Un nouvel éco-quartier de taille à Genappe

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Présents au Mipim cannois, les responsables de la Sarsi y ont dévoilé les contours de leur important projet phasé de redéveloppement du site de la sucrerie de Genappe. Les grandes manœuvres vont commencer.

"Un premier plan masse a été approuvé par la Ville de Genappe l’an dernier et il sera affiné par un prochain conseil communal, mais tous les promoteurs immobiliers qui comptent en Brabant wallon sont déjà au balcon. Je viens encore d’en croiser deux nouveaux, et non des moindres", confie Eric Schartz, directeur de projets de la Sarsi, la Société d’assainissement et de rénovation des sites du Brabant wallon (groupe Nivelinvest) depuis l’espace du palais des festivals à Cannes dédié aux acteurs belges.

Baptisé "Surreal Estate" pour l’occasion, cet espace est tout particulièrement pris d’assaut cette année; pour y entrer, on y fait la file devant les portiques de sécurité dès 9 heures et l’affluence s’annonce record, avec plus de 25.000 professionnels de l’immobilier présents au salon. Il est donc le lieu idéal pour tous les acteurs publics et privés qui veulent faire connaître leurs nouveaux projets et rencontrer des investisseurs ou des promoteurs.

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À l’ombre des silos

Et justement, celui porté par le groupe Nivelinvest sera un des projets urbains majeurs situés en Brabant wallon dans les années qui viennent. Il devrait d’ailleurs défrayer la chronique dans les mois prochains. Mais pour l’instant, c’est devant un parterre trié de responsables publics et surtout privés que Philippe Remy, le président du conseil d’administration de la Sarsi (par ailleurs directeur général de Nivelinvest) et Eric Schartz, le directeur de projets, présentaient leur plus gros bébé en gestation: la phase II du développement de l’ex-site de la sucrerie de Genappe. "La Sarsi, société anonyme de droit public constituée par décret, est désormais pleinement propriétaire du foncier de 143 hectares cédé en 2017 à la Sarsi par la Région wallonne, qui l’avait elle-même rachetée dix ans plus tôt. La moitié environ (79 ha) de cette réserve foncière d’un seul tenant est constituée d’une importante réserve naturelle, désormais gérée par le DNF (Département de la nature et des forêts) et qui restera donc un milieu confiné. Nous sommes en train de vendre les terrains agricoles (37 ha) pour faire rentrer les capitaux qui permettront de financer le reste du projet. Et nous disposerons donc, à proximité de cette réserve naturelle remarquable, de 19 hectares à développer", explique Philippe Remy.

Le chaînon manquant

"Nous disposerons, à proximité de cette réserve naturelle remarquable, de 19 hectares à développer."
Philippe Remy
Président du Ca de la Sarsi

La première bonne nouvelle pour les porteurs de ce projet de revitalisation mixte sur une ancienne friche industrielle est que les terrains concernés sont bien moins pollués que prévu: le budget global de la dépollution des douze lieux pollués circonscrits ne devrait pas excéder 800.000 euros, de quoi laisser un maximum de budget pour le redéveloppement phasé du site. "Il y a une dizaine d’années, c’était un peu la zone, dans le coin. Mais récemment, la commune a entamé un plan de redynamisation du centre-ville, dont les commerces étaient désertés. Puis Matexi a développé le nouveau lotissement résidentiel I-Dyle. Et la Sarsi qui, il y a encore peu de temps, était répertoriée comme assainisseur de sols pollués pour les revaloriser avant de les céder à des promoteurs privés, va jouer pleinement son nouveau rôle de développeur immobilier public et relier ces deux morceaux de ville avec un projet immobilier mixte de taille. Outre toutes les voiries de connexion entre les différentes fonctions, le masterplan prévoit l’implantation de deux écoles (pédagogie active et libre), d’une maison de repos avec soins couplée à une résidence-service, d’un parc pour PME (10.000 m²) ayant des activités non polluantes et non bruyantes, et de 300 logements phasés (avec un ratio de 30 logements par hectare) vendus en bloc à un promoteur privé. Nous réserverons également à l’écart une zone d’activités qui sera dédiée au service travaux de la Ville de Genappe", détaille Eric Schartz, en montrant les plans. "En fait, notre projet est situé dans un site à réaménager et nous essuyons réellement, avec ce programme, les plâtres du nouveau CoDT, le code du développement territorial. Et la Région wallonne, la DG04 et nos avocats tentent de trouver un consensus juridique pour coller au nouveau code wallon et pouvoir avancer sans devoir attendre une révision du plan de secteur sur la zone concernée", ajoute Philippe Remy.

Pour gérer la maison de repos, deux candidats sont déjà en lice: Anima Care (filiale d’AvH) et le groupe hospitalier Jolimont. Enfin, un immeuble de services, avec espaces communautaires et bureaux, sera construit entre le site industriel toujours en activité et le nouveau quartier urbain.

Alors que le projet global n’en est encore qu’au début du processus administratif, la plupart des promoteurs privés actifs en Brabant wallon ont déjà manifesté leur intérêt. On cite notamment Equilis, Immobel, Thomas & Piron, Besix RED, Matexi, BW Promo.

4 questions à Philippe Remy

Président du CA de la Sarsi

1. Où en est-on aujourd’hui, quatre ans après les problèmes de gestion?

Les problèmes de gestion sont dépassés. Avec les cabinets Marcourt, Di Antonio et de la Sogepa, on a redressé la barre. Et l’actuel gouvernement wallon a validé la restructuration.

2. Et en matière de trésorerie?

On a recapitalisé à 5,5 millions d’euros. Avec le board, la Sarsi est aujourd’hui devenue un outil public de développement immobilier. Les moyens dégagés permettront de financer notamment les projets portés actuellement à Tubize (Brenta, site Socol) et à Nivelles (TEC, près de Val de Thynes).

3. Quel est l’avenir, après le départ de l’actuel directeur général?

Clairement de devenir l’outil public de développement immobilier des acteurs communaux et provinciaux en BW.

4. Quand quittez-vous le navire?

Je baisse le volet chez Nivelinvest dès la fin mars. Et le mandat du board actuel de la Sarsi, dont Nivelinvest détient 51%, s’achève fin avril. La Sogepa, elle, en détient 49%. Donc le gouvernement wallon devra, avec les actionnaires, désigner un nouveau CA. Je ne sais pas de quoi demain sera fait…

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