Union Investment a acheté MédiaCité

©Thierry du Bois

Le géant allemand en est à son troisième centre commercial dans notre pays.

MédiaCité n’est pas un centre commercial comme les autres et son nom l’indique bien. Il jouxte Médiarives, le plus grand studio de TV de la Belgique francophone (1.200 m2), inauguré par la RTBF il y a deux ans. Et il fait partie d’un complexe qui comptera dix salles de cinéma qui s’appelleront… MédiaCiné. Mais ce n’est que la partie strictement commerciale du site, le shopping center en tant que tel, qui a été vendu au groupe allemand Union Investment Real Estate.

Bel appétit

Un groupe allemand qui fait montre d’un bel appétit puisqu’il a déjà acheté ces dernières années deux centres commerciaux dans notre pays, " K in Kortrijk " (Courtrai, 33.000 m2) en 2009 et les Grands Prés (Mons, 35.00 m2) l’an passé. Ces deux actifs valent à eux seuls 300 millions d'euros, auxquels s’ajoutent les 225 millions d'euros que vaut MédiaCité. Soit plus de 500 millions d'euros, mais les actifs totaux d’Union sont proches de 20 milliards d'euros (dont 45 % seulement en Allemagne) et rien que ces deux dernières semaines le groupe allemand a aussi acheté un centre commercial à Austin (Etats-Unis) et un autre à Hanovre (Allemagne).

Union possède aussi deux immeubles de bureaux dans notre pays, le Mondrian (Bruxelles) et une partie du Corporate Village (Zaventem), ainsi que l’hôtel Radisson SAS de Bruxelles.

Soulagement

L’opération MédiaCité est plus que probablement un réel soulagement pour le promoteur, Wilhelm & C°, et surtout pour son banquier, KBC. Lorsque MédiaCité a ouvert ses portes, en octobre 2009, la crise faisait rage et les observateurs étaient sceptiques : le promoteur allait-il tenir bon ? Il a tenu bon et ce n’était pas la bonne question. En fait, c’est son banquier qui a bu la tasse puisque, comme on sait, KBC a dû être maintenue la tête hors de l’eau par la collectivité (mais a remboursé cette aide depuis). Il n’empêche que ce crédit – le plus gros consenti par la banque flamande en Wallonie – pesait lourd dans les comptes de KBC, financièrement mais aussi en termes d’image au nord du pays.

Ce n’est pas le seul épisode de ce feuilleton. En juin 2011, Wilhelm & C° a tenté de loger le centre commercial dans un certificat foncier. Une opération qui a échoué et qui, selon nos informations, a coûté 3 millions d'euros au promoteur. L’an passé, on a appris que le financement de 215 millions sur deux ans que KBC avait consenti au promoteur – les professionnels estiment que dans des conditions normales ce délai suffit pour trouver un investisseur – avait d’abord été prolongé d’un an puis finalement transformé en crédit d’investissement du même montant.

 

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