interview

"Durobor vivra dans une nouvelle usine et avec un four moderne d'ici 18 mois"

©Dieter Telemans

Sans Herman Green, 220 travailleurs de Durobor se seraient retrouvés à la rue. Son projet doit finalement sauver 150 emplois à court terme.

À Soignies, il est le sauveur. Les tractations avec les syndicats ont pris du temps et ont parfois été tendues. Sans Herman Green, 220 travailleurs de Durobor se seraient retrouvés à la rue. Son projet doit finalement sauver 150 emplois à court terme. Avant la création et l’ouverture d’une nouvelle usine, de nouvelles chaînes de production. Car Herman Green voit grand. Qui est donc ce Néerlandais qui croit dur comme… verre en Durobor? L’Echo l’a rencontré.

La nouvelle Durobor est aujourd’hui sur les rails. Quels sont les premiers défis auxquels vous avez dû faire face?

©Dieter Telemans

Notre redémarrage s’est opéré au début des congés annuels et donc, cela n’a pas été simple. Pour permettre la relance du four mais aussi des lignes de décoration de verre, j’ai finalement remis au travail 150 opérateurs. Pour soutenir le rythme, notamment à l’emballage, quelques étudiants sont à pied d’œuvre, recrutés prioritairement au sein des familles de Durobor. Le four tourne actuellement avec une seule ligne de production de verre type timbale avec, selon les périodes, entre une et trois lignes de décoration.

Et ?

Notre carnet de commandes est plein grâce à la loyauté des clients que nous tentons de satisfaire dans les meilleurs délais vu les retards accumulés dans les 2-3 trois derniers mois difficiles avant la faillite.

Quels sont les concours financiers disponibles pour arriver, selon votre souhait, à l’équilibre au terme du premier exercice de 18 mois?

Le premier exercice de Durobor Glassware se clôturera le 31 décembre 2018. Nous mettons tout en place, avec notamment une chasse aux coûts dans tous les départements, pour boucler cet exercice à l’équilibre. Nous disposons d’un capital de 6 millions d’euros pour orchestrer ce redressement. Je détiens 52,48%. Le solde étant aux mains de Sogepa. À cela s’ajoutent un prêt de Sogepa de 3 millions et une ligne de crédit de la BNP de 18 millions euros.

Quelle est votre intention sur le plan commercial?

Aujourd’hui, 70% du chiffre d’affaires de la gobeleterie se réalisent avec des grossistes ou distributeurs, belges et étrangers, directement connectés sur Durobor. Le solde se fait avec les commerces de détail et les "brand owners" comme les brasseries, l’horeca, etc. Mon objectif est de faire croître rapidement ces 30% en récupérant tout ce qui a été, au fil du temps, perdu par mes prédécesseurs dans ce secteur. Notre priorité est le marché intérieur mais aussi les pays ouest-européens, soit le marché naturel de Durobor.

Durobor peut se distinguer?

©BELGAIMAGE

Nous introduirons également dans la nouvelle usine une ligne dédiée à la fabrication de verre pressé, notamment pour le segment des verrines. Ce mix commercial, avec renforcement de l’axe B2B, nous redonnera une position plus forte en Belgique. Nos verres de niche se distinguent par le design et l’innovation, et c’est ce qui constitue l’ADN de Durobor.

Le grand projet, c’est la construction d’une nouvelle usine. Où en êtes-vous?

Nous disposons d’un plan général du futur site de production. Ce projet exige un terrain de 6 hectares – pour la production, la décoration et le stockage – que nous recherchons toujours. Six localisations potentielles ont été identifiées par l’ intercommunale de développement Idea dans un périmètre de maximum 15 kilomètres autour de Soignies. Nous avons commencé les visites. Le budget total – comprenant le terrain, l’immobilier et l’équipement – oscille entre 30 et 35 millions. Nous voulons un four unique de 80 tonnes/jour (contre 105 tonnes aujourd’hui, NDLR), 4 lignes de production (verre à pied, verre pressé et 2 lignes de timbales) et 4 lignes de décoration.

Comment financerez-vous ce projet?

©Dieter Telemans

L’acquisition du terrain et la construction du hall seront à charge de Sogepa. Durobor Glassware assurant le coût des équipements. Une fois construit, le site sera donc pris en location par Durobor Glassware. Ma ferme intention est de débuter l’activité dans la nouvelle usine au 1er janvier 2019 et d’atteindre alors la vitesse de croisière.

Qu’est-ce qui vous fait croire que ce projet-ci peut être une réussite, après les derniers échecs qu’a connus l’entreprise?

D’ici un an et demi, Durobor vivra dans une nouvelle usine avec un four et des équipements quasi neufs, qui autoriseront, pour nos opérateurs, une très grande flexibilité et une vraie polyvalence.

Nous allons aussi recentrer la gobeleterie sur son ADN. Durobor, grâce à la compétence de ses travailleurs, s’est construite une réputation dans le monde entier pour l’originalité de son design et sa capacité d’innovation dans les produits. Nous resterons, résolument, sur des plus petites séries. Dans des marchés de niche, avec des produits à plus haute valeur ajoutée qui nous assureront une meilleure rentabilité. Nous pensons pouvoir réussir en combinant ces trois facteurs.

©Dieter Telemans

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