Les Belges de plus en plus actifs sur le marché des maisons de repos

Un des 24 actifs allemands estampillés "Healthcare" dans le portefeuille immobilier actuel de AG Real Estate, appelé à doubler dans les prochaines années.

Face aux institutions cotées en bourse et spécialisées dans le "senior housing", telles Aedifica, Cofinimmo ou Care Property Invest, AG Real Estate monte elle aussi en puissance sur ce marché de moins en moins de niche et couru par les Belges.

Un peu plus de 600 millions d’euros, essentiellement investis en Allemagne et en Belgique. Et majoritairement dans des maisons de repos (35) situées dans des pôles urbains provinciaux ou régionaux, "là où la population se concentre et permet de compter sur une valeur résiduelle importante de l’immobilier spécialisé". Voilà la fiche signalétique du portefeuille actuel de AG Real Estate (AGRE) dédié aux seniors. Répertoriée sous la rubrique "Healthcare", la part actuelle - appelée à doubler - est chiffrée à 5% du total du portfolio immobilier, valorisé à 6,5 milliards d’euros. 

Stratégie à long terme

"Notre métier n’est pas uniquement d’acheter des titres ou des cash-flows: on cible avant tout de l’immobilier de qualité, que l’on peut garder en portefeuille à long terme. Ce qui compte, c’est la qualité du contenant et la relation commerciale durable négociée avec l’exploitant des murs spécialisés: c’est la pierre angulaire pour garantir notre retour sur investissement pendant toute la durée du bail (droit commun ou emphytéose, NDLR)", précise Amand Benoît D’Hondt, à la tête du département Healthcare chez AGRE, qui ajoute ne pas avoir de budget prédéfini pour faire grossir le portfolio Healthcare.

Crise sanitaire révélatrice

"C’est la localisation qui déterminera nos choix d’acquisition. Ceux-ci cibleront tant les biens existants que des projets à développer."
Amand Benoît D'Hondt
AG Real Estate

Cette attention pour l’opérateur et prestataire de services s’est encore accrue suite à la pandémie actuelle, durant laquelle le maintien de bonnes relations entre propriétaire et locataire fut capital. "Nous avons heureusement eu un nombre limité de cas de contamination dans nos maisons - en Allemagne en particulier: le niveau de contamination et le taux de surmortalité dans nos maisons de repos ont été jusqu’à présent très faibles. Et il est évident qu’on le doit en grande partie au professionnalisme et à la capacité d’anticipation de nos opérateurs. Nous avons beaucoup apprécié la qualité de nos échanges et des informations depuis le début de la crise, en particulier avec des opérateurs comme Vulpia. Ca peut paraître pragmatique par les temps qui courent, mais même en cas de crise sanitaire, nous travaillons pour garantir aux bénéficiaires des pensions complémentaires (deuxième pilier) d’AG Insurance, des placements stables et résilients. C’est aussi l’essence de notre métier qu’il faut pouvoir exercer en bonne intelligence avec nos clients qui gèrent au quotidien les priorités sanitaires et les soins adaptés sur le terrain." 

Diversifier le risque

Outre la Belgique et l’Allemagne, Amand Benoît D’hondt confie lorgner des actifs situés en Espagne et aux Pays-Bas, deux marchés qui connaissent la même évolution démographique que le nôtre et que son département scrute depuis pas mal de temps déjà. Deux pays qui ont pourtant réagi de manière assez différente à la pandémie toujours en cours.

Si AG Real Estate a pour ambition de faire grossir la part de ses investissements concentrés sur les maisons de repos avec et sans soins pour atteindre - voire dépasser - la barre relative des 10% en portefeuille, c’est graduellement que se fera la progression, sans vraiment déshabiller Pierre pour habiller Paul. "Ce qui fait défaut, c’est l’offre de qualité sur un marché qui évolue lentement vu la demande croissante, avec le vieillissement de la population et la consolidation du secteur. Nous avons commencé à investir dans ce type d’actifs en 2012 et nous avons donné un premier coup d’accélérateur entre 2016 et 2018. L’Allemagne et la Belgique vont voir leur population de plus de 85 ans doubler d’ici 2050. Les besoins sont gigantesques. Si des institutionnels comme nous n’anticipent pas cette évolution dès aujourd’hui, qui pourra le faire?"

Et Amand Benoît D’hondt annonce la couleur: "C’est la localisation qui déterminera nos choix d’acquisition. Ceux-ci cibleront tant les biens existants que des projets à développer."

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés