Avec la Sogepa, Hamon sécurise (un peu) son plan financier

Recentré sur des contrats de plus petite taille, Hamon espère voir le bout du tunnel. ©Nima Ferdowsi

La Sogepa a racheté pour 10 millions d’obligations de Hamon. "Une étape importante", à la veille d’une assemblée générale des obligataires. La société doit renégocier l’échéance de son obligation et son rendement.

La Sogepa a réussi son opération d’achat d’obligations émises par le groupe d’ingénierie wallon Hamon . Pour rappel, cette offre visait à acquérir partiellement l’emprunt obligataire de 55 millions d’euros échéant en janvier 2020 pour un montant cumulé maximum de 10 millions d’euros (intérêts compris), à un prix n’excédant pas 50.000 euros par titre, intérêts courus compris. Tout cela, à condition que le nombre de titres apportés dans le cadre de l’offre s’élevait au moins à 185. La Sogepa en a acquis 213.

La Sogepa a l’intention d’exercer les droits de vote ainsi obtenus à l’assemblée générale des obligataires qui aura lieu le 2 août 2019. Après cette opération, la Sogepa détient plus de 35% des droits de vote. "C’est une étape importante dans notre restructuration financière, qui nous permet de voir l’avenir avec plus de sérénité", précise Bernard Goblet, CEO de Hamon.

Processus de restructuration

Embarqué dans une profonde restructuration opérationnelle et financière, le groupe Hamon a convoqué une assemblée générale de ses créanciers obligataires pour leur demander d’accepter un allongement de 5 ans de la maturité de l’emprunt venant à échéance en janvier 2020 et une diminution de 40% des remboursements et du coupon annuel.

C'est une étape importante dans notre restructuration financière, qui nous permet de voir l'avenir avec plus de sérénité.
Bernard Goblet
CEO de Hamon

Hamon a déjà obtenu l’accord de ses banques pour un projet de refinancement et de renforcement de ses fonds propres, qui intervient après une série d’autres étapes, comme la focalisation sur son core business (ingénierie des systèmes de refroidissement d’eau, de contrôle de qualité d’air et de récupération de chaleur destinés aux clients industriels) ou sur des projets de plus petite taille. Le rachat d’obligations par la Sogepa fait partie de ce plan de refinancement.

Mais, si le plan de refinancement n’est pas approuvé par l’ensemble des obligataires, cela pourrait être la fin pour les activités de l’entreprise, puisque l’accord conclu avec les banques pour prolonger le financement serait caduc.

Retour au marché  en 2023-2024

Bernard Goblet se veut cependant optimiste. "Le rééquilibrage de notre structure financière et une nouvelles échéance portée à 2025 nous permettront de retrouver des contrats à moyen terme. Même de plus petite taille, nos clients sont évidemment très attentifs à notre pérennité financière pour des contrats qui courent souvent sur deux ou trois ans", précise-t-il.

Cette restructuration permettra aussi au groupe de revenir vers les marchés avec un nouveau produit financier à l’horizon 2023-24. "Actuellement, c’était impossible, nous sommes encore trop fragiles", explique encore Goblet.

L’assemblée | Trois conditions sine qua non

Les détenteurs d’obligations émises par Hamon le 30 janvier 2014 seront invités, le 2 août, à approuver trois mesures:

  • L’extension de la date d’échéance des obligations au 30 janvier 2025.
  • La réduction du montant dû à l’échéance à 60% de la valeur nominale spécifiée des obligations.
  • La réduction du taux d’intérêt de celles-ci à 3,3% brut par an à partir du 30 janvier 2020.

L’accord des obligataires est vital pour le groupe. À défaut, l’accord des banques de prolonger le financement prendra fin, ce qui menacerait la pérennité de la société.

Pour que l’assemblée du 2 août soit en mesure de délibérer, il faudra qu’au moins deux détenteurs d’obligations représentant au moins trois quarts du montant des titres en circulation soient présents. Si cette condition n’est pas remplie, une deuxième assemblée sera convoquée.

L’éventuelle deuxième assemblée devra réunir au moins deux détenteurs représentant au moins un quart du montant des titres existants.

Pour que les propositions de modifications soient admises, il faudra qu’elles soient approuvées dans leur ensemble par une majorité représentant les trois quarts au moins du montant des obligations pour lesquelles il est pris part au vote.

La Sogepa ayant acquis 35% des droits de vote liés aux obligations, et son vote étant a priori acquis, le suspense se portera sur les 65 autres pourcents. S’ils sont en nombre pour délibérer dès le 2 août, dans l’hypothèse où ils viendraient tous, il faudrait donc que près des deux tiers d’entre eux valident les points à l’ordre du jour (40 des 65%).

 

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