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La vente de Médiacité capote une nouvelle fois

©BELGA/PETER COOK

Les discussions entre le promoteur Wilhelm & Co et le groupe allemand Union Investment sont rompues. KBC supporte le risque sur un crédit de plus de 200 millions.

Les négociations entre Wilhelm & Co, le développeur du shopping center Médiacité à Liège, et son acquéreur désigné depuis plus d’un an, le groupe allemand Union Investment, ont été rompues, avons-nous appris de source bien informée.

Le développeur, que nous avons contacté, a fait savoir par sa représentante habituelle "qu’il n’avait rien à communiquer". Peter Wilhelm en personne était au Mipim de Cannes où il aurait eu – au conditionnel – une rencontre de la dernière chance avec les représentants de son ex-futur acquéreur. Rien n’a filtré, mais plusieurs sources concordantes affirment que cette réunion, si elle a vraiment eu lieu, n’aurait de toute façon rien changé: la rupture de confiance entre les deux partenaires est totale.

Cet échec retentissant est gênant – le mot est faible – pour les diverses parties prenantes de ce dossier. D’abord pour Wilhelm & Co, bien sûr, mais comme le développeur se refuse à tout commentaire, il serait malveillant de tirer des conclusions hâtives. Pour la banque flamande KBC, où l’on se refuse aussi à tout commentaire, c’est plus que gênant. Le crédit qu’elle a consenti à Wilhelm & Co (on parle de plus de 200 millions au total, hors intérêts) pèse lourdement sur ses comptes. C’est le plus grave évidemment, puisque le risque de ne pas être remboursé est devenu réel, mais il se dit – circonstance aggravante – que ce (très) gros crédit sur un actif liégeois, consenti avant la crise de 2008, était mal vu au nord du pays.

Pour Liège enfin, cet échec fait tache. On présume que les autorités de la Ville, qui font de gros efforts – notamment au Mipim de Cannes – pour attirer les investisseurs, apprécient peu de voir capoter une transaction de cette taille (on parle de 225 millions EUR au moins).

Le shopping center Médiacité, qui a été inauguré en 2009, est considéré comme une réussite au plan commercial, grâce notamment à la présence en son sein du distributeur irlandais Primark sur 6.000 m2 d’abord, 9.000 aujourd’hui, alors qu’au total la superficie du centre commercial ne dépasse pas 42.000 m2.

Sa revente, par contre, habituelle dans ce type de dossier, semble avoir posé problème depuis le début. Wilhelm & Co a d’abord tenté, en juin 2011, de lancer un certificat foncier. Ce fut un échec. Il a ensuite entamé des négociations avec le géant allemand Union Investment, qui possède déjà deux centres commerciaux dans notre pays (Les Grands Prés à Mons et "K" à Courtrai) et des surfaces de bureaux à Bruxelles. Des négociations qui semblaient avoir bien démarré, au point que l’information a circulé en septembre 2013 que le dossier était bouclé. Hélas, ces négociations se sont anormalement prolongées, non sans avoir été interrompues par "une bataille homérique en justice" (voir "L’Echo" du 24 avril 2014). Ce n’est qu’ensuite qu’elles ont repris, avec l’issue que l’on sait.

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