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Nouvelle déconvenue pour Ghelamco à Bruxelles

La future Silver Tower de Ghelamco qui devait accueillir l'administration bruxelloise à partir de 2020. ©Ghelamco/AG Real Estate/Jaspers-Eyers

Zéro pointé pour la Région bruxelloise dans le dossier de déménagement de son personnel administratif. Le Conseil d’Etat suspend la signature du bail locatif avec Ghelamco.

La société immobilière réglementée Befimmo avait demandé en extrême urgence au Conseil d’Etat de suspendre l’exécution de la décision prise par la Région de Bruxelles-Capitale, le 6 septembre dernier, de conclure avec la société Ghelamco un contrat de bail. Celui-ci portait sur l’immeuble Silver Tower (à construire) et visait à y loger fin 2020 quelque 2.000 agents de l’administration régionale.

L’arrêt rendu ce 23 octobre par le Conseil d’Etat suit l’avis de l’auditeur et confirme la suspension de l’exécution de la décision attaquée. Pour motiver cet arrêt, la juge estime que l’opération litigieuse devait, contrairement à ce que soutenait la Région de Bruxelles-Capitale, être considérée comme un marché public de travaux et non un simple avis de prospection immobilière (API).

"Dans ce dossier précis, je suis satisfait que mon autorité de tutelle ait perdu."
Kristiaan Borret
Bouwmeester bruxellois

Le plaignant a également été suivi dans son reproche fait à la Région "de n’avoir pas respecté les principes d’égalité et de non-discrimination ainsi que de transparence". La Région ayant reconnu n’être en mesure de produire ni les invitations à participer aux réunions de négociations (lancées par appels téléphoniques) ni les procès-verbaux de ces réunions, le Conseil d’Etat a déclaré sérieux ce reproche.

Un arrêt qui fera école

Il est encore trop tôt pour juger des effets en cascade de cet arrêt cinglant. Mais dans les sérails immobilier et politique, ça grenouille ferme.

Du côté de Befimmo, on se borne à ce stade à dire que la transaction peut enfin repartir dans les clous. "Chacun ses responsabilités: nous voulions rectifier le tir au plus vite et faire en sorte que la procédure se déroule en toute transparence. On a perdu du temps, mais on peut enfin repartir du bon pied pour faire aboutir le marché le plus rapidement possible", commente-t-on à chaud.

Un avis partagé et prolongé par le bouwmeester bruxellois: "C’est paradoxal, mais je suis satisfait que mon autorité de tutelle ait perdu dans ce dossier précis. Cette décision est une opportunité pour repartir sur de bonnes bases. Non seulement, en matière de procédure mais aussi sur le fond du dossier. Avec ce bâtiment que nous allons occuper durant des décennies, nous devons donner un signal fort en termes de modernité, de mixité et de localisation. Se choisir un siège régional n’est pas une simple opération de courtage!" insiste Kristiaan Borret.

"Une autorité publique qui négocie un contrat de 150 millions d’euros par téléphone sans respecter la plupart des principes élémentaires de bonne gestion et de respect des parties en présence, c’est un gâchis et ça laissera des traces durables…", nuance un expert de ce genre de transactions.

Un autre ajoute que la récente vente du CCN (Centre de Communication Nord) – à Ghelamco également – pourrait elle aussi être remise en cause. "Tout est suspendu car cette transaction était couplée et conditionnée à la location de la Silver Tower dans les temps impartis. Dans ce dossier pendant non plus, il n’y a eu aucune transparence dans les négociations menées."

À suivre donc.

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