Le Groupe Jolimont veut se recentrer sur trois nouveaux hôpitaux modulaires

Les futures structures hospitalières modulaires reposent sur un concept architectural et logistique en forme de #, avec quatre unités de soins par plateau. ©Groupe Jolimont

Le projet immobilier, inédit par la taille, la complexité et le budget, est présenté ce vendredi au ministre-président Willy Borsus. Il sera déposé auprès des instances régionales avant le 25 mai.

Branle-bas de combat ce vendredi 30 mars dans les couloirs des hôpitaux du Groupe Jolimont situés à Haine-Saint-Paul et ailleurs en Hainaut. On y attend le ministre-président Willy Borsus et sa garde rapprochée pour leur faire visiter les installations existantes… Et aussi leur présenter le projet pharaonique sur lequel Stéphan Mercier, l’admininistrateur délégué du groupe hospitalier, et Olivier Dequenne, son chief innovation officer, planchent depuis des mois.

Ce projet, nous avons pu le découvrir en primeur, synthétisé en une cinquantaine de pages. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ses concepteurs y ont mis manière, temps et énergie en s’entourant d’une équipe de professionnels de haut vol.

Il faut dire qu’avec plus de 5.500 collaborateurs et médecins et une participation majoritaire dans le CHR Mons-Hainaut, le Groupe Jolimont est aujourd’hui le premier groupe de santé wallon. Son bassin de patientèle s’étend sur 60 communes en Hainaut et Brabant wallon.

Un planning réaliste envisage de rentrer dans les nouvelles installations en 2026.

"Le cabinet d’audit Deloitte et le bureau d’architectes et d’urbanistes Skope ont réalisé une analyse approfondie, quantitative et qualitative, des cinq sites existants. Ils ont ensuite comparé les deux scénarios possibles: une rénovation lourde de ceux-ci ou une démolition-reconstruction, en recentrant les implantations actuelles sur trois nouveaux sites. Et leur bilan est sans appel: la quasi-totalité des critères objectifs listés penchent vers une démolition-reconstruction. Par contre, nous ne savons pas encore si nous allons passer par un sale & lease back ou un DBFM (Design/Build/Finance/Maintenance) complet", résume Stéphan Mercier, qui a mis en concurrence plusieurs cabinets de conseil fiscaux sur ce point précis.

Nom de code X3L

C’est ce constat que les deux porteurs du dossier ont fait passer auprès des différents conseils d’administration et médicaux du Groupe Jolimont, avant de défendre ce projet global inédit – baptisé X3L – auprès des instances publiques wallonnes. Pour rappel, dans le cadre de la sixième réforme de l’Etat et de la régionalisation des infrastructures hospitalières, le gouvernement wallon a fixé l’an dernier les grandes lignes d’un plan contraignant de rationalisation des infrastructures existantes.

Les chiffres clés
  • Le Groupe Jolimont

 4 hôpitaux, 10 polycliniques, 6 maisons de repos et de soins, 1centre de santé mentale, des crèches et garderies.

  • Les 3 nouveaux sites

Les 3 nouveaux hôpitaux de proximité (au lieu de 5) seront conçus sur le même canevas et construits d’ici 2025 à La Louvière-Nord (57.000 m², 589 lits/places), Mons-Ouest(44.000 m², 465 lits/places) et Nivelles-Nord (35.000 m², 340 lits/places). Un pôle médico-logistique (12.000 m²) réunissant des services techniques communs sera également programmé, soit pour les hôpitaux du groupe, soit tout le Hainaut.

  • Le nouveau projet

- Superficie totale (3 implantations): 172.000 m²

- Nombre de lits et places: 1.625 (106 m²/lits et places)

- Parkings: 102.000 m² pour 3.400 places

- Budget total TVA comprise: 504 millions d’euros

- Prix TTC par m²: 2.930 euros

- Date limite de remise du dossier: 25 mai 2017

  • Les quatre partenaires

- Le bureau d’architecture Assar a élaboré les premières esquisses.

- Le bureau Skope et Deloitte ont réalisé l’expertise immobilière quantitative et qualitative des sites existants, les études et projections comparatives.

- Le bureau d’urbanistes XMU (Wépion).

"Toutes les instances du groupe ont approuvé le scénario que nous défendons. Maintenant, il faut aller le défendre auprès de la ministre de tutelle, Alda Greoli, et espérer que nous pourrons entrer en ligne de compte pour l’octroi des premières enveloppes annuelles qui soutiendront les projets retenus via un plan quinquennal budgété par le gouvernement wallon. L’appel à candidatures a d’ailleurs été publié au Moniteur belge cette semaine. Quand notre candidature sera retenue, nous introduirons nos demandes de permis", ajoute le Docteur Lequenne, qui rappelle qu’il faut dorénavant penser juste et efficace puisque la subsidiation des hôpitaux ne se fera plus sur la base de lits disponibles mais de lits réellement occupés.

Celui-ci fourbit également un argument de taille: oui, le budget global de plus de 500 millions d’euros est énorme, mais une rénovation des infrastructures existantes, souvent obsolètes, coûterait plus cher encore et serait moins durable. L’étude détaillée menée par Deloitte et Skope, dont il nous livre les grandes lignes présentées ce vendredi au ministre-président, le prouve noir sur blanc. "Les premières esquisses conçues avec les architectes d’Assar anticipent également de possibles extensions des infrastructures dans le temps: la modularité, la flexibilité des bâtiments et leur implantation future le permettent. Rien n’est figé: on peut, si besoin, reconvertir certains étages en maisons de repos ou leur donner une autre affectation si on devait réduire le nombre de lits subsidiés. Les bâtiments actuels ne le permettraient pas. En outre, si on optait pour une rénovation lourde, on ne pourrait pas compenser quelque peu la facture globale par la mise en vente des infrastructures existantes qui, une fois rasées, offrent à des candidats à l’achat des fonciers idéalement situés pour y redessiner des quartiers de ville à haute densité", ajoute Olivier Lequenne.

À titre d’exemple, rien que le site actuel de Nivelles-Sud affiche un potentiel de 5 hectares idéalement situés pour remailler le quartier et le rendre aux habitants. On n’en est bien sûr pas là aujourd’hui, mais il y a déjà urgence: pour le 25 mai prochain, il faut pouvoir rentrer le dossier finalisé à l’administration wallonne concernée.

L’objectif visé, qui n’est pas le plus optimiste, est de pouvoir déménager vers les nouvelles implantations en 2026: un délai passablement réaliste quand on examine la maturité du dossier fourbi. Restent les impondérables administratifs et les échéances électorales, qui pourraient venir ralentir l’élan actuel.

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