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interview

"Si Immobel monte en force sur la France, c'est d'abord l'effet Macron"

©Emy Elleboog

Préparée activement depuis des mois déjà, l’entrée de l’entreprise belge de promotion immobilière Immobel sur le marché hexagonal se précise sous la pression soutenue de Marnix Galle, le président du Conseil d’administration de la société cotée en Bourse.

"La France est un marché dynamique et résilient": c’est avec ce slogan en boutonnière que Marnix Galle motive son entrée sur le marché, très mature et très concurrentiel, de la région Ile-de-France, "de loin la première place immobilière européenne", insiste-t-il.

L’effet Macron

Viennent ensuite les arguments économiques, pour souder derrière lui actionnaires et conseil d’administration. En vrac, la forte attractivité commerciale de l’agglomération parisienne, la pression démographique, les multiples projets liés au Grand Paris, l’organisation des J.O. 2024 et le pouvoir d’achat des ménages plus élevé que la moyenne. Mais il le confie sans nuance: c’est l’arrivée et le travail du Président Macron qui a été le déclic. Et sa baisse de popularité actuelle n’a rien modifié: changer les choses en profondeur, cela prend du temps et dérange.

Les phrases clés

"Dès demain, tout sera mixé partout dans les nouveaux projets urbains."

"Je ne prends pas de plaisir à travailler en Pologne. Je ne me sens pas à l’aise dans les pays de l’est en général."

 "Je me plais davantage en Espagne ou en France, des pays plus avancés dans le processus de stabilité."

 

"Dès le 1er janvier 2019, Immobel est actionnaire majoritaire de la société Nafylian & Partners, qui a un carnet de commandes de 3.000 à 4.000 logements."

Enfin, il y a les moyens, humains et financiers. Pour concrétiser ses récentes ambitions franciliennes, le patron belge s’est dégoté des lieutenants locaux de premier plan. Tout d’abord Julien Michel, le nouveau directeur général d’Immobel France, débauché chez Axa Investment Managers où il dirigeait le département développements immobiliers.

Il sera secondé par Vincent Noirot, le nouveau directeur du développement pour le segment tertiaire, secteur sur lequel la société belge nourrit de grandes ambitions et promet de ne pas tarder à le montrer sur le terrain.

Centre de profit n°1

Pour Marnix Galle, ce marché́ doit devenir rien moins que le plus important centre de profits du groupe. Et l’objectif est clairement de se positionner à terme comme un acteur qui compte sur le marché́ francilien de l’immobilier de bureaux et des opérations dites "multi-produits". Hôtellerie, commerce, résidence senior ou encore logistique sont également dans les radars. L’entreprise belge apportera également son expertise acquise sur plusieurs marchés européens (Luxembourg ou Varsovie notamment) dans la création de valeur pour compte de tiers. En vitesse de croisière l’activité́ annuelle devrait osciller entre 300 et 400 millions d’euros.

Sur le segment résidentiel, Immobel s’était déjà offert un cheval de Troie en acquérant il y a juste un an la société de promotion locale Nafilyan & Partners. L’accord conclu alors prévoyait une montée en trois étapes au capital de cette dernière. Détenteur de 15% des parts lors de la signature, Immobel passera à 51% dès janvier 2019, puis à 100% en 2020.

"La France doit devenir rapidement notre plus important centre de profit."
Marnix Galle
Chairman Immobel

Pour le segment résidentiel également, un nouveau directeur de développement devrait prochainement être désigné.

Nous avons pu joindre hier mardi Marnix Galle pour qu’il s’explique plus précisément sur ses réelles ambitions françaises.

Quand comptez-vous prendre des positions significatives sur votre nouveau terrain de jeu francilien?

La machine est fin prête pour être opérationnelle dès demain. C’est la raison pour laquelle nous communiquons aujourd’hui. Je vous rappelle d’ailleurs que dès le 1er janvier prochain, nous deviendrons actionnaire majoritaire de la société Nafilyan & Partners, qui a déjà dans ses carnets de commandes 3.000 voire 4.000 logements à développer et à commercialiser. C’est déjà un fameux effet de levier.

Comment, sur un marché aussi mature et concurrentiel que Paris et sa région, se faire une place au soleil?

Au cours des années, nous avons acquis une expertise multi-fonctionnelle unique en milieu urbain. C’est devenu notre ADN. Pour être concurrentiels, nous allons donc approcher le marché francilien en mariant plusieurs fonctions au sein des mêmes projets immobiliers novateurs. La tendance se confirme sur le terrain. Dès demain, tout sera mixé partout dans les nouveaux projets urbains: le travail, la communication, les loisirs, le bien-être et, bien sûr, le logement. On peut parler de confluence.

Pourquoi avoir opté pour une présence active de taille sur un nouveau marché extérieur? La Belgique vous ennuie?

Pas du tout, mais soyons réalistes: nous sommes déjà très présents en Belgique. À Bruxelles surtout, à Anvers, un peu à Liège et à la côte. Bruxelles, c’est un million d’habitants… Et nous y atteignons déjà une part de marché très importante. On est à la limite. Quant à nos autres marchés actuels, je vous avoue que je ne prends pas de plaisir à travailler en Pologne, même si nous y avons bien performé. Je ne me sens pas à l’aise dans les pays de l’est en général. Je préfère de loin des marchés mûrs plutôt que trop cycliques. Je me plais davantage en Espagne ou en France, des pays plus avancés dans le processus de stabilité, de justice et de transparence. Et clairement, j’ai été séduit par Emmanuel Macron. C’est lui qui a été le déclencheur. Il éprouve des difficultés à faire bouger les lignes, mais il se bat. On le fera aussi.

Pourquoi avoir choisi Julien Michel comme bras droit sur ce nouveau marché appelé à devenir un de vos fers de lance?

Nous l’avons choisi au terme d’un long processus de sélection et je suis très heureux de ce choix. Julien offre cette combinaison rare d’être un développeur de la nouvelle génération, qui comprend les nouvelles vagues qui arrivent sur le marché immobilier, et qui possède à la fois de réelles qualités de manager. Je suis d’ailleurs désolé pour mes amis français de chez Axa de l’avoir débauché, ainsi qu’une analyste, qui l’accompagnera.

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