Voici la nouvelle marina du capitaine Magnette

Le Left side business park va proposer de nouveaux espaces de bureaux et de logements sous forme de tours avec vue plongeante sur la Marina et espaces publics propices à la détente. ©Charleroi Leftside

Les projets immobiliers se multiplient pour redynamiser la ville de Charleroi. Du Left Side Business Park au quartier de la Villette en passant par la Gare du Sud, on fait le point.

Générer plus de cinq euros de fonds privés pour chaque euro de fonds public: voilà le cheval de bataille que s’est fixé le Collège carolo pour financer la reconversion de la Ville-Basse, avec la ferme volonté de reconcentrer les grandes fonctions métropolitaines en centre-ville. Pour traduire cette vision centripète pour les 10 à 15 prochaines années, le bureau d'études bruxellois MS-A (Benoît Moritz) a été chargé de cadrer un schéma d’orientation portant sur trois périmètres à réanimer d’urgence:

• Le Left side Business Park,
• Le quartier de la Villette,
• Les espaces de part et d’autre de la Gare du Sud.

"Ce schéma se veut tout sauf figé. Il donne les lignes directrices des futurs déploiements immobiliers, des aménagements en matière de mobilité et du partage des volumes entre commerces, bureaux, activités de service et logements", martèle Paul Magnette depuis des mois avant de le répéter sans doute aux promoteurs et investisseurs lors du 3e Forum immobilier programmé ce jeudi au Palais des Beaux-Arts local. Ce master plan - notamment financé par des fonds européens FEDER - donne un nouveau cadre au Left side business park, le projet le plus abouti pour l’instant: nouveaux espaces de bureaux et de logements sous forme de tours avec vue plongeante sur la Marina et espaces publics propices à la détente. Le projet du Left side business park se heurte toutefois au refus de permis pour pour la partie du projet sur l'ancien site InterBéton.

 

Un pont plus loin

42.000 m²
A l'arrière de la gare, l’objectif est de créer quelque 400 logements sur près de 42.000 m².

Un pont plus loin, un déploiement de taille devrait attendre, si les pouvoirs publics respectent le plan de vol annoncé, l’autre côté de la Sambre: sa rive droite, ses quais et les abords de la gare du Sud. A l'arrière de la gare, l’objectif est de créer, en accord avec Eurogare (SNCB), un parking arboré de 790 places puis de le remiser à terme en sous-sol en implantant un parc arboré en surface. Ce projet vise à "recoudre" au centre-ville ce quartier qui en avait été dissocié par la création du ring et du chemin de fer et d’y programmer quelque 400 logements sur près de 42.000 m². Enfin, au-delà de la gare, ce master plan va également réanimer le quartier de la Villette en le reliant au centre-ville.

Grâce aux fonds Feder 2014-2017, les quais de la rive droite de la Sambre, passablement ravagés par le lourd passé industriel fluvial, vont suivre la même dynamique de reconnexion que ceux des quais de la rive gauche (2007-2013), remodelés pour intégrer l’élément aquatique au paysage urbain.

D’une rive à l’autre

D’abord associé dans la place à Shalom Engelstein (déjà très immiscé dans les rues commerçantes locales) au sein de la société St Lambert Promotion pour lancer et aboutir le projet-phare dûment baptisé "Rive Gauche", IRET Development y poursuit désormais son marché en solitaire avec une longueur d’avance sur ses concurrents.

"L’objectif que nous poursuivons aujourd’hui s’insère dans la logique de la ville de multiplier les 'soudures urbaines' entre les quartiers du centre."
Raphaël Pollet
Porteur des projets locaux d’IRET

"L’objectif que nous poursuivons aujourd’hui s’insère dans la logique de la ville de multiplier les 'soudures urbaines' entre les quartiers du centre. Pour nous, connecter le projet Rive Gauche aux quartiers voisins de manière à ce que les chalands qui se rendent dans le centre commercial aient envie de s’attarder dans les rues environnantes tombent sous le sens, socialement et commercialement. Nous avons tout intérêt à développer une offre en logements moyens dans le quartier pour garantir un retour en ville de nouveaux habitants ou de travailleurs actifs dans les commerces. Ils sont plus de 700 aujourd’hui!", argue Raphaël Pollet, le porteur des projets locaux d’IRET. Ces logements de proximité seront d’ailleurs proposés à la location, IRET se positionnant également comme un investisseur-gestionnaire dans le secteur du logement de Charleroi Ville Basse avec l’objectif d’atteindre sous peu un parc sous gestion de minimum 200 logements.

