Thomas & Piron rachète au prix fort les murs de la caserne du Génie à Jambes

La caserne de Jambes, à l'heure où les troupes du Génie y faisaient encore le salut au drapeau. ©BELGA

Le quartier militaire de Wispelaere à Jambes, mieux connu sous le nom de caserne du Génie, vient d’être vendu par la Défense au promoteur-constructeur wallon qui transformera les lieux en un nouveau quartier de ville.

Le résumé

  • La caserne du Génie à Jambes a été mise en vente aux enchère l'automne dernier.
  • Vidée de ses occupants, elle sera transformée en nouveau quartier de ville.
  • C'est Thomas & Piron qui a emporté la mise, à un prix record.
  • Le nouveau projet, cornaqué par la Ville de Namur, ne devrait pas tarder à sortir du bois.

La vente officielle avait été lancée par l’État l’été dernier, puis reportée à plusieurs reprises après son lancement via le site dédié du SPF Finances (Finimmoweb). Un report qui aura permis, selon plusieurs candidats déboutés au rang desquels figuraient notamment Aboreal (ex-BW Promo), Codic, Equilis et AG Real Estate, d’atteindre un montant que certains n’hésitent pas à qualifier d’insensé.

Aux enchères en présentiel, Thomas & Piron est en effet monté jusqu’à 25,5 millions d’euros pour emporter la mise au nez et à la barbe d'Equilis, son dernier concurrent en lice. "Thomas & Piron, qui construit déjà quasi tout à Namur, voulait absolument faire le deal. Et si son dernier concurrent n’avait pas jeté l’éponge, ce serait monté plus haut encore…", confie un des candidats évincés.

25,5
millions €
Mis aux enchères au prix initial de 11,5 millions d'euros, les 9 hectares du quartier militaire de Wispelaere ont été adjugés à Thomas & Piron à plus du double.

La mise à prix de départ - 11,5 millions d’euros - affichée pour le vaste foncier de près de 9 hectares offrant 90.000 m2 bâtis logés entre le boulevard de la Meuse et la rue de Dave a donc été plus que doublée.

Pour la région et la Ville de Namur, il s’agit d’une opération majeure. C’est pourquoi la hiérarchie militaire et le collège communal sont restés en contact étroit tout au long de la procédure pour cadrer au mieux cette opération de revente, et surtout le chantier de reconversion qui ne manquera pas de suivre rapidement. Les architectes sont d'ailleurs déjà connus: il s'agit d'Urban Platform (Cédric Franck) et BAEB (Emmanuel Bouffioux).

Entretemps, plusieurs services du CPAS local ont trouvé dans les murs laissés vides un hébergement provisoire (deux ans) sur le site à reconvertir. 

La Ville a balisé les contours du futur projet

"Thomas & Piron, qui construit déjà quasi tout à Namur, voulait absolument faire le deal."
Un des candidats évincés

Dès l’été dernier, une lettre émanant du collège communal avait précisé au responsable de la Défense nationale le programme de reconversion possible et souhaité, ne laissant ainsi planer aucun doute sur ce que le futur acquéreur allait pouvoir développer sur le site une fois acheté au prix fort.

On y abordait notamment des contraintes environnementales et techniques, comme les risques avérés d’inondation, la protection nécessaire des zones de captage d’eau, les éventuels risques de pollution (matériel roulant) et la création d’un réseau de chaleur.

Le domaine militaire du Génie à Jambes: un foncier d'un seul tenant idéalement situé entre Meuse et N947. ©Google Maps

On y énumérait ensuite en détail les lignes de force d’un futur projet de reconversion censé permettre le développement d’un nouveau quartier résidentiel venant consolider l’urbanisation de la plaine de Jambes. On y précisait également qu’il n’était pas souhaitable de développer sur le site des activités commerciales pouvant concurrencer le tissu commercial actuel du centre de Jambes. On ajoutait que, pour assurer une mixité fonctionnelle du futur quartier, "des activités d’artisanat, de logistique urbaine, des surfaces de bureaux ou à destination des professions libérales" pourraient être programmées.

445
logements
C'est le programme sur lequel ont dû tabler les enchérisseurs pour calculer l'amortissement de la mise de départ.

Le plus important: la densité de développement envisagée était même mentionnée d’environ 50 logements à l’hectare, soit quelque 445 logements répartis entre constructions réhabilitées - exhaussées ou non - et neuves.

Les contraintes urbanistiques soumises à Thomas & Piron sont donc déjà balisées. La Ville mentionne encore la nécessité de prévoir une place centrale de grande taille, de nouvelles voies publiques reliées au réseau de voiries existant, un parc d’un seul tenant et des cheminements piéton. Enfin, le volet des charges d’urbanisme sera "concerté avec le demandeur sur base d’une programmation plus précise" et du montant de référence de 60 euros le mètre carré prescrit par le Guide communal.

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