"D'ici 3 à 5 ans, Bekaert ne produira plus en Belgique", craignent les syndicats

©Bekaert

Les syndicats rencontrent ce jeudi la direction de Bekaert. Au programme: le plan de restructuration qui vise la suppression de 250 emplois en Belgique. À terme, les syndicats craignent l'arrêt de la production dans notre pays.

"Nous sommes curieux de savoir ce que Matthew Taylor (CEO de Bekaert , NDLR) va nous raconter", lance d'emblée Piet Decavele, secrétaire du syndicat chrétien, ACV Metea. "Depuis l'annonce en mars sur la fermeture de l'usine de Moen et les 250 pertes d'emplois à Ingelmunster, Deerlijk en Zwevegem, nous ne l'avons pas encore rencontré."

Les discussions se sont en effet jusqu'à présent effectuées avec d'autres membres de la direction. "Va-t-il monter le ton parce que les ouvriers de Moen ont mis l'usine à l'arrêt? va-t-il faire une proposition pour débloquer les négociations sociales? Nous n'en savons rien. Le véritable lancement des négociations est prévu la semaine prochaine."   

Le syndicaliste regrette le peu de considération du dirigeant pour les quelque 70 salariés de l'usine de Moen. L'usine étant à l'arrêt, quasiment plus aucun produit Dramix - fibres métalliques pour le renforcement des bétons - n'est sorti de production. Taylor espérait pourtant maintenir Moen en activité jusqu'à la fin de cette année avant de transférer l'activité dans l'usine tchèque. Dans les autres sites, un élan de solidarité s'est organisé avec les salariés de Moen. La production est toujours en cours, mais à un rythme ralenti. 

L'avenir belge en suspens

"Taylor a sous-estimé la férocité de la réaction des travailleurs. La plupart d'entre eux pensent que cette annonce de restructuration sera la dernière page écrite en Belgique pour la production de Bekaert. Moen a beau être l'usine la plus rentable en Belgique, elle sera fermée. Nombre de salariés craignent que d'autres fermetures suivent et que d'ici 3 à 5 ans, Bekaert ne produira plus en Belgique." 

Nombre de salariés craignent que d'autres fermetures suivront et que d'ici 3 à 5 ans, Bekaert ne produira plus en Belgique.
Piet Decavele
secrétaire du syndicat chrétien ACV Metea

Les syndicats s'inquiètent aussi de l'avenir de l'ancrage belge quand on voit la volonté de la direction de supprimer 106 emplois dans le centre de recherches de Deerlijk. "La moitié des emplois du centre technologique est supprimée, car les recherches sur de nouvelles lignes de production vont être décentralisées", explique Karel Hoorelbeke (LBC). "Zwevegem devient un grain de sable sur la scène multinationale de Bekaert. Le lien de la direction avec notre pays a été réduit à zéro", ajoute Decavele. "Avant nous avions Buysse et De Greve. Maintenant notre CEO est britannique, le président est suédois et le directeur du personnel est indien."

Avant nous avions Buysse et De Greve. Maintenant notre CEO est britannique, le président est suédois et le directeur du personnel est indien.
Piet Decavele
secrétaire du syndicat chrétien ACV Metea

Le tréfileur compte 30.000 salariés - dont 1.900 en Belgique - et est désormais actif dans 50 pays. L'an dernier, il affichait un chiffre d'affaires de 5 milliards d'euros, un résultat opérationnel de 210 millions et un bénéfice de 40 millions.   

Dans nos frontières, Bekaert compte 6 sites de production.

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