Rue de la Loi, Atenor continue d'aligner les tours pour l'Europe

©Assar Architects

L’important projet mixte Realex bis est actuellement à l’enquête publique. Le socle de ses deux tours est pressenti pour accueillir le nouveau centre de conférences de la Commission européenne.

Après l’immeuble The One (ex-hôtel Europa), récemment sorti de terre en bordure de la chaussée d’Etterbeek et déjà vendu tant pour sa partie bureaux que logements, c’est sur l’îlot suivant que tous les regards du marché immobilier se concentrent désormais dans la zone. Le projet dit Realex – plusieurs fois corrigé et étendu – est en effet à l’enquête publique depuis le 30 mai dernier et jusqu’au 13 juin. La date de la commission de concertation est déjà connue: il s’agit du 25 juin. On devrait donc être fixé avant l’été sur l’octroi des permis et même le début des travaux.

Menu vertical copieux

Le menu est copieux et s’étend sur plusieurs immeubles remembrés, logés du 91 au 105 de la rue de la Loi et donnant à l’arrière sur la rue parallèle (Lalaing). La demande de permis (urbanisme et environnement) mentionne la construction de deux tours avec un socle commun. Une d’entre elles culminera à 128 mètres de hauteur.

60.000
L’ensemble offrira 60.000 m² de bureaux, 1.800 m² de commerces et 300 parkings.

"Cela englobe notre projet initial, déjà baptisé Realex et lancé sur le terrain nu sis à côté de The One; mais on y a annexé depuis l’ex-siège du VDAB, sur lequel nous avons fait dessiner une fresque murale, et l’ex-maison de l’Eglise de Scientologie", détaille Stéphan Sonneville, le CEO d’Atenor. Ce dernier, associé (90/10) pour ce projet avec Ko-Immo SPRL (Luxembourg, Graham Edwards) au sein de la S.A. Leaselex (46 millions d’euros en actifs circulants), confirme le menu: "Il s’agira essentiellement de bureaux avec éventuellement le futur centre de conférences de l’UE dans la partie basse , et de commerces au rez, accessibles par un espace public aménagé entre les deux tours. La maison de la Scientologie sera conservée intacte et restera indépendante du nouveau développement. Elle recevra une affectation plus tard", précise le patron.

Interrogé sur l’important marché du centre de conférences de la Commission européenne, qui anime le landerneau immobilier de la capitale depuis des mois et pour lequel Atenor tient la corde, Stéphan Sonneville brandit son joker: "Les dispositions du concours m’empêchent de montrer les façades et images de ce que nous avons proposé à l’OIB (Office for Infrastructures in Brussels), qui coordonne le dossier. Ce que je peux dire, c’est que nous avons imaginé un fonctionnement très ouvert, en foyer, avec une façade emblématique. L’alternative comprenant ce centre de conférences sera proposée en variante à l’étude d’incidence, de manière à ce que toute la procédure lancée reste valable dans le cas où nous serions sélectionnés. Il se confirme que nous avons une bonne chance; mais nous ne maîtrisons pas l’impact des récentes élections sur le futur de ce marché lancé par la précédente Commission."

Timing serré

"Les dispositions du concours m’empêchent de montrer les façades proposées à l’OIB."
Stéphan Sonneville
CEO d’Atenor

Le timing visé reste bien sûr aligné sur le calendrier dicté par le marché public lancé par la Commission européenne pour se doter d’un nouveau centre de conférences, soit 2023. "Ce qu’il faut bien comprendre, ajoute Stéphan Sonneville, c’est que la demande de permis est introduite dans le cadre du RRUZ (Règlement régional d’urbanisme zoné) existant. Si ce cadre légal est contesté, ce sera à l’autorité régionale de reprendre la procédure du RRUZ là où il est contesté. Un PAD (Plan d’aménagement directeur) est en préparation et devrait venir conforter le cadre réglementaire actuel. L’instruction de la demande de permis en cours ne peut souffrir de ce qui n’est finalement qu’un combat d’arrière-garde sur des aspects techniques administratifs, au sujet d’un urbanisme largement débattu depuis 15 ans et abouti politiquement." La suite le 25 juin prochain.

Mais passé ce cap administratif, restera encore à pouvoir livrer dans les temps impartis au futur occupant européen un espace fonctionnel et convivial dans le carcan financier étroit fixé par l’OIB. Stéphan Sonneville se veut à cet égard rassurant même si certains experts estiment le budget fixé par la Commission européenne trop étriqué pour permettre à l’entreprise cotée en Bourse de dégager une marge suffisante. Sans doute sera-ce sur la masse critique et la future occupation de l’ensemble de l’immeuble par des locataires de premier plan qu’une solide plus-value sera dégagée à la revente des murs une fois remplis, comme pour la partie bureaux de la tour The One voisine (29.500 m²), rapidement vendue à Deka Immobilien.

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