Les fonds privés ciblent le logement mis en location

La Chemiserie, à Molenbeek-Saint-Jean. Le site, reconverti en complexe résidentiel par Urbani selon les plans d'A2RC, est un des premiers actifs logés dans le fonds Vicinity. ©A2RC Architects / Urbani

Après Inclusio, un nouveau venu fait aujourd'hui ses premiers pas sur le marché de l'immobilier résidentiel ciblant la location. Le fonds Vicinity Affordable Housing vient de clôturer une levée de fonds de 45 millions d'euros. Et prépare déjà la suivante.

Au rang des investisseurs qui ont bouclé, le 28 décembre dernier, le premier tour de table du nouveau véhicule immobilier structuré sous forme de FIIS (Fonds d’investissement immobilier spécialisé) aujourd’hui dévoilé, on trouve des institutionnels, du public… et des familles entrepreneuriales belges. Plus précisément, font partie du onze de base dont les noms ont filtré: Belfius Insurance, le bras financier de l'Etat (SFPI), l'invest régional finance&invest.brussels ainsi que les familles Colruyt et Hupin (Färm).

L'objectif qui les réunit sur papier: "Offrir aux classes moyennes sur le marché locatif belge des logements de qualité, abordables et durables". Un slogan très proche de celui d’Inclusio, un autre acteur présent sur ce même segment privé de niche, récemment monté en bourse.

Une première acquisition a déjà été bouclée avec le rachat, fin 2020, de la totalité des actions de la société immobilière Urbani, active à Bruxelles et en périphérie. Quelque 300 appartements passifs répartis sur 11 immeubles déjà loués et 3 à construire sont ainsi passés dans le giron du fonds né à l’origine de l'association entre l'ex-"Monsieur immo" de Degroof-Petercam, Jean-Baptiste Van Ex, et la société de promotion gantoise Revive, cofondée par Piet Colruyt et Nicolas Bearelle.

Réaffectation d'un complexe de bureaux situé rue Jules Delhaize et Chaussée de Gand en 66 logements. ©A2RC Architects / Urbani

La valeur totale de cette première acquisition est estimée à 100 millions d'euros. De quoi amorcer la pompe pour Vicinity et viser d’ici 10 ans une valeur en portefeuille d'un demi-milliard d'euros. Il nous revient d’ailleurs qu’une deuxième levée de fonds est déjà prévue avant l'été pour élargir le portefeuille. Plusieurs marques d'intérêt auraient été reçues de la part des acteurs liés au premier tour de table, entend-on. 

"L'heure est au locatif"

Le projet porté par Vicinity s'appuie sur le constat que le marché résidentiel belge est en train de basculer de l’acquisitif vers le locatif. "On n'y est pas encore", tempère Jean-Baptiste Van Ex, "mais cela va arriver – sur le modèle allemand ou néerlandais. L’accès à la propriété de la classe moyenne se réduit progressivement. Et les modes de vie – privés et professionnels – exigeant davantage de flexibilité se multiplient parallèlement".

"L’accès à la propriété de la classe moyenne se réduit progressivement. Et les modes de vie – privés et professionnels – exigeant davantage de flexibilité se multiplient parallèlement."
Jean-Baptiste Van Ex
CEO Vicinity

Avec son nouveau fonds, l'homme qui avait déjà participé à la création de la fraîchement cotée société immobilière à vocation sociale Inclusio entend développer un modèle intégré, doublement profitable: Vicinity s'occupera du développement et de la gestion de ses biens. Avec une particularité qui fait florès ailleurs: un loyer "all-in" sera offert aux locataires, comprenant l'accès au bien, les énergies, une connexion à internet, des espaces communs (buanderie, jardin, coworking) et même des services en matière de mobilité via partenaires externes. 

"Garder du sens"

Du côté d'Urbani, une page de 35 ans d'histoire se tourne. Et un nouveau chapitre s'ouvre puisque son fondateur, Emmanuel Hupin, réinjecte du cash dans le fonds Vicinity, son fils Antoine en prenant les rênes opérationnelles.

La société immobilière familiale anonyme était née en 1985. Elle a suivi son cours tranquille jusqu'au tournant de l'an 2000. Puis, c'est la révélation: "Avec mon associé et mon fils, on s'est rendu compte que jouer au monopoly rapportait, mais n'avait que peu de sens social", évoque le cofondateur de la chaîne de magasins bio Färm et du cabinet Cairn Legal. Décision est alors prise de miser sur le durable et le passif à une époque où ce choix pouvait encore être qualifié d'avant-gardiste du côté des investisseurs.

En 2007, la famille sera rejointe au capital par Lionel Wauters (famille Moorkens), puis, en 2011, par la famille Borremans (Viangros) – dont Emmanuel Hupin a été le conseil. Ces deux parties ont fait le choix de quitter le nouveau navire aujourd’hui mis à l’eau.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés