Les Belges entassent les briques espagnoles

©© Zoonar/Aleksandrs Ti

Les acheteurs belges sont toujours plus nombreux à s’offrir une seconde résidence au soleil espagnol. Sur le segment du neuf, ils sont leaders du marché.

Après la crise financière, les prix des logements en Espagne ont continuellement baissé durant 7 ans de vaches maigres, jusqu’à à atteindre leur plus bas (-40%) en 2015, avec une activité en veilleuse et un prix moyen au m² tombé à 1.200 euros. Depuis 2015, les prix des logements en Espagne ont déjà regagné 7%. Ils diffèrent très fortement d’une région à l’autre, selon la demande étrangère à haut pouvoir d’achat.

Catherine et Eric, originaires de la région de Marche-en-Famenne, viennent tout juste de rentrer dans leur nouvelle villa sur les hauteurs de San Miguel de Salinas, entre Murcia et Torrevieja. "Mes parents ont déjà deux appartements dans des urbanisations non loin d’ici, à La Zenia (Orihuela) et à La Mata. Le premier, ils l’ont acheté en 2009, en pleine crise, après avoir revendu leur seconde résidence du côté de Béziers, quand François Hollande a menacé de surtaxer les étrangers. A l’époque, ici, il y avait plein de complexes abandonnés. Depuis, ils en ont acheté un second, plus spacieux et au rez-de-chaussée, et ils louent le premier à l’année", explique Eric, coutumier des vacances en famille dans le coin.

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Il poursuit: "Il se fait que mon ancien collègue chez Pearle Vision est d’abord devenu client chez Azull, puis vendeur au sein de cette société belge de courtage immobilier spécialisée sur la côte espagnole. Il a acheté ici tout près. Puis il m’a un jour proposé de visiter quelques biens neufs dans le coin. On s’est donné rendez-vous l’été dernier. Il avait gardé le meilleur pour la fin: une nouvelle urbanisation avec vue sur les salines où la maison-témoin était à vendre. On est à quinze minutes de la mer en passant par le golf de Las Colinas. Tout ce que je cherchais est réuni ici. Et on a opté pour cette maison deux chambres, deux salles de bain, avec un grand solarium sur le toit. Comme elle était déjà entièrement décorée et aménagée, on a réalisé une jolie économie…", détaille le nouveau propriétaire.

Chasseur pour les Belges

Le prix négocié par Azull avec le promoteur local, Amay: 349.000 euros hors TVA (10%) pour moins de 100 m² habitables mais judicieusement répartis, avec une petite piscine en façade. Eric et son épouse comptent louer le bien quand ils ne l’occupent pas via une société de gestion locale (Sunset in Spain) recommandée par d’autres Belges. Celle-ci leur a fourni les coordonnées d’un concierge néerlandais qui viendra faire l’état des lieux avec les locataires. Qui s’inscrivent déjà: comptez entre 70 et 110 euros par jour. "J’ai aussi la chance d’avoir mes parents dans le coin; et mon fils est en ménage pas loin d’ici. Donc, la maison ne sera pas seule même si on ne vient que quelques fois par an. Le gros avantage, c’est que de Marche-en-Famenne, on part à 14h et on est ici, devant la porte, pour 20h au plus tard via les aéroports de Murcia ou d’Alicante. Même pour trois jours, ça vaut la peine! Et pour les amateurs, il y a trois golfs dans un rayon de quelques kilomètres et la vie est nettement moins chère", dit-il.

Azull, qui a installé ses bureaux espagnols au cœur du domaine résidentiel de La Manga Resort (Cartagena), rayonne depuis cet endroit stratégique sur tout le sud de l’Espagne et jusqu’à Ténérife. La société belge, aujourd’hui leader local incontesté du marché de la seconde résidence (vente et location), est plutôt un chasseur de biens qu’un courtier classique. Ses employés négocient avec des centaines de promoteurs et propriétaires vendeurs pour compte d’acquéreurs belges voire étrangers. "Sur le segment du neuf, on affiche les mêmes prix de vente que ceux pratiqués par les promoteurs avec lesquels nous travaillons. Et vu les volumes de vente que nous réalisons aujourd’hui sur les quelque 600 projets neufs répertoriés, nous avons de quoi négocier avec les porteurs de projets", assure Johan Conix, le patron d’Azull pour l’Espagne.

Fort de ses résultats croissants, Azull affiche à lui seul 14% des parts de marché sur les zones côtières où il travaille. "Sur certains lotissements en bordure de golfs, comme celui de Las Colinas, nous réalisons quasi une vente sur deux. Alors, vous comprenez qu’on nous accueille avec le sourire…", ajoute-t-il. Sur place, on confirme: l’engouement des Belges y est impressionnant pour l’instant. Parmi les derniers venus, des acheteurs de Braine-l’Alleud, Waterloo, Namur, Anvers.

Cibler la Murcie

"Dans la région de Murcie, moins courue par les touristes, les prix n’atteignent pas la barre des 1.000 euros par au m² en moyenne (arrière-pays compris): bonne raison pour y faire son marché pour l’instant, car l’ensoleillement y est même supérieur à la Costa Blanca voisine", motive le patron.

3.914 achats en un an

Pour l’année 2017, le Cadastre espagnol a répertorié 464.223 ventes d’habitation sur tout le territoire national (îles comprises), soit une hausse de 15% sur un an. Le marché immobilier poursuit donc son redressement, tant en volume d’activité qu’en prix, soutenu par la croissance économique de retour.

Dans le graphique ci-contre, qui répertorie le nombre d’achats de résidences secondaires sur le marché espagnol par nationalité et sur base annuelle, on peut remarquer que la Belgique est désormais au 4e rang, derrière la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne. En chiffres absolus, car au prorata de la population nationale, l’acheteur belge est le plus représenté. La Belgique est d’ailleurs le seul pays alignant une croissance continue sur les dix dernières années.

En dix ans, le nombre de transactions réalisées par des Belges sur base annuelle est ainsi passé de 540 (au plus fort de la crise) à 3.914 l’an dernier (+ 625%). Comparativement à nos voisins néerlandais, cette croissance est impressionnante. En 2017, la hausse — sans atteindre les records de 2012 et 2013 — dépasse encore 20%.

Sur le segment de la construction neuve, les acquéreurs belges sont leaders absolus: avec 1.043 logements neufs achetés l’an dernier, ils réalisent à eux seuls 26,6% du total des ventes. Suivent dans l’ordre les Norvégiens, les Allemands, les Néerlandais et les Français.

Sur la Costa Blanca et à Ténérife, 41% du total des ventes ont été actées devant notaire avec des étrangers. C’est dans la région de Murcie que le taux d’acquéreurs étrangers est le moins élevé pour l’instant (20%).

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