VGP a bondi de 40% en 2020 et son appétit est insatiable

Spécialisée dans la logistique, cette société immobilière a pleinement profité de l'essor du commerce en ligne accéléré par la pandémie. ©Arne Dedert/dpa

En à peine cinq mois, la société immobilière belge a levé plus de 300 millions d’euros via deux placements privés, notamment pour financer ses 33 projets en construction.

VGP remplit ses caisses au pas de charge. En avril dernier, ce spécialiste de l’immobilier logistique et semi-industriel présent dans 12 pays européens levait 200 millions d’euros via un placement privé d’actions nouvelles au prix unitaire de 100 euros.

Rebelote hier. La société cotée sur Euronext Bruxelles a récolté, cette fois, 109,2 millions d’euros en vendant des actions de trésorerie à 117,5 euros la pièce. Comme il y a cinq mois, la décote est légèrement supérieure à 4%, ce qui est peu. Malgré tout, les investisseurs institutionnels se sont rués sur l’occasion: la demande était près de trois fois supérieure au nombre de titres proposés.

Bénéfice plus que doublé

3,23 milliards
euros
Mi-2020, la valeur du portefeuille de VGP se montait à 3,23 milliards d’euros.

On peut les comprendre. Depuis le début de l’année, le titre VGP s’est envolé de 40%. Surfant sur la vague du commerce en ligne et donc de la demande croissante d’entrepôts renforcée encore par la pandémie, le groupe familial belge allié au géant Allianz Real Estate a vu son bénéfice net bondir de 163%, à 196,9 millions d'euros au premier semestre.  

Son appétit est insatiable. En plus de 33 projets en construction totalisant 800.000 m², VGP possède une "banque" de terrains de 6,89 millions de m², dont 3,12 millions pourront être loués. Mi-2020, la valeur de son portefeuille se montait à 3,23 milliards d’euros, en hausse de 17% en l’espace de six mois.

VGP va, bien entendu, consacrer ce cash frais pour financer ses nombreux projets et acquérir des terrains supplémentaires.

"Mini VGP"

Selon Joachim Vansanten et Wido Jongman de KBC Securities ("conserver"; 129 euros), ces liquidités donnent de la flexibilité à VGP pour examiner des opportunités d’acquisitions. Ils rappellent que lors de la publication des résultats du premier trimestre, la direction a manifesté un intérêt potentiel pour l’achat d’un "mini VGP".

"Si la récession se poursuit, nous nous attendons à des faillites, ce qui pourrait affecter les taux d’occupation dans le court terme."
Joachim Vansanten et Wido Jongman
Analystes chez KBC Securities

En outre, avec un bilan renforcé, la société se trouve mieux armée pour un éventuel impact différé de la pandémie. "Si la récession se poursuit, nous nous attendons à des faillites, ce qui pourrait affecter les taux d’occupation dans le court terme", préviennent-ils.

Loïc De Smet de Kepler Cheuvreux ("acheter"; 132 euros) souligne, pour sa part, que ce placement privé porte le "free float" de la société à 46%. Le CEO, Jan Van Geet, détient toujours 33,8% des actions et Bart Van Malderen 20,2%. De façon assez énigmatique, il signale que la décision de vendre les actions pourrait signifier que davantage est à venir ("more is coming"). À suivre…

Précisons que tant KBC Securities que Kepler Cheuvreux ont participé au placement privé des actions VGP.

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