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La Ville de Bruxelles met l’hôtel Continental en vitrine

La rénovation et la gestion du Continental vont être confiées sous emphytéose à un "propriétaire" privé pour 50 ans au moins. ©Régie foncière Ville de Bruxelles

La Ville de Bruxelles veut donner une nouvelle vie au Continental en cédant la main à un partenaire privé, tout en conservant à terme la propriété de l'immeuble.

Place de Brouckère, on ne peut pas le rater, surtout depuis que le piétonnier a dégagé les voiries à l'entour et la vue depuis le boulevard Anspach. Aujourd’hui, l’immeuble de la Régie foncière de la Ville de Bruxelles, alias le Continental, trône à nouveau fièrement dans la perspective vers le Quartier Nord.

Il doit son nom de scène - toujours gravé dans la pierre - à celui de l’hôtel érigé en 1874, après le voûtement de la Senne.

"La future destination de l'immeuble doit être complémentaire de ce qui est déjà programmé dans le quartier aujourd'hui."
Fabian Maingain
Échevin des Affaires économiques

La seule ombre qui fait tache sur la façade classique reste le panneau publicitaire rouge et blanc qui chapeaute depuis trop longtemps déjà l’immeuble d’angle. Aux dernières nouvelles, la Région bruxelloise aurait averti la société qui le loue qu’elle ne disposait pas des permis nécessaires pour prolonger sa présence sur le toit. Mais Coca-Cola aurait introduit un recours. À suivre… 

Petit bureau, rêve élargi

À l’étage inférieur, au sixième, c’est l’avenir de l’immeuble tout entier, propriété de la Ville de Bruxelles, qui se joue aujourd’hui. Dans le petit bureau d’Olivier Verstraeten, le chef cab' de l’échevine en charge du Logement et du Patrimoine public, Lydia Mutyebele Ngoi (PS) et Fabian Maingain (DéFI), son collègue préposé aux Affaires économiques, se serrent les coudes pour détailler l’appel d’offres qu’ils viennent de finaliser de concert sous le nom de code RF/20/BE/859.

L’objectif: reconvertir l’ensemble des étages (partie bureaux) et le rez commercial des murs qui, derrière la façade majestueuse, ont un cruel besoin d’être repensés et réaménagés. Cela fait d’ailleurs plus de 10 ans que l’idée est sur la table et mûrit, lentement, au gré des échevins de tutelle.

L'immeuble revu et corrigé dans son environnement actuel, avec ses niveaux verticaux initiaux, mais sans le panneau publicitaire qui le coiffe toujours aujourd'hui. ©Ville de Bruxelles

Le temps presse

Mais cette fois, le temps presse. Tout d’abord, hormis le Métropole voisin, dont la réouverture de la brasserie réanime momentanément le rez et la terrasse, mais dont la survie reste désespérément incertaine, tous les autres immeubles du quartier sont désormais promis à une nouvelle vie. Et puis le grand rassemblement des services de la Ville dans son nouveau QG voisin, baptisé Brucity et logé à l’ancien emplacement du Parking 58, est finalement confirmé pour l’an prochain, avant ou après l’été. 

"Nous sommes ouverts à toutes les idées, à l’instar de ce qui a été imaginé dans l’ancien siège d’Actiris, près de la Bourse."
Lydia Mutyebele
Échevine en charge du Patrimoine public

"Il était donc judicieux de donner enfin une nouvelle affectation à ce bâtiment emblématique. Mais nous souhaitons vraiment veiller à ce que sa future destination soit la meilleure possible pour le rayonnement du bas de la ville et soit complémentaire avec ce qui y est déjà programmé aujourd’hui", motive Fabian Maingain.

Un bail emphytéotique

"C’est pourquoi, reprend Lydia Mutyebele, nous venons de lancer vers les investisseurs privés un appel à intérêt qui sera cadré par un bail emphytéotique de minimum 50 ans. Nous souhaitons vraiment garder la main sur notre patrimoine public et pouvoir cadrer ce qui animera les murs du Continental dans les prochaines décennies".

On le sent: le scénario vécu dans certains rez commerciaux de l’artère voisine, le boulevard Adolphe Max, a laissé des traces. On fera donc tout pour ne pas voir s’installer n’importe quoi dans le pied d’immeuble qui a notamment accueilli... un garage Renault au milieu du siècle dernier. 

7.000
mètres carrés
La superficie hors sol maximale envisageable dans les murs bruxellois concernés par le projet de rénovation lourde est de 7.000 m².

Le modèle Actiris

Les deux échevins savent ce qu’ils ne veulent pas, c’est sûr. Mais ils laissent la porte ouverte à l’initiative et à la créativité, pour autant qu’elle soit une plus-value pour le quartier et ses habitants. Bureau, pas bureau, projet commercial original et de niche alias Concept Store, projet mixte: toutes les idées seront examinées.

"Il y a bien sûr des balises incontournables: la qualité architecturale, patrimoniale, le cadre réglementaire urbanistique et commercial à respecter (PRDD, PRAS, PCD) que nous détaillons dans l’appel d’offres; il y a aussi le plancher de redevance de quelque 300.000 euros par an que nous avons fixé. Mais au-delà, nous sommes ouverts à toutes les idées, à l’instar de ce qui a été imaginé dans l’ancien siège d’Actiris, près de la Bourse, où l’enseigne Eataly va notamment animer les lieux sur plusieurs étages", résume l’échevine.

Son collègue, lui, rappelle que l’assise commerciale à front de place et de boulevards voisins, qui est propriété de la Régie foncière et qui pourrait être remembrée d’un seul tenant, pourrait atteindre jusqu’à 3.000 m²: une superficie assez unique dans l’hypercentre en phase de réanimation. 

L'état actuel des plateaux concernés par le réaménagement global de l'immeuble Continental. ©Régie Foncière - Ville de Bruxelles

Échéance à 90 jours

Les marques d’intérêt sont, en tout cas, attendues avant le 13 décembre prochain. Après quoi, un jury sélectionnera les propositions les plus en phase avec les critères de sélection. Nul doute que les candidats ne manqueront pas, vu le cadre exceptionnel offert par le propriétaire et la durée du partenariat.

Le résumé

  • La Ville de Bruxelles cède les murs actuels de sa Régie foncière à un investisseur privé.
  • Elle souhaite en garder la propriété à long terme et cadre cette cession sous forme d'emphytéose.
  • L'objectif est de rénover l'ensemble et d'y loger un projet cohérent, en phase avec les autres développements programmés autour de la place de Brouckère.
  • Les marques d'intérêt doivent lui parvenir pour le 13 décembre prochain au plus tard.

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