Le premier immeuble imprimé en 3D est chinois

Un immeuble de cinq étages a été construit à l’aide de l’impression en 3D. Une prouesse technique. ©WinSun

Le Chinois WinSun a construit le premier immeuble imprimé en 3D. Cette technologie diminue les coûts de production et présente des avantages environnementaux.

Si vous pensez qu’imprimer un immeuble en 3D est un rêve lointain, il est temps de vous réveiller car à l’autre bout du monde, en Chine, c’est chose faite. WinSun, une entreprise de Shanghai spécialisée dans la construction high-tech, vient de construire un bâtiment de cinq étages en se servant d’une imprimante 3D.

L’idée n’est pas neuve, plusieurs firmes de construction cherchaient à la concrétiser depuis un certain temps. WinSun, ou Yingchuang en mandarin, a remporté la course.

L’imprimante 3D mesure 40 mètres de long sur 10 mètres de large et 6,6 mètres de haut. Ce bijou de technologie a été conçu par le CEO de la société, Ma Yihe.

Diminution des coûts et impact écologique

Pour imprimer, WinSun utilise un matériau conçu à partir d’un mélange de ciment et de déchets de construction comme du sable, de la brique, du verre ou du béton. L’immeuble a d’abord été imprimé en pièces détachées avant d’être assemblées.

"Chaque pièce est fabriquée par l’imprimante comme un gâteau", explique WinSun, "couche après couche". En même temps, des barres d’acier sont ajoutées afin de renforcer la structure, ainsi que les portes, les fenêtres, les canalisations et l’isolation.

Le premier immeuble imprimé en 3D est chinois

Ce processus génère d’importantes économies, tout en présentant des avantages environnementaux. Selon WinSun, l’imprimante 3D permet de recycler entre 30 et 60% des déchets de construction, de réduire le temps de production entre 50 et 70% et le coût de la main-d’œuvre de 50 à 80%.

L’utilisation de déchets permet aussi d’éviter les transports polluants à partir des carrières. Un argument écologique supplémentaire que WinSun n’hésite pas à mettre en avant dans un pays rongé par la pollution et où les déchets de démolition ont tendance à s’amonceler.

Pour alimenter son imprimante, la société veut se doter de sites de recyclage de déchets.

L’imprimante est logée dans une usine de WinSun basée dans le parc industriel de Suzhou à Singapour. C’est là que sont produites les pièces détachées. La société est avare de détails techniques. Et se procurer une photographie de l’imprimante relève de l’exploit.

Dix maisons par jour

WinSun n’en est pas à son coup d’essai. La société a déjà remporté la course de l’habitation individuelle construite en 3D en mars 2014. Il s’agit d’une petite maison constituée d’une pièce de 60 m2. Elle présente le double avantage d’être produite en un jour et de coûter… 5.000 dollars. WinSun est en mesure d’en construire dix par jour.

Video: Giant Chinese 3D printer builds 10 houses in just 1 day

Cette technologie n’est pas exempte d’inconvénients. Les murs sont fabriqués en usine, vu la taille de l’imprimante. Il se pose inévitablement un problème de transport. Par ailleurs, la taille des pièces est limitée par celle de l’imprimante. Un vrai casse-tête.

Pour pallier à ce problème, la firme prévoit d’utiliser sur ses chantiers des imprimantes 3D portables.

12 ans de R&D

Pour développer cette imprimante, WinSun a investi 20 millions de yuan (2,7 millions d’euros) sur une période de 12 ans. Elle a imprimé son premier mur en 2008, tandis que la touche finale fut apportée au système en 2012. Sa priorité fut de développer une méthode performante pour alimenter les têtes d’imprimantes avec des déchets de construction. Le procédé final permet de multiplier par dix l’efficacité de la production du matériau.

La société compte aujourd’hui plus de deux cents employés et détient 77 brevets nationaux. Le prochain objectif du groupe chinois? Construire des ponts et des gratte-ciels.

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