Plus de bulle en vue sur le marché résidentiel

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Standard & Poors craignait depuis longtemps une bulle spéculative sur le marché des résidences belges. Aujourd'hui, le calme semble revenir à l'horizon.

Le spécialiste US des marchés Standard & Poor’s (S&P) vient de publier sa dernière analyse concernant le marché européen résidentiel. Après avoir brandi à plusieurs reprises le risque d’une bulle spéculative sur le marché belge, la société internationale de notation financière prévoit un retour au calme généralisé dans tous les pays pour lesquels elle fournit des chiffres sur cinq ans, avec l’horizon 2021 en ligne de mire.

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En Belgique, Standard & Poors prévoit une hausse des prix de l’immobilier de l’ordre de 3,4% pour cette année, puis un tassement progressif pour atteindre le seuil de 2,0% à l’horizon 2021.

En ce qui concerne plus particulièrement notre marché national, S&P prévoit une hausse des prix de l’immobilier de l’ordre de 3,4% pour cette année, puis un tassement progressif pour atteindre le seuil de 2,0% à l’horizon 2021. Pour justifier ce tassement, l’analyste évoque une offre en baisse et une possible (légère) augmentation des taux d’intérêt. Une analyse un peu courte que nuance et détaille pour L’Echo l’économiste Roland Gillet.

"D’une manière générale, vu les bas taux d’intérêt actuels, les prix ne corrigent pas beaucoup. D’ailleurs, on voit bien que cette tendance est commune à tous les marchés européens: les hausses de prix enregistrées compensent à peine l’inflation actuelle. Et on peut prédire, pour autant que les conditions de marché restent plus ou moins identiques, qu’il n’y a pas de raison que cela change. Du moins pour un bien résidentiel acheté pour son propre compte", commente Roland Gillet, professeur à la Sorbonne et à l’ULB (Solvay).

L’économiste wallon, qui a récemment intégré la cellule stratégique du Premier, reste néanmoins prudent, comme à son habitude, sur le volet de l’investissement immobilier. "Sur ce segment, il faut analyser au cas par cas. Si on tient compte en effet des importants frais de mutation pratiqués en Belgique (en matière de TVA ou d’enregistrement et de notaire), il est primordial de bien faire une évaluation nette à long terme de ce que coûte et peut rapporter un investissement immobilier", insiste-t-il, tout en rappelant que pour le moment, autorités politiques et organes de contrôle maîtrisent et corrigent les excès spéculatifs. "En cas de crise, les effets de levier pénalisent toujours les plus fragiles avant les autres", prévient-il.

C’est d’autant plus vrai pour certains pays où les hausses de prix ont, ces dernières années, tancé voire dépassé les 10% sur base annuelle, comme ce fut le cas au Portugal, en Irlande et aux Pays-Bas. Ceux qui auraient un peu vite surfé sur la vague au moment où les prix étaient au plus haut risquent de s’en mordre les doigts car, là également, S&P annonce une descente progressive des prix. Revendre son bien dans les années qui viennent en espérant une plus-value ne sera pas chose aisée.

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