Quatre nouveaux projets signés Rive Gauche

Quatre nouveaux projets sont actuellement sur le point de réanimer quatre îlots urbains moribonds dans le périmètre du centre commercial. Tout d’abord, l’Espace St Antoine, qui comprend 1.000 m² de services et commerces et 24 logements de petite taille. La demande de permis, déclarée complète a été introduite et devrait aboutir pour le printemps prochain. 18 mois de chantier sont prévus.

Le projet Passage du Phénix comprend, lui, 1.000 m² de services et commerces et 38 logements de taille moyenne. Le permis devrait être délivré pour l’été 2018.

Le Coliseum offrira 2.000 m² de surfaces polyvalentes pour accueillir une école, un centre d’entreprise, des commerces ou une activité horeca de standing. ©rv doc

Coliseum, du nom de l’immeuble historique exceptionnel à réhabiliter, offrira pour sa part 2.000 m² de surfaces polyvalentes pour accueillir une école, un centre d’entreprise, des commerces ou une activité horeca de standing. "Nous sommes en recherche avancée pour dessiner le projet sur mesure avec un occupant final. Dès qu’il sera définitif, il faut compter 14 mois de délai avant ouverture", détaille Raphaël Pollet.

Un refus qui fait tache 

A quelques heures de l’ouverture, au Palais des Beaux-Arts, du 4e Forum immobilier de Charleroi et du Sud-Hainaut, on apprend que la demande de permis introduite sur l’ancien site InterBéton a été recalée par le fonctionnaire délégué régional, Raphaël Stokis. 

Il s'agit d'un projet de taille intégré dans le volet prioritaire du "Left Side Business Park" et porté par un investisseur d’origine israélienne.

L'architecte, Leo Van Broeck (Bogdan & Van Broeck Architects), par ailleurs Bouwmeester flamand, affirme ne pas avoir été averti de ce refus. "Je suis étonné. Nous avons rencontré le fonctionnaire délégué à plusieurs reprises pour lui présenter le projet et il n’a jamais marqué son désaccord."

Du côté de la Ville de Charleroi, Ornella Cencig, l’échevin de l’Urbanisme et du Logement, se dit surtout surprise par les motifs du refus. "Si les porteurs du projet introduisent un recours contre la décision du fonctionnaire délégué, nous serons derrière eux!".

Enfin, la Résidence Rimbaud développera 40 appartements de grande taille, avec prépondérance de logements de 2 et 3 chambres. Le gros œuvre est déjà achevé; les finitions seront terminées fin 2017. "La commercialisation – à la location uniquement- débutera dès janvier 2018 et les réservations sont déjà ouvertes", précise le gestionnaire.

Qui c’est celui-là?

Celui qui se cache derrière tous ces projets est un Anversois du nom d’Eric De Vocht, qui figure parmi les "Rijkste Belgen". Aussi discret qu’il pèse lourd dans le segment de la promotion immobilière en Belgique, il fuit les médias comme la gale même si sa société a aujourd’hui pignon sur rue dans la plupart des villes du pays. Après dix ans d’existence sous la bannière IRET, elle affiche plus d’un million de m² déjà construits (notamment sous la faîtière Robelco avec son ancien partenaire Jan Lisman) et dispose pour l’instant d’un pipeline de 400.000 m², tous types de développements compris.

Parmi les sites emblématiques signés De Vocht, on trouve notamment le Leopold Village (hotel aloft et environs), l’Airport Plaza, les sites anversois de Kievitplein, PostX Berchem et, 25% de Tour & Taxis Project SA, revendus à Extensa (AvH) fin 2015.

A Charleroi, IRET a désormais le pied bien dans la porte: après avoir largement financé et sué sang et eau pour aboutir - au terme d’une gestation de plus de dix ans - le projet Rive Gauche avec le succès commercial qu’on connaît, il a poursuivi sur sa lancée, dans le même quartier urbain sinistré, avec quatre autres développements de moindre importance. A tel point que le label Rive Gauche est désormais la marque qui porte les projets à moyen et long terme. C’est Raphaël Pollet qui gère aujourd’hui les intérêts du promoteur anversois en bord de Sambre. Un promoteur dont la société en commandite par actions, Inter Real Estate Trusty, dispose des moyens nécessaires pour multiplier les prises de position: elle affiche aujourd’hui un capital social de plus de 100 millions d’euros et un actif total de près de 350 millions d’euros.

©Charleroi Leftside

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