Le secteur immobilier veut peser sur le futur gouvernement

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Insécurité juridique, manque de transparence et de cohérence dans les décisions, lenteurs administratives, recours abusifs et vexatoires contre les permis délivrés… L’Union professionnelle du secteur immobilier en appelle au futur gouvernement bruxellois pour changer la donne.

"Si les ténors politiques du futur gouvernement oublient que Bruxelles doit d’urgence se repeupler et se densifier pour garder son rang dans le concert international, si certains décideurs rêvent d’en faire un village, on finira comme à La Hulpe, où la moyenne d’âge augmente, où la population décroît inexorablement et les finances communales aussi. En un mot comme en cent, si on continue comme ça, tout le monde va dans le mur: habitants, responsables publics et acteurs privés en sortiront perdants!" Le message martelé par Stéphan Sonneville est sans équivoque.

Cette fois, ce n’est pas comme patron de la société de promotion immobilière Atenor qu’il s’exprime, mais en tant que président de l’UPSI (Union professionnelle du secteur immobilier) pour la Région bruxelloise. Et il s’adresse à tous les partis qui composeront le futur gouvernement régional.

Dialoguer pour mieux se servir du levier privé

En vrac, celui-ci aligne les failles qui minent selon lui l’activité du secteur: l’insécurité juridique et les contradictions entre les réglementations successives, la lenteur et la non-transparence des procédures d’octroi des permis, le manque de vision à long terme des décideurs, sans cohérence entre les échelons fédéral, régional et communal.

"Les responsables publics ne pourront seuls remplir leurs missions prioritaires pour développer harmonieusement la capitale de l’Europe. Et de notre côté, nous voulons jouer pleinement notre rôle, en parfaite transparence. Il est donc urgent de se parler pour construire. Tout le monde en sortira gagnant, à commencer par l’utilisateur final des murs et de l’espace urbain", prévient le CEO d’Atenor.

"Si on veut construire des logements neufs accessibles à tous, il faut oser lutter ensemble contre la spéculation foncière qui grève le prix du logement."
Stéphan Sonneville
Président de l’UPSI pour la Région bruxelloise

Stephan Sonneville en appelle à une task force permanente entre acteurs publics et privés qui puisse garantir un suivi porteur de décisions communes.

Pour dépasser les slogans et les vœux pieux, celui-ci met le doigt sur des solutions concrètes à mettre en œuvre au sein du nouveau think tank public-privé permanent que l’UPSI demande de mettre en place rapidement au lendemain des élections du 26 mai prochain.

Si, par exemple, on veut construire des logements neufs accessibles à tous, il faut oser lutter ensemble contre la spéculation foncière qui grève le prix du logement et se nourrit de la lenteur et du flou juridique trop souvent de mise dans l’octroi des permis. Il faut instaurer une norme ISO 9001 dans les administrations régionales et communales", suggère-t-il.

Et quand on lui dit que les revendications qu’il porte sont à sens unique, il s’insurge. "Une décision politique courageuse – et contraignante pour les promoteurs – posée par le gouvernement régional précédent a fait de Bruxelles, en une décennie, une des villes au monde où les immeubles de bureaux qui sortent de terre sont les plus respectueux de l’environnement. Le bureau passif est aujourd’hui une réalité de terrain qu’on vient voir de partout", souligne Stephan Sonneville.

Et d’ajouter: "Nous sommes prêts à consentir des charges d’urbanisme qui améliorent l’espace et le service publics pour autant qu’en contrepartie nous puissions travailler plus efficacement et plus rapidement, tout en respectant les procédures, bien sûr. Et nous suggérons d’ailleurs que soit davantage généralisée la mise à disposition à des AIS (agences immobilières sociales) d’une partie des logements neufs développés dans nos projets neufs en contrepartie d’un taux de TVA réduit."

Cinq priorités portées sur la table

Enfin, s’il ne devait rester que cinq priorités portées sur la table du futur gouvernement bruxellois, l’UPSI a fait ses choix. Elles porteraient sur un aménagement de la fiscalité immobilière pour inciter les Bruxellois à revenu moyen à rester dans la capitale, une concertation entre secteur public et privé pour développer un règlement régional d’urbanisme (RRU) "qui ait le bien commun en ligne de mire", le développement d’une politique de parking optimalisée, le gel temporaire du renforcement des normes énergétiques sur le logement neuf en ciblant d’abord celles sur le logement à rénover d’urgence, et enfin, l’aménagement de la gestion des recours contre les permis d’urbanisme, en protégeant l’intérêt général contre les procédures téméraires et vexatoires.

"Nous ne voulons en aucune manière remettre en cause le droit au recours. Mais trop souvent, ces recours se révèlent abusifs et bloquent, des années durant, des projets dont ont parfois cruellement besoin des quartiers ou la collectivité", conclut Stéphan Sonneville.

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