Royal BAM met sa filiale belge exsangue à l'étalage

Le nouveau siège de l'Otan à Evere: un des méga-chantiers enlevés par Royal BAM ces dernières années. Selon ses dirigeants, il aurait en partie mis les comptes de l'entreprise de construction dans le rouge. ©Photo News

Le nouveau CEO du puissant groupe de construction international d'origine néerlandaise Royal BAM a confirmé le plan de restructuration qui couvait.

Le bruit courait depuis des mois. Mais le nouveau CEO, Ruud Joosten, vient de confirmer le plan de restructuration visant à faire croître les marges du groupe international qu’il pilote désormais. Les filiales belges et allemandes sont mises à l’étalage. Et un millier d'emplois pourraient passer à la trappe. 

Parmi les éventuels candidats au rachat par appartement, on cite aujourd’hui notamment le belge Jan De Nul ou les suédois Skanska et NCC. Mais des entreprises turques ou chinoises seraient également au balcon.

Pour justifier cette restructuration, le patron fourbit ses chiffres: en 2020, BAM Groupe passe dans le rouge à hauteur de 122 millions d’euros, alors qu’il dégageait encore un petit bénéfice net de 11,8 millions d'euros sur l'exercice 2019.

50 ans déjà

Royal BAM, plus que centenaire, est actif en Belgique depuis un demi-siècle. En 2008, le curseur était encore positionné sur la croissance externe puisqu’il rachetait alors la société de développement immobilier Kairos à l'homme d'affaires anversois Eric Verbeeck auquel il avait déjà racheté 10 ans plus tôt l’entreprise générale de construction Interbuild. Entretemps, d’autres acquisitions belges avaient également nourri cette croissance du groupe en Belgique, dont celle de Galère (Liège).  

-11,4
millions d'euros
C'est la perte nette toujours affichée par BAM Belgium en 2020 .

Marc Peeters, ex-CEO et homme fort de BAM Belgium depuis des années, dans un tronçon du tunnel Schuman-Josaphat. Son poste ayant été supprimé, il a été préféré reprendre sa liberté fin 2020. ©ADEB

Mais ces dernières années déjà, un processus de cession d’activités avait été entamé, la holding belge passant progressivement de 2.100 à 1.700 salariés et d’un chiffre d’affaires quasi raboté de moitié, passé de plus d'un milliard à 555 millions d'euros (2020). La raison évoquée: les pertes alignées pour l'exercice 2019 en Belgique, proches de 32 millions d’euros pour BAM Belgium BV et de 17 millions d'euros pour BAM Contractors .

Pour expliquer ce passage dans le rouge, divers retards de chantiers et surcoûts ont été invoqués – dont ceux du contournement d’Anvers (Oosterweel) ou du nouveau siège de l’Otan – pour expliquer ces pertes; mais ces arguments paraissent bien légers en regard du carnet de commandes affiché ces 10 dernières années, BAM raflant – seul ou en partenariat – la plupart des marchés publics les plus importants.

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