Le futur constructeur et gestionnaire privé du palais de justice de Namur est connu

La salle des pas perdus, qui restera publique, sera couverte d'une immense verrière.

C’est l’association momentanée réunissant AG Real Estate, CIT Blaton et BPC (groupe CFE) qui décroche le marché public-privé de promotion de travaux cadrant la construction et la gestion (18 ans) du futur palais de justice de Namur. L’enveloppe globale de l’investissement est de 117 millions d’euros.

Les juridictions namuroises sont hébergées dans différents immeubles dont les médias, alertés par les services concernés, ont maintes fois relaté l’état de délabrement avancé. Datant parfois du XVIe siècle, les bâtiments qui accueillent actuellement les institutions judiciaires namuroises sont en effet dépassés en termes de sécurité, d’hygiène ou encore d’entreposage de pièces à conviction et des archives. Un délabrement et un manque d’espace tels que le fonctionnement normal des juridictions n’est plus garanti depuis des années. Pour enfin pallier cette situation indigne d’une fonction régalienne de l'État, le gouvernement fédéral a lancé le projet de construction d’un nouveau palais de justice, dont le financement (117 millions) sera assuré par le privé via un partenariat public-privé (Build/Finance/Maintenance). Le loyer payé par l'État pour l'occupation des lieux durant 18 ans couvrira environ 80% de ce montant investi à risque.

117
millions €
C'est l'enveloppe financière globale qui sera portée par le partenaire privé durant 18 ans, moyennant paiement d'un loyer par l'État.

Au terme d’une procédure d’appel cadrée par la Régie des Bâtiments, le marché vient d’être attribué samedi dernier. Après aval du ministre du Budget David Clarinval (MR), déjà acquis, le Conseil des ministres doit encore valider le contrat. C’est l’association momentanée réunissant AG Real Estate, CIT Blaton et BPC (groupe CFE) qui l’a emporté sur les trois autres candidats en lice. Un moratoire de 15 jours, prévu pour un éventuel recours, est en cours avant la désignation officielle et définitive du lauréat. Le déménagement des services de la justice vers le nouveau bâtiment est prévu pour le premier semestre 2023. Jusqu’en 2041, l’association momentanée restera propriétaire et gestionnaire des murs du palais de justice. À ce terme, l’État fédéral – ou son substitut – disposera d’une option d’achat ou devra renégocier et prolonger son contrat de location.

Futurs occupants

Les futurs occupants du palais de justice sont la cour d’assises, le tribunal de première instance, le parquet du procureur du Roi, le parquet de la jeunesse, le parquet de police, le tribunal et la cour de travail, l’auditorat de travail, le tribunal de commerce, la justice de paix, le barreau et le nouveau service DAB de la Police fédérale. Le volet pénal de la division de Dinant de l’arrondissement judiciaire de Namur sera également intégré. Il s’agit des juges d’instruction, de la chambre du conseil et du tribunal correctionnel. Cette décision a été prise dans l’esprit de rationalisation des bâtiments judiciaires.

Le site

Construit sur le site des anciennes Casernes Léopold (3,6 hectares), le nouveau palais offrira une surface bâtie de nette de 34.600 m². Il se situera dans le prolongement de l’entrée de Namur via le pont de Jambes, entre le boulevard Cauchy et les rues des Bourgeois et Général Michel. Le périmètre de chantier est déjà clôturé et les bâtiments existants sur le site ont été démolis par Eloy Travaux. La porte historique sis rue Général Michel a été démontée et est actuellement entreposée sur un autre site en attente de sa réaffectation.

Fonctionnalité et sécurité

La conception du projet qui sera financé et finalisé par les lauréats a été portée par l’association momentanée AdP² (Aupa/Cerau/Atelier d’Architecture de Genval/Bgroup/Greisch). Le futur îlot bâti accueillera en son centre la salle des pas perdus, qui restera un espace public. L’entrée se fera par une esplanade située dans le prolongement de la rue Dewez. Les cours de justice se situeront de part et d’autre de la salle des pas perdus très lumineuse, couverte par une immense verrière. Au bout de cette salle se trouvera la cour d’assises. Les étages supérieurs rassembleront les bureaux du personnel et des magistrats. Ceux-ci pourront d’ailleurs rejoindre les salles d’audience via une circulation privée sécurisée. En tout, le futur palais de justice comptera 14 salles d’audience ainsi que 79 emplacements de parking réservés au personnel.

L'entrée principale du futur palais de justice se fera via une esplanade publique sise dans le prolongement de la rue Dewez.

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