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SoftBank veut tourner la page Adam Neumann chez WeWork

Adam Neumann (ici, en 2019) estime aujourd'hui que trop de focus a été mis sur lui. ©Getty Images for WeWork

Après une première tentative d'IPO calamiteuse en 2019, WeWork remet le couvert. Depuis, Neumann a été remercié et SoftBank veut tourner la page.

SoftfBank aimerait qu'Adam Neumann et ses frasques soient du passé pour WeWork. Deux ans après sa chute vertigineuse, WeWork a enfin réussi une IPO à Wall Street. Dans l'air du temps, WeWork passera par un véhicule Spac pour son introduction en bourse. La fusion de WeWork avec BowX, qui utilise le Spac déjà coté à New York, a été actée mardi, et la nouvelle entité, valorisée environ neuf milliards de dollars, est cotée depuis jeudi sous le symbole "WE". Dans les premières minutes d'ouverture, WE prenait 7% à 11,13 dollars.

On est bien loin des 47 milliards de dollars de valorisation de début 2019 comptabilisés par SoftBank, un des plus gros investisseurs. Le cofondateur haut en couleur, Adam Neumann, tentait une première IPO plus tard dans l'année. WeWork avait alors senti le sol se dérober sous ses pieds quand le gouffre financier où se trouvait l'entreprise avait été révélé au grand jour.

Englué dans des pertes croissantes et de probables conflits d'intérêts de Neumann, Wall Street rejeta alors la valorisation proposée.

Vétéran immobilier

Quelques mois plus tard, l'enfant terrible du coworking est poussé vers la sortie par SoftBank en renonçant à l'essentiel de ses droits de vote dans la société. Pour redresser la barre et assainir les finances, SoftBank a nommé comme CEO en février 2020 Sandeep Mathrani, un vétéran du secteur immobilier au profil plus consensuel que celui de Neumann.

Adam Neumann, ce géant au look de rock star, est né à Tel Aviv, en Israël, il y a 40 ans. Il a été élevé dans un kibboutz avant de servir pendant cinq ans dans la marine israélienne. Arrivé à New York à l'âge de 23 ans, il s'est vite plongé dans le business en lançant des marques de chaussures pour dames avec talons rétractables et des vêtements pour bébés.

C'est via une connaissance commune qu'il rencontre donc Miguel McKelvey. Les deux hommes vont développer en 2010 un business de bureaux partagés à New York qu'ils appelleront WeWork. À l'époque, WeWork a tout d'une pépite. Les loyers sont impayables à New York et WeWork arrive à attirer une part importante de la communauté start-up de la Big Apple, ravie de diminuer ses frais immobiliers.

Aujourd'hui, SoftBank, qui a investi 17 milliards de dollars dans WeWork, essaye de récupérer au moins une partie de ses billes. Il s'agissait du premier investissement conséquent du holding dans une start-up.

Il y a encore du tangible dans la société qui dispose de 762 espaces de travail dans 38 pays et 150 villes (dont trois à Bruxelles). WeWork espère devenir rentable au premier trimestre de l'an prochain. Actuellement, son taux d'occupation n'est que de 55% à cause de la pandémie.

Pour Neumann, la partie n'est pas finie pour autant. Le cofondateur, qui détient encore 11% de la société, organise un événement en marge de l'introduction en bourse avec son cofondateur, Miguel McKelvey, et une série d'employés de la première heure qui détiennent également des actions. SoftBank a déjà prévenu, même après l'IPO, elle gardera le contrôle.

Le profil

  • Né en 1979, à Tel Aviv.
  • Arrivé aux États-Unis en 2002, il se lance dans les affaires (chaussures pour dames, vêtements pour bébés…).
  • Crée WeWork en 2010 avec Miguel McKelvey.
  • Annonce, fin avril 2019, son intention d'introduire WeWork en bourse. L'entreprise est valorisée 47 milliards de dollars.
  • Les problèmes financiers de WeWork se soldent par une IPO ratée. L'actionnaire SoftBank obtient le départ de Neumann en février 2020.
  • Il détient encore 11% de la société aujourd'hui.

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