Stéphan Jourdain cède l'immobilier… et a trois millions à investir dans la presse

Retiré du Cercle de Lorraine depuis quelques années, Stéphan Jourdain vient de céder Katrix, sa société de promotion immobilière. Nous n’aurons ni sa confirmation, ni le nom du repreneur, ni le montant de la transaction, mais une certitude pointe à l’horizon: Jourdain ne compte pas de sitôt se retirer des affaires.

L’Echo a eu vent d’une assemblée générale extraordinaire de Katrix, tenue mercredi soir au Dolce de La Hulpe, qui a acté la démission de Stéphan Jourdain et de ses proches, remplacés par quatre nouveaux administrateurs, représentant la famille devenue à cette occasion propriétaire de Katrix, créée il y a 29 ans et autrefois connue sous le nom de Vieux-Waleffe. Ces vingt dernières années, Stéphan Jourdain a été fort occupé avec Pan, L’Eventail, Dimanche Presse, Immoweb (qu’il a cofondé à 50% en 1994), Le Cercle de Wallonie, le Cercle de Lorraine, les laminoirs de Longtain, l’Office des propriétaires ou les jardins d’Annevoie pour ne citer que quelques-unes de ses activités. Ces dernières années, il s’est désengagé de ces activités, "trop médiatisées" à son goût, pour consacrer son temps à Katrix, une société qui aura mené bon nombre de projets immobiliers.

Chiffonnier de l'immo

"J’ai toujours revendiqué mon statut de chiffonnier de l’immobilier."
Stéphan Jourdain
homme d'affaires

"J’ai toujours revendiqué mon statut de chiffonnier de l’immobilier", nous a expliqué en souriant l’homme d’affaires qui développait son activité immobilière dans deux niches précises: le rachat et la rénovation de sites industriels désaffectés ainsi que l’achat et la réhabilitation de biens atypiques. En vrac et dans le désordre, on pourrait citer la Villa Empain, le couvent des Clarisses, la Villa Leborgne, la Maison Delune, le château Viola Cornuta (devenu le David Lloyd) ou le château Charle Albert. "J’ai par ailleurs acheté et réhabilité une quinzaine de gros sites industriels que j’ai divisés en unités pour PME", nous a encore expliqué Jourdain.

Les plus attentifs se souviendront que c’est lui qui, 15 jours après qu’il ait été chassé du pouvoir par Kabila père en mai 1997, était allé signer "dans une ambiance à l'Apocalypse Now" avec un Mobutu exilé au Maroc, le rachat de tout le patrimoine immobilier belge du maréchal-président zaïrois déchu, dont le château Fond’roy à Uccle.

Pourtant, cette fois, l’homme d’affaires semble bel et bien décidé à tourner la page immobilière. Durant trois mois, jusqu’au jour exact de son soixantième anniversaire le 5 mars, il accompagnera les repreneurs de Katrix qui continueront avec le staff existant sous la direction de Diego de le Vingne, son bras droit.

"De l'encre dans les veines"

Ce n’est pas pour autant que le jeune retraité compte couler des jours heureux, retiré dans le Brabant wallon où il vit depuis peu. Jourdain fourmille des projets qui oscillent entre l’humanitaire et les médias.

Concernant le volet humanitaire, on sait moins que la première société de Stéphan Jourdain, Meubles Ankit, a donné une chance à bon nombre d’"enfants du juge", travaillant dans sa petite usine. "Certains vont s’en étonner, mais j’ai longtemps été impliqué dans une œuvre humanitaire – L’ASBL Le projet qui visait à réinsérer des enfants du juge." Il se dit qu’il pourrait remettre le couvert et consacrer une partie de son temps et de ses "petites économies" à des projets humanitaires. Mais, et l’affaire le travaille depuis plusieurs années déjà, Jourdain se verrait bien (re)-jouer un rôle dans la presse. Et il possède notamment une "cagnotte" de trois millions d’euros qui pourrait bien faire l’affaire.

"Il y a un projet que je nourris depuis longtemps et deux autres, différents, pour lesquels on est venu récemment me trouver afin de me proposer d’investir."
Stéphan Jourdain
homme d'affaires

Interrogé sur la question, notre interlocuteur ne nie pas. "Il y a un projet que je nourris depuis longtemps et deux autres, très différents, pour lesquels on est venu récemment me trouver afin de me proposer d’y investir", nous a répondu Stéphan Jourdain qui n’en dira pas plus, le temps de réfléchir à la question. "J’étudie les trois dossiers", explique aussi celui qui reconnaît "être sorti financièrement beaucoup moins mal que prévu du dossier pourri des Jardins d’Annevoie".

Lisez qu’il détient toujours le contrôle d’une ASBL dotée d’un bas de laine de 3 millions d’euros. S’il en adapte la finalité sociale, le cash de cette association, ajouté à une partie du sien, pourrait être consacré à un projet dans les médias, un rayon dans lequel Stéphan Jourdain a déjà joué quelques belles partitions.

Arrière-petits-fils de Louis Jourdain, fondateur de La Libre Belgique en 1884, cousin germain des héritiers d’Adrienne De Clercq (42% de Rossel jusqu’à leur vente au groupe Hersant/Le Figaro en 1993), Stéphan Jourdain – proche cousin par alliance de François le Hodey d’IPM – a détenu (à 50/50 avec l’ancien Premier ministre VdB) Pan de 1988 à 2002; a possédé (à 50/50 avec Albert Frère) l’Éventail pendant 12 ans; a racheté Dimanche Presse avec Patrice le Hodey (IPM/Libre Belgique-Dernière Heure) et a échoué (sur le fil) à racheter à l’évêché de Namur le groupe Mediabel (alors Vers l’Avenir et 66% du groupe IPM) en 1999. "J’ai de l’encre qui coule dans les veines", explique Jourdain, qui se dit qu’il aurait peut-être encore un coup à jouer dans l’univers des médias. Affaire à suivre.

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