ArcelorMittal renonce à Ilva mais Rome le relance

ArcelorMittal ©AFP

L’enjeu n’est pas mince, puisque Ilva compte plus de 10.700 salariés.

Renoncera, renoncera pas? Le géant de la sidérurgie ArcelorMittal a annoncé, lundi, qu’il annulait le rachat de l’aciériste italien Ilva suite au retrait, par le Parlement italien, d’une protection pénale en matière d’environnement. Le Parti démocrate, une des deux formations de la coalition au pouvoir à Rome, a ensuite proposé, mardi, de rendre au groupe basé à Luxembourg cette protection. Le suspense se poursuit.

"Il n’est pas possible d’exploiter cette usine sans cette protection."
Lucia Morselli
directrice ArcelorMittal Italie

L’enjeu n’est pas mince, puisque Ilva compte 10.700 salariés, dont 8.200 à son siège à Tarente, dans les Pouilles, plus des milliers d’emplois indirects dans cette région sévèrement touchée par le chômage. ArcelorMittal avait signé, voici un an, le projet de rachat du sidérurgiste italien. Il avait alors fait inscrire une clause dans le contrat, qui prévoyait un droit de retrait de l’acquéreur au cas où une nouvelle législation viendrait affecter le plan de remise aux normes environnementales prévu pour le site. Il faut savoir que celui-ci figure parmi les plus pollués d’Europe et qu’un procès en cours en Italie fait état d’évaluations d’experts selon lesquelles 7.500 décès intervenus entre 2004 et 2010 auraient été causés par des maladies imputables aux émissions toxiques des hauts fourneaux d’Ilva.

Mais la vente par ArcelorMittal de sept de ses aciéries en Europe, ainsi que de ses unités liégeoises de fer-blanc (Tilleur) et de galvanisation (Flémalle) à Liberty Group ne sera pas remise en question, a dit le sidérurgiste. Il avait vendu ces filiales au groupe créé par Sanjeev Gupta pour remplir les conditions mises par la Commission européenne au rachat d’Ilva.

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