ArcelorMittal va investir 133 millions et engager 110 personnes en 2017

©Thierry du Bois

Le budget sera consacré à l’efficacité environnementale, le progrès continu et l’innovation. 80% du budget ira à Gand et 20% à Liège. Le groupe cherche des profils spécifiques liés à la maintenance.

CEO d’ArcelorMittal Gand-Liège depuis un an, le Français Matthieu Jehl (40 ans) nous a accordé un long entretien dans lequel il dévoile les projets du premier producteur mondial de l’acier pour le cluster belge.

D’après lui, les outils belges ont encore leur place dans le dispositif d’ArcelorMittal, mais aucune garantie ne peut être donnée quant à leur pérennité. "En industrie, il n’y a jamais rien de garanti. Tout site qui travaille pour améliorer sa compétitivité et sa productivité travaille en même temps sur sa pérennité. On est dans un marché très concurrentiel et très compétitif. Si on veut avoir une activité durable sur le long terme, il faut accepter les défis que nous impose ce marché. Cela signifie qu’il faut en permanence se remettre en cause, mais d’une manière positive, c’est-à-dire via le progrès continu et l’excellence opérationnelle. Il faut se demander comment on peut encore avancer. Ça fait 12-13 ans que je travaille dans l’industrie et il y a une chose dont je suis convaincu c’est que le progrès continu n’a pas de limite", nous a-t-il confié.

L’homme connaît bien les outils belges d’ArcelorMittal. Il a été dépêché chez nous comme chef de projet chez Aperam et depuis, il n’a pratiquement plus quitté le plat pays. Il désertera le pays en 2011 pour prendre la direction l’usine d’ArcelorMittal en Allemagne (ex-Eko Stahl) pendant trois ans avant d’y revenir comme CEO du site de Gand (ex-Sidmar) en 2014.

Désormais, il pilote l’entité liégeoise et celle de Gand regroupée dans le cluster ArcelorMittal Gand-Liège. "Mettre les deux usines ensemble nous a permis de gagner en efficacité vis-à-vis du service client, vis-à-vis de la qualité, mais également d’acquérir des automatismes industriels positifs. Pour 2017, nous avons un budget d’investissement de 133 millions réparti proportionnellement en fonction de la taille des outils à Gand et à Liège, soit environ 80% pour Gand et 20% à Liège", précise Matthieu Jehl.

Production en hausse

Cette enveloppe sera affectée à trois postes. Elle sera en partie consacrée à réduire encore davantage l’impact environnemental de l’activité, principalement à Gand, pour améliorer la qualité de l’air. "Il y a un autre pilier qui est celui du progrès continu et un troisième qui concerne l’innovation avec le développement de nouveaux produits", dit-il.

Ingénieur de l’École nationale des Ponts et Chaussées et titulaire d’un master en économie, l’homme sait de quoi il parle. Les investissements iront de pair avec l’engagement de nouveaux membres du personnel. Le groupe prévoit de recruter "une grosse dizaine de personnes" pour le site liégeois et "au-delà d’une centaine de personnes" pour Gand. Il ne sera pas vraiment question d’une augmentation des effectifs car le phénomène d’attrition naturelle devrait jouer. "C’est plutôt une stabilisation des effectifs par rapport à ce que l’on a aujourd’hui. Nous recherchons des profils très spécialisés notamment en matière de maintenance mécanique et maintenance électrique. À partir du moment où vous voulez travailler sur votre pérennité, vous avez besoin de certains profils", souligne Matthieu Jehl.

Actuellement, ArcelorMittal occupe en interne un peu plus de 1.100 personnes à Liège et à environ 4.600 travailleurs à Gand. La part du budget d’investissement qui sera affectée aux outils liégeois viendra s’ajouter aux 138 millions dégagés dans le cadre d’un accord global signé en 2012 à la suite de la fermeture du chaud de Liège. Gand et Liège ont expédié un total de 6,66 millions de tonnes d’acier en 2016 et l’objectif est de livrer au moins 6,72 millions de tonnes en 2017.

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