Publicité
analyse

Les enseignes commerciales résistent à la crise sanitaire

Le nouveau centre de périphérie La Couvinoise, qui vient d'ouvrir ses portes à Couvin, offre le mix d'enseignes, l'espace et les loyers qui font le succès de ce genre de lieu commercial aujourd'hui. ©C&W

Le conseil en immobilier Cushman & Wakefield n’hésite pas à parler de "meilleur début d'année depuis 2016 pour le marché Retail". Surprenant alors que les magasins non essentiels rouvrent à peine leurs portes. Analyse.

Selon Cushman & Wakefield (C&W), spécialiste du segment commercial en Belgique, l'année 2021 a démarré en force. Pour appuyer cette annonce à contre-courant de l’ambiance qui plombe les vitrines depuis un an, il fourbit ses chiffres tout frais: 176 transactions enregistrées ces trois derniers mois et près de 100.000 m² de surfaces de vente prises en location, c'est tout bonnement, de mémoire de courtier spécialisé, le meilleur début d'année depuis 2016.

La périphérie a le vent en poupe

Sans surprise, après leur fermeture presque complète lors des deux confinements, les shopping centers et les rues commerçantes ont été les lieux commerciaux les plus durement touchés par des fermetures d’enseignes et des non-reconductions de baux. La reprise étant plus lente que prévu, les marques restent aussi plus prudentes pour se développer sur ces segments de marché pour le moment.

246
transactions
C'est le nombre de baux commerciaux signés en 2020 en dehors des centres urbains.

Les équipes de C&W ont enregistré ces trois derniers mois 12.000 m² de prises en location dans les vitrines des rues commerçantes et 20.000 m² dans les centres commerciaux; mais il s'agit là de "take up" brut, qui ne tient pas compte des fermetures.

C’est dans les parcs commerciaux de périphérie, aussi appelés Retail parks, qu’on a enregistré l’an dernier, en pleine pandémie, une activité record: le commerce hors des centres urbains y a littéralement explosé, avec 246 transactions recensées et un plafond global de prises en location atteignant 245.000 m². À Couvin, le nouveau parc La Couvinoise, qui vient d'ouvrir ses portes, s'est rempli sans soucis.

Selon Jean Baheux, à la tête du département Retail chez C&W, ces chiffres, pour le moins inattendus, s’expliquent par la présence de commerces incontournables - supermarchés, épiceries, mais aussi bricolage et jardineries - particulièrement présents dans ces centres commerciaux de périphérie.

"La présence de commerces incontournables et 'Covid proof' - supermarchés, épiceries, bricolage et jardineries - explique en partie le succès actuel des centres de périphérie."
Jean Baheux
Département Retail C&W

"Au-delà, c'est le format qui séduit les consommateurs et les détaillants. L’accessibilité, les loyers relativement bas, la possibilité de reconversion du site et, dans le contexte actuel, la facilité de respecter la distanciation sociale entre clients sont des atouts qui expliquent la bonne santé relative de ce type d’offre commerciale", explique-t-il.

Décoration, ameublement... et horeca

Suivant la tendance observée l'an dernier, les enseignes actives dans la décoration, les loisirs et le mobilier de maison (Maisons du Monde, JYSK, 4 Murs, Sleepworld, etc.) restent les plus actives au premier trimestre 2021, avec plus de 15 transactions bouclées dans le pays ces derniers mois.

Autre surprise: malgré les conditions drastiques imposées durant le confinement, le secteur horeca est parmi les plus actifs. Les opérateurs Food & Beverage (F&B) continuent à se développer ou à développer de nouveaux concepts et à proposer, pour les promouvoir, des solutions innovantes à emporter.

Baisse des loyers

Pour le segment des rues commerçantes les plus fréquentées – à commencer par la rue Neuve et le Meir –, la baisse des loyers 'prime' avait déjà commencé avant le confinement. Alors qu’ils culminaient encore autour de 2.000 euros/m²/an il y a 2 ans, la décote actuelle tend vers 1.500 euros/m²/an, soit -25% de correction.

Dans le segment des centres commerciaux, une première correction à la baisse, observée depuis mars 2020, s’est stabilisée autour de 1.150 euros/m²/an; mais une deuxième est attendue cette année encore. Par contre, le commerce de détail hors ville n'a vu ses prix de référence que très légèrement baisser, autour de 160 euros/m²/an, soit un loyer 10 fois moins élevé que dans les rues les plus chères du pays.  

Le résumé

  • Les commerces jugés "non essentiels" ont cruellement souffert l'an dernier.
  • Pourtant, les premiers chiffres 2021 montrent que les enseignes persistent à louer des vitrines.
  • Le commerce de périphérie bat même des records pour l'instant.
  • Dans les shopping centers et les artères commerçantes, les loyers piquent du nez.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés