Les sites brainois de Carimat sont déjà cédés à des tiers

©BELGA

Avant même le prononcé de la faillite, plusieurs sites du parc industriel de Wauthier-Braine avaient été cédés. Seule la centrale à béton, louée à Inter- Beton, resterait sous curatelle.

Mise en service en 2016, Carimat-Beton, la nouvelle centrale à béton de Carimat, équipée de deux malaxeurs pour une capacité de production de 150 mètres cubes à l’heure, était appelée à devenir un des moteurs de croissance du groupe spécialisé depuis près de 40 ans dans la fourniture de matériaux de construction ou de rénovation. Ce co-investissement, partagé avec Inter-Beton (Heidelberg Cement) et budgété pas moins de 5 millions d’euros, devait "satisfaire une demande croissante en Région bruxelloise ainsi que dans le Brabant wallon", selon les dires de Jacques Stichelbout, le patron de Carimat, qui affirmait alors vouloir encore faire grandir son entreprise, forte d’un chiffre d’affaires consolidé de plus 55 millions d’euros.

15 millions €
C’est au bas mot la valorisation dans les bilans 2017 (Carimat Group et Immo) des actifs immobiliers de la société faillie.

Son objectif à court terme: disposer dès 2017 de quelque 8 hectares de terrains quasi d’un seul tenant sur sa plateforme logistique du parc industriel de Braine-le-Château, avec un effectif fixé à 170 personnes occupées, pour une petite dizaine de sociétés. On connaît aujourd’hui le triste destin de ce vaste programme d’investissement, alors soutenu par la SRIW et Nivelinvest (chacun à hauteur de 2,5 millions) mais aussi par une levée de fonds record lancée auprès des particuliers par Look&Fin. À cette époque, la plateforme de prêt participatif s’était vantée d’avoir levé 1,5 million d’euros auprès de 483 souscripteurs particuliers… contrits depuis.

Actifs immobiliers

Début août 2019, alors que plusieurs sociétés du groupe – Carimat Matériaux, Carimat Préfab, la société-soeur UTMS, puis Carimat Shop S.A. – déposaient le bilan en cascade, la société faîtière Carimat Group, elle, échappait encore au couperet. Or, c’est dans cette dernière, finalement déclarée en faillite le 14 octobre dernier, qu’était logé le gros du parc immobilier du groupe, divisé en une petite dizaine d’actifs et valorisé, dans les bilans 2017, à peu ou prou 9 millions d’euros (terrains et constructions) pour un actif total avoisinant alors 31 millions d’euros et un bénéfice reporté toujours supérieur à 5 millions. À côté de cette holding familiale figure également une discrète société anonyme baptisée Carimat Immo. Pilotée par Jacques Stichelbout en personne, elle ne compte qu’un employé sur le pay-roll pour plus de 6 millions d’euros de terrains et constructions répertoriés dans les actifs fin 2017.

Rapidement après la mise sous curatelle des premières sociétés du groupe – voire même avant –, ces actifs immobiliers ont été cédés. Ne resterait plus aujourd’hui, dans les cartons de la curatelle, que la centrale à béton flambant neuve, amputée de son principal client mais louée à long terme (20 ans) par Inter-Beton.

Cédés à qui?

Mais à qui ont été si rapidement cédés ces actifs? Selon nos informations, six sites au moins étaient alors répertoriés au sein du parc industriel de la Vallée du Hain. Un premier, exploité sous emphytéose arrivant à terme bientôt, devrait logiquement retourner aux mains de son emphytéote, Auriol, même si la procédure ne serait pas encore aboutie aux dernières nouvelles.

Trois autres sites auraient été repris par Amacro Bouwmaterialen , un plus petit concurrent flamand implanté à Huizingen et détenu par Johan et Michel Cromphout. Mais des sources proches du dossier indiquent que la revente serait scrutée de près par la curatelle.

Enfin, un dernier site, propriété historique de Yamaha (D’Ieteren SA) revendue à Carimat en 2015, est passé aux mains de Claretail avant la mise en faillite. Cette société de la famille Salik remettra en location "ce magnifique complexe qui offre 5.000 m² d’entrepôts et 1.500 m² de bureaux sur environ un hectare de terrain aménagé au n°37 du parc industriel", précise notre source, qui souhaite rester anonyme.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect