Accord préliminaire pour le rachat de British Steel par un fonds turc

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Le fonds de pension de l'armée turque Oyak a annoncé vendredi avoir conclu un accord préliminaire pour le rachat du sidérurgiste British Steel, contraint à la faillite en mai.

Nous avons signé un accord préliminaire pour acheter le géant industriel du Royaume-Uni, British Steel.
Süleyman Savas Erdem
Directeur général d'Oyak

"Nous avons (...) signé un accord préliminaire pour acheter le géant industriel du Royaume-Uni, British Steel", a annoncé dans un communiqué le directeur général d'Oyak, Süleyman Savas Erdem, un fonds de pension militaire turque. Le groupe turc s'entretiendra donc en exclusivité avec British Steel et espère conclure le rachat d'ici la fin de l'année.

Pendant ce temps, British Steel devrait continuer à servir ses clients.

"C'est un pas important pour assurer un futur à l'entreprise", a déclaré Andrea Leadsom, secrétaire d'Etat britannique aux affaires, à l'énergie et à la stratégie industrielle.

Le sidérurgiste britannique avait été contraint à la faillite en mai, laissant dans l'incertitude quelque 25.000 salariés (5.000 emplois directs et 20.000 indirects). Greybull Capital, qui avait racheté le sidérurgiste pour une livre sterling à Tata Steel il y a 3 ans, n'avait pas réussi à assurer le financement nécessaire à la poursuite des opérations de British Steel.

Parmi les sites dont il dispose au Royaume-Uni, British Steel entretient un complexe sidérurgique géant à Scunthorpe dans le nord-est de l'Angleterre.

La société a mis ses difficultés financières sur le compte du Brexit, dont les incertitudes plombent la demande en acier de ses clients européens.

Oyak a été créé en 1961, un an après un coup d'Etat militaire. Les actifs du groupe s'élevaient à 19,3 milliards de dollars en 2018. C'est via sa filiale Ataer Holding qu'Oyak veut racheter British Steel. Une filiale qui est, depuis 2006, le principal actionnaire du groupe sidérurgique turc Erdemir, dont la privatisation était un élément-clé du programme de relance économique soutenu par le Fonds monétaire international à l'époque.
Oyak a connu quelques controverses, comme lors des grèves entreprises en 2015 par les salariés de l'usine Oyak-Renault -- une coentreprise fondée par le constructeur tricolore avec le fonds de pension de l'armée turque-- de Bursa (nord-ouest de la Turquie) pour des hausses salariales. Ou lorsqu'en 2012 son ancien président, Yildirim Turker, un général à la retraite, a été arrêté pour des liens avec le coup d'État militaire postmoderne de 1997.

 

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