et qu’ils se soient trompés de cible. Avant l’été 2017, les nouveaux associés avaient décidé de créer une filiale en France "afin d’asseoir le développement de la société en France, de permettre à cette dernière de renforcer sa présence sur le marché français, en augmentant notamment sa visibilité", peut-on lire dans un acte publié au Moniteur belge. 

Ceci étant, on trouve probablement un début d’explication en marge des résultats 2017 de la société déposés auprès de la Banque Nationale de Belgique. En guise d’explication des résultats en baisse, les administrateurs de la société font savoir aux actionnaires qu’ils ont "connu une année difficile avec la chute du chiffre d’affaires suite à une année transitoire dans le management team qui ne s’est pas déroulée comme envisagée". 

En outre, cette même année, des soucis de santé ont forcé le fondateur à faire un pas de côté durant plusieurs mois. Il avait remplacé par un nouveau dirigeant qui devait s’employer à mettre une nouvelle stratégie en place afin de renouer au plus vite avec les bénéfices, lit-on encore en marge des résultats 2017. Effectivement, en 2016, la société réalisait un chiffre d’affaires de 25,5 millions d’euros pour un bénéfice de 1,8 million d’euros. À la fin 2017, année transitoire, le chiffre d’affaires chutait de plus de dix millions d’euros, à 13,9 millions tandis que le bénéfice fondait à 829.000 euros. Enfin, les derniers chiffres disponibles, ceux de l’année 2018, confirment cette tendance à la baisse, avec un chiffre d’affaires de 24 millions d’euros, mais une perte de 3,7 millions d’euros. 

Quête d’un repreneur

La société, on l’a dit, est répertoriée comme entrepreneur général et elle construit des maisons et des appartements essentiellement pour des clients privés. Sur son site internet, on apprend également qu’elle a pris en charge l’aménagement d’une série de boutiques de luxe à Bruxelles comme Louis Vuitton, Cartier, Dior, Tiffany et Armani, pour ne citer que celles-là. Elle a également assuré l’aménagement d’hôtels ou de restaurants connus comme le Chalet de la forêt, Cook and Book ou Odette en Ville. On le voit, un beau portefeuille de clients.

L’idée du mandataire de justice, que nous avons pu contacter, est d’aller vite. Le tribunal semble animé de la même intention. Introduite mercredi dernier, la réorganisation judiciaire a été validée par un jugement du tribunal deux jours plus tard. Au cours des semaines à venir, Tibault le Hardÿ va faire le tour des candidats potentiellement intéressés avant de présenter les meilleures offres au tribunal de l’entreprise.

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