La FGTB incendie Liberty

La FGTB mouille également le ministre wallon de l'Economie Willy Borsus (MR) qui serait en mal de réponse de la part du groupe industriel indien concernant ses intentions à Liège. ©BELGA

Le repreneur des actifs liégeois d'Arcelor tarde à concrétiser ses promesses d'investissements, avertit la FGTB, qui craint un manque de liquidités.

Fin septembre 2019, Sanjeev Gupta, le patron indien de Liberty Steel, était à Liège pour la reprise officielle d'actifs d'ArcelorMittal. Pour l'occasion, il promettait pour 100 millions d'investissements dans le bassin mosan, dans la foulée d'un plan stratégique ambitieux à 100 jours. Mais depuis, les jours se succèdent et pas de plan. La crise du coronavirus est passée par là et a ralenti sinon arrêté les activités sidérurgiques. De quoi mettre à mal le plus prudent des plans stratégiques. 

La patience de la FGTB Métal atteint ses limites. Dans un communiqué dont elle est coutumière, l'organisation syndicale fait part d'une "inquiétude grandissante sur les bords de Meuse" où Liberty emploie 800 emplois directs. La FGTB craignait "le coup fourré" lors de la reprise par Liberty des actifs dont Arcelor devait se débarrasser. Aujourd'hui, à cause de litiges avec Arcelor sur l'accord de transfert d'actifs et la crise sanitaire, la FGTB redoute que Liberty soit à court de liquidités. 

"Liberty Steel a clairement exprimé ses intentions à long terme à l'égard du site de Liberty Liège en février lorsqu'il a annoncé un investissement de 100 millions d'euros pour transformer Liberty Liège-Dudelange en un fournisseur européen compétitif", (ré)affirme Liberty. Avec le rachat, il y a près de deux ans, de deux tiers des actifs de Mittal dans le bassin liégeois (deux lignes de galvanisation à Flémalle et le site de production de fer-blanc à Tilleur), l’usine de Dudelange et d’autres intérêts en Roumanie, en République tchèque et en Italie, Liberty est devenu le troisième producteur d’acier en Europe.

Toujours est-il que les 100 millions promis, les usines reprises par Liberty Steel ne les ont pas encore vus. L'investissement devait notamment servir à développer un outil de recyclage de l'acier très innovant. En septembre dernier, Sanjeev Gupta invitait le public à participer à cet investissement. Mais rien n'a bougé depuis lors. Liberty aurait demandé une intervention de la Sogepa, affirme la FGTB. L'outil financier wallon d'aide aux entreprises en difficultés tempère. Il n'est pas question d'intervention officielle, ni même d'une demande formelle. Par contre, on laisse entendre des pourparlers encore très préliminaires. "Nous restons engagés dans le développement de l'usine et nous nous réjouissons de poursuivre nos discussions avec la Sogepa pour atteindre cet objectif", précise officiellement Liberty. 

La Sogepa précise que le choix de Liberty n'était pas le sien ni celui du gouvernement wallon, mais celui d'ArcelorMittal validé par la Commission européenne.

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