Bientôt la fin du calvaire pour l'action Umicore?

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En l’espace de cinq semaines, l’action Umicore a dévissé de 39%. Elle redresse la tête ce vendredi. Le groupe a annoncé le rachat des activités de raffinage de cobalt du plus gros acteur européen.

Umicore vient de vivre un mois désastreux en Bourse. Depuis son avertissement sur résultat lancé le 23 avril le titre a dégringolé de 39% à 26,8 euros. Et les analystes furent nombreux à réviser à la baisse leur objectif de cours sur la valeur. Récemment, Barclays est passé de 37 euros à 25 euros "("vendre") et ABN Amro de 46 euros à 30 euros ("conserver").

Le 12 mai dernier, Thomas Leysen, le président du conseil d’administration d’Umicore a bien tenté de rassurer les investisseurs en affirmant qu’il n’y avait aucune raison de paniquer. Sans grand succès. "J’ai toute confiance dans la capacité d’Umicore à continuer à bien se développer au cours des 4 à 5 prochaines années. Parce que nous réalisons ce qu’il faut à cette fin" assurait-il.

Rappelons que, dans son "profit warning", le spécialiste de la technologie des matériaux, très présent dans le secteur des batteries pour véhicules électriques, se justifiait en évoquant une forte diminution de la demande de ce type de véhicules en Chine. Pour 2019, il table désormais sur un Ebit récurrent compris entre 475 millions et 525 millions d’euros alors que le marché attendait un chiffre de 557 millions d’euros.

Les analystes positifs

L’annonce, ce vendredi, de l’acquisition des activités de raffinage de cobalt et de fabrication de précurseurs pour cathodes de Freeport Cobalt pour 150 millions de dollars a été accueillie positivement.

Nous suspectons que le sentiment va rester négatif envers l'action en raison, notamment, de la concurrence qui accroît ses capacités.
Kepler Cheuvreux

Les analystes financiers saluent cette opération qui fait sens d’un point de vue stratégique. "Umicore étend davantage sa chaîne d’approvisionnement en verrouillant la source des matériaux bruts et ses capacités de traitement dans un contexte de raréfaction de ces matériaux" souligne Stijn Demeester d’ING ("acheter"; 41 euros). Il estime que cet achat pourrait apporter au moins 20 millions d’euros, soit 3% de l’Ebit récurrent du groupe en 2021.

Nathalie Debruyne de Degroof Petercam table plutôt sur un chiffre compris entre 15 et 20 millions d’euros. "Cela reste petit en comparaison avec la taille future du segment des batteries qui devrait atteindre un Ebit de 550 millions d’euros lorsque toutes les capacités tourneront à plein" relativise l’analyste. Elle maintient sa recommandation d’achat et son objectif de cours à 43 euros car elle estime que les craintes qui ont secoué le marché sont exagérées.

Le sentiment va rester négatif

Chez Kepler Cheuvreux ("conserver" ; 37 euros) on reconnaît que, vu le potentiel de croissance à long terme lié à la vogue croissante des véhicules électriques, le titre est intéressant à ses niveaux actuels. "Mais nous suspectons que le sentiment va rester négatif pour l’instant en raison notamment de la concurrence qui accroît ses capacités."

Wim Hoste de KBC Securities, qui est l’un des analystes les plus optimistes sur le titre avec celui d’Equita SIM, reste confiant. "A son niveau de valorisation actuel, nous accorderions à Umicore le bénéfice du doute sur le caractère temporaire des éléments négatifs qui touchent les composants des batteries." Il réitère son avis à "accumuler" et son objectif de cours de 45 euros.

Plus globalement, sur l'ensemble des analystes qui suivent la valeur, 10 conseillent de l'acheter, 10 autres de la conserver et 2 de la vendre. L'objectif de cours moyen s'élève à 36,7 euros.

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