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Nouvelle surchauffe annoncée sur les prix de l’immobilier neuf

Les retards sur les chantiers de construction se paient parfois cash dans le chef des entreprises concernées, qui se disent de plus en plus victimes des pénuries généralisées sur les marchés internationaux. ©BELGA

97% des entreprises de construction souffrent de problèmes d'approvisionnement. Un tiers d’entre elles font face à des hausses de prix des matériaux de l’ordre de 15%.

Ce que vit le secteur de la construction depuis l’automne dernier au moins n’augure rien de bon pour le marché immobilier neuf dans son ensemble. Selon une toute récente enquête de la Confédération Construction menée auprès d’un échantillon significatif de 200 de ses membres, de toutes tailles et de toutes régions, il ressort que presque toutes les entreprises interrogées doivent faire face à des livraisons tardives et à des problèmes d'approvisionnement.

37%
des entreprises
Plus d'un tiers des entreprises se plaignent d’augmentations de prix des matériaux de l’ordre de 15%.

De plus, ces ruptures de stocks font flamber les prix: 37% des entreprises consultées se plaignent d’augmentations de l’ordre de 15%, notamment pour les matériaux de base comme le bois, l'acier, les métaux non ferreux, le ciment, le plastique, les matériaux d'isolation et les produits dérivés de l'argile.

Hausses de prix, encore

Des hausses qui ont d’ailleurs fait réagir Robert de Mûelenaere, l’administrateur délégué de la Confédération Construction. Celui-ci dit encourager les entrepreneurs du secteur "à travailler avec un prix courant ou une clause de révision des prix pour les nouveaux contrats" passés avec la clientèle.

"22% des clients ne sont pas d'accord de reporter la livraison des travaux; 8% annulent tout simplement les commandes ou contrats en cours."
Robert de Mûelenaere
Confédération Construction

Ce conseil corporatiste, pour compréhensible qu’il soit, n'augure rien de bon pour les clients finaux: la situation actuelle, si elle perdure ou se renforce, va indéniablement faire monter la facture, sans pour autant augmenter les marges des entreprises au pied du mur. La grande majorité d’entre elles (87%) admettent - pour l’instant – assumer ces hausses de prix qui réduisent leurs marges. Mais une sur quatre indique déjà répercuter sur la facture du client une partie des surcoûts, tandis que 13% les font intégralement payer quand cette surfacturation est autorisée par contrat.

Autre problème pointé par le secteur de la construction: à cause des retards de livraison, les délais d'exécution prévus sont mis en péril. Et même si six entreprises sur dix affirment pouvoir encore travailler – notamment grâce à leur stock-tampon - en respectant les délais prévus, le problème logistique de gestion des chantiers et des délais de réception se précise. "Ces livraisons tardives risquent surtout de causer des problèmes à long terme. Certains clients tirent déjà la sonnette d’alarme: 22% d'entre eux ne sont pas d'accord de reporter la livraison des travaux; 8% annulent tout simplement les commandes ou contrats en cours", précise Robert de Mûelenaere.

Circonstances exceptionnelles

Celui-ci précise avoir alerté les responsables politiques de la situation: "Même si nous nous retrouvons face à un problème mondial et si notre pays n'est qu'un pion sur l'échiquier, nous pouvons jouer notre rôle. L'une des mesures proposées par notre organisation au ministre fédéral de l'Économie Pierre-Yves Dermagne consiste à faire qualifier d’exceptionnelles les circonstances actuelles. Cela signifierait que les risques ne doivent pas être supportés entièrement par l'entrepreneur, car il s'agit d'augmentations anormales de prix."

Pas plus tard que le week-end dernier, Willy Borsus, le ministre wallon de l’Économie, manifestait déjà la préoccupation du gouvernement face à cette situation de fait et la nécessité d’accélérer les filières de recyclage des matériaux.

Cartels?

La Confédération Construction dit également avoir alerté, en collaboration avec ses partenaires des autres pays, l'autorité de la concurrence de la Commission européenne pour vérifier s'il n'existe pas d'accords ou d'ententes (cartels) entre les principaux acteurs qui influencent les prix à la source, tant au niveau européen qu'au niveau mondial.

Le résumé

  • Le secteur de la construction fait face à des pénuries de matériaux essentiels, qui font monter les prix sur les marchés.
  • Cette pénurie engendre des retards dans la réception des travaux, voire des annulations de contrats.
  • La Confédération Construction appelle le gouvernement à invoquer des circonstances exceptionnelles.
  • Elle demande à la Commission européenne de vérifier s'il n'y a pas entente entre fournisseurs.

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