"Si une offre tombait pour nos bureaux, nous l'analyserions"

©cofinimmo

En dix ans, le portefeuille de Cofinimmo a entièrement changé. Alors qu’au départ elles en constituaient l’essentiel, les surfaces de bureaux n’y pèsent plus que 53%.

Par contre, les maisons de repos et de santé sont passées à 33%. Serge Fautré, son CEO, n’écarte aucun scénario.

Pourquoi avez-vous quasiment réduit de la moitié la part des bureaux dans le portefeuille de Cofinimmo?

- Serge Fautré: Il y a un problème structurel. Il y a eu un excédent d’offre. Les développeurs de bureaux, quoi qu’ils disent, finissaient toujours par obtenir leurs permis. Et les banques ne rechignaient pas à les financer. Jusqu’à la crise financière…

On compare souvent Cofinimmo à Befimmo, dont les dirigeants, eux, continuent à croire au potentiel des bureaux.

- Un même marché, une même analyse peuvent conduire à des stratégies différentes. Befimmo a résolument opté pour les surfaces de bureaux, Cofinimmo a opté pour la diversification.

Si Benoît De Blieck, CEO de Befimmo, vous proposait de racheter votre portefeuille de bureaux, vous seriez d’accord ?

- Nous analyserions sa proposition, comme toute équipe dirigeante est supposée le faire. Mais il va de soi que le prix serait déterminant. Puis-je, avec le produit de cette opération, faire quelque chose qui permette à mes actionnaires d’obtenir un meilleur rendement à long terme? C’est la question centrale.

Les maisons de repos et santé représentent 33% de vos avoirs. Comptez-vous en rester là?

- À long terme, ce type d’actifs pourrait représenter jusqu’à 40% de notre portefeuille.

Tout le monde investit dans les surfaces commerciales…

- Il y a peu à vendre. Pour nous diversifier, nous devons rapidement monter à 200 ou 250 millions d’euros. Ce n’est pas évident.

La transformation d’immeubles de bureaux en logements est-elle réaliste?

- À certains moments, pour certains dossiers, il faut accepter les faits. Qui aurait imaginé que Dexia se restructurerait à ce point et que le bail du Livingstone (immeuble de bureaux situé dans le quartier Léopold à Bruxelles, N.D.L.R.) serait résilié anticipativement? Nous avons estimé que la mixité était la solution dans ce cas. 17.000 m2 de logement vont y être créés. Nous envisageons de faire de même pour un, peut-être deux autres dossiers.

Le résidentiel est-il une nouvelle piste pour Cofinimmo?

- Nous sommes intéressés, mais ce n’est pas une priorité. Nous avons déjà dit aussi que nous étions intéressés par le logement social. Surtout en Flandre. Mais nous n’avons pas rencontré auprès des autorités la volonté de faire rapidement quelque chose ensemble.

Vous dites partout qu’il faut oser croire en Bruxelles…

- La capitale est nettement sous-financée. La Flandre et la Wallonie devraient, avec Bruxelles, examiner comment améliorer ce financement. Elles s’en trouveraient d’ailleurs mieux. Il faut travailler dans le cadre d’une zone métropolitaine. Le patronat flamand est d’accord. Mais en même temps il faut des structures qui tiennent mieux compte des grandes différences socio-économiques entre les régions. Il faudrait aussi que les Bruxellois mettent un peu d’ordre dans leurs affaires. Ces 19 communes, c’est démodé à l’heure d’internet.

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