Laurent Minguet doit payer 3,5 millions à un ancien associé

Serge Lejeune (à gauche) et Laurent Minguet, deux amis aujourd'hui dos-à-dos.

La cour d'appel de Liège vient de condamner l'homme d'affaires Laurent Minguet à payer 3,5 millions d'euros à Serge Lejeune, son ancien associé dans la société immobilière Horizon. Ces montants sont provisoires et pourraient évoluer en fonction des résultats d'une expertise judiciaire toujours en cours.

Depuis 2018, un différend oppose Laurent Minguet et Serge Lejeune, les fondateurs du groupe Horizon. Un arrêt récent de la cour d'appel de Liège vient de présenter une partie de l'ardoise causée par ce divorce. Après avoir été condamné en première instance à reprendre les parts de son ancien associé, l'homme d'affaires Laurent Minguet vient d'être condamné à payer 3,5 millions d'euros à son ancien partenaire, en attendant le résultat d'une expertise judiciaire qui pourrait alourdir ce montant. 

Exclusion forcée

La collaboration entre les deux hommes remonte à 2005. Ils créent alors le Holding Minguet Lejeune (HML), faîtière du groupe Horizon, active dans la promotion immobilière. Les projets se succèdent et tout semble aller pour le mieux jusqu'au 18 avril 2018, date à laquelle Laurent Minguet, adressant une longue liste de reproches à son partenaire, le cite en justice pour le forcer à lui céder ses parts.

En première instance, le juge a dit cette action en exclusion recevable mais non fondée. Sur cette base, il a ordonné le transfert des parts et condamné Laurent Minguet à les racheter. Le même juge a désigné un expert judiciaire chargé de valoriser la société et, dans l'attente du résultat de l'expertise, a condamné Laurent Minguet à payer à son ex-associé une somme provisionnelle de 750.000 euros. 

Insatisfait de cette décision, Laurent Minguet, défendu par Philippe Mottard, est allé en appel. L'arrêt rendu il y a un mois par la cour d'appel est plutôt cinglant à son égard. L'appelant reprochait à son ex-associé d'avoir été opaque et peu sérieux concernant un projet de partenariat avec des investisseurs privés à Dubaï. À ce propos, la cour relève que Laurent Minguet n'a jamais souhaité s'impliquer dans ces négociations et qu'il est malvenu de reprocher "l'opacité ou le peu de sérieux avec lequel Serge Lejeune aurait développé ce projet".

La cour relève aussi, par ailleurs, une série de courriels et de conseils d'administration abordant clairement l'évolution dudit projet. En outre, une plainte au pénal introduite sur le même dossier s'est rapidement soldée par un non-lieu (juin 2019).

"La cour a considéré que j'étais le méchant parce que je voulais redresser la société."
Laurent Minguet
Cofondateur du groupe Horizon

Laurent Minguet reprochait également à son ancien associé, défendu dans cette affaire par Jean-Francois Goffin, d'avoir tenté de vendre ses parts à un ami. Là non plus, pas de quoi évoquer une "mésintelligence grave entre les associés" aux yeux de la cour. Alors que les parties continuaient à négocier un retrait de Serge Lejeune, Laurent Minguet adressait un mail aux collaborateurs du groupe Horizon indiquant qu'il allait reprendre les choses en mains, notamment via le déménagement du personnel dans ses propres bureaux (centre d'affaires Natalis).

Coup de force

Pour la cour, il s'agit "d'un coup de force par lequel Laurent Minguet décide seul de transférer le siège social d'Horizon". Et la cour de rappeler que même si ce dernier se considère seul maître à bord, il a toujours un associé à parts égales. La cour estime donc que l'action en retrait demandée par Serge Lejeune était la moins mauvaise des solutions. Et elle condamne Laurent Minguet à lui payer 3,5 millions d'euros: 1,5 million en direct et 2 millions par garantie bancaire, en attendant les résultats de l'expertise. 

3,5
millions d'euros
Le montant que Laurent Minguet devra verser (en partie) à son ancien associé dans la société immobilière Horizon.

On s'en doute, Laurent Minguet n'est pas satisfait. "La cour a considéré que j'étais le méchant parce que je voulais redresser la société", nous a-t-il déclaré. Ce dernier, qui estime que les parts de son ancien associé ne valent rien, envisage d'aller en cassation

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