Qui veut encore d'un appartement à Manhattan?

©Bloomberg

Les ventes d’appartements ont fortement baissé à Manhattan (New York) au premier trimestre. Un ralentissement provoqué par la nouvelle réforme fiscale signée par Donald Trump en décembre.

Les premiers effets de la réforme fiscale de Donald Trump se font déjà sentir. Les ventes immobilières à Manhattan ont chuté de 25% au premier trimestre par rapport à la même période l’année dernière. En cause? Les nouvelles réglementations concernant la défiscalisation des taxes immobilières.

Les potentiels acheteurs sont désormais frileux, ce qui entraîne inévitablement une forte baisse des ventes d’appartements à Manhattan, l’un des quartiers les plus chers des Etats-Unis. Cette chute astronomique — la plus importante depuis près de 10 ans et la crise financière de 2009 — est loin d’être passée inaperçue pour les agences immobilières. Dans leur dernier rapport, les agences Douglas Elliman et Miller Samuel indiquent que non seulement les ventes ont fortement diminué, mais que les prix ont également chuté. Le prix de vente moyen a diminué de 8% cette année par rapport au dernier trimestre 2017. "Le rythme du marché s’est sensiblement ralenti cet automne, alors que tout le monde attendait les nouvelles dispositions sur la fiscalité immobilière introduites par la réforme fiscale", fait remarquer le rapport. Car la loi complique l’accès à la propriété, et les acheteurs doivent désormais débourser plus d’argent en cas d’achat.

15%
L’immobilier de luxe à Manhattan a enregistré une baisse de prix de 15% sur un an au premier trimestre, et une chute de 24% des ventes.

• L'immo de luxe particulièrement touché

Dans le détail, les nouveaux acheteurs peuvent défiscaliser les intérêts de la première tranche de leur emprunt immobilier, limitée à 750.000 de dollars, contre un seuil de 1 million auparavant. Cette réglementation affecte particulièrement l’immobilier de luxe. D’après le rapport Douglas Elliman et Miller Samuel, l’immobilier de luxe a enregistré 15% de baisse de prix, et une chute de 24% des ventes, par rapport au premier trimestre 2017. À New York par exemple, 64% des prêts immobiliers concernant des maisons vendues en 2017 dépassaient les 750.000 dollars, selon ATTOM Data Solutions, une base de données sur l’immobilier.

Et les nouvelles réglementations pour le logement ne s’arrêtent pas là. Sous l’ancien régime fiscal, les taxes foncières, fédérales et locales, pouvaient être déduites des impôts. Aujourd’hui, la nouvelle réforme limite l’ensemble des déductions — y compris sur l’impôt sur le revenu — à 10.000 dollars par foyer (une personne célibataire ou un couple marié). Pour les propriétaires de biens situés dans les zones résidentielles fortement taxées, comme à New York et notamment Manhattan, dans le New Jersey, le Connecticut, le Maryland ou encore la Californie, les 10.000 dollars sont insignifiants. Aux Etats-Unis, plus de 4 millions d’Américains payent plus de 10.000 dollars de taxes foncières selon ATTOM Data Solutions.

Mais la réforme fiscale n’est pas le seul responsable de ces chamboulements. La hausse des taux d’intérêts a également ralenti le marché de l’immobilier. Une conséquence positive pour certains experts, pour qui ce ralentissement est synonyme de régulation. À Manhattan, les potentiels acheteurs ne veulent plus payer les prix exorbitants imposés par des propriétaires déconnectés de la réalité du marché.

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