Les loyers commerciaux piquent du nez dans les rues et les shoppings

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Certains emplacements sont bradés 15 à 30% sous le prix précédemment pratiqué.

Comme un couperet. La "Retail Apocalypse" poursuit ses ravages et cela ne fait, selon certains observateurs, que commencer tant la mutation de fond entamée laissera des victimes sur le trottoir. "Parmi les grandes faillites du 1er semestre 2018, la majeure partie concerne le retail, qui est le secteur le plus lourdement touché dans le monde", titrait mardi le spécialiste belge des enseignes, RetailDetail, qui renvoie à l’étude récente de l’assureur-crédit Euler Hermes.

Celui-ci recense 28 ténors du secteur de la distribution sur les quelque 169 grandes entreprises (chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros) ayant déposé le bilan en 2018.

"Les propriétaires sont forcés de faire des concessions pour garder ou trouver un locataire solvable."
Boris Van Haare
Cushman & Wakefield

En Belgique également, l’onde de choc commence à se faire sentir jusqu’au cœur des rues commerçantes. Selon le conseil en immobilier international Cushman & Wakefield (C&W), qui vient de publier un rapport sur le marché retail national dont nous avons pu prendre connaissance, les loyers actuellement (re)négociés sont bradés, parfois jusqu’à 30% sous les montants au mètre carré précédemment pratiqués. Pour les propriétaires, c’est ça… ou être prêts à laisser le volet baissé pour longtemps.

La cause la plus tangible de cette grande braderie d’été selon C&W: la montée en force de l’e-commerce, qui ne cesse de raboter les marges des magasins physiques. Quand un de ces derniers est remis sur le marché, il y a de moins en moins de candidats pour reprendre les clés et peu d’enseignes étendent pour l’instant leur offre sur le marché belge.

Zones piétonnes en déshérence, chantiers interminables et manque de parkings de proximité ont plombé l’ambiance dans nombre d’artères commerçantes. "À cause de la combinaison de plusieurs facteurs négatifs, les propriétaires de magasins urbains sont forcés de faire des concessions pour garder ou trouver un locataire solvable", pose Boris van Haare, retail partner chez C&W.

De plus en plus d’enseignes, comme H&M par exemple, refusent d’ailleurs de prolonger des contrats locatifs indexés et exigent que les loyers soient liés au chiffre d’affaires réalisé.

Il ne fait dès lors aucun doute que remplir les vitrines récemment délaissées de la chaussée d’Ixelles, à l’état de champ de mines durant un an, ne sera pas chose aisée pour les courtiers mandatés.

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