Le mariage avorté de Thyssenkrupp et Tata Steel salué par les marchés

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Face aux exigences de la Commission européenne, Thyssenkrupp et Tata Steel rejettent leur projet "de fusion des activités de sidérurgie en Europe". Selon le groupe allemand vendredi, l'idée de scinder le conglomérat en deux entités distinctes est aussi morte et enterrée. L'action de l'Allemand bondissait.

C'est confirmé. Thyssenkrupp renonce à son projet de mariage avec l'Indien Tata. Le géant allemand de l'acier se refuse en effet à opérer davantage de concessions pour répondre aux exigences de l'autorité européenne de la concurrence. 

"Après une conversation, ce jour avec la Commission européenne", Thyssen et Tata Steel "s'attendent" à ce que le gendarme européen de la concurrence "n'autorise pas" la réunion de leurs activités sidérurgiques en Europe, lit-on dans un communiqué du groupe allemand. Selon les deux acteurs, des concessions supplémentaires affecteraient "les synergies attendues de la fusion au point d'en compromettre la pertinence économique".

Avec la fusion désormais enterrée, Thyssenkrupp abandonne aussi son projet de scission en un groupe "Industrie" regroupant l'ingénierie et une partie "Matériaux" pour l'acier et les chantiers navals. Selon trois sources, il semblait que le président du directoire, Guido Kerkhoff, n’était guère favorable à une scission. Selon lui, la baisse de la valorisation boursière du groupe aurait rendu une "structure de participations croisées impraticable".

En remplacement, l'Allemagne vise une introduction en Bourse de sa division "Ascenseurs", activité "très rentable".

Ces annonces ont boosté le cours de l'action de Thyssenkrupp qui prenait plus de 10% à la mi-journée sur le marché francfortois.

Le groupe a par ailleurs profité de l'occasion pour revoir ses attentes financières annuelles. Thyssenkrupp s'attend désormais à un résultat opérationnel (avant taxe) de la division "acier" compris entre 1,1 et 1,2 milliard d'euros. Le groupe devrait aussi s'enfoncer dans le rouge avec une perte nette.

6.000 postes à la trappe chez Thyssenkrupp

L'industriel allemand Thyssenkrupp supprimera 6.000 emplois dans le monde, dont près de 4.000 en Allemagne après l'échec de la fusion de ses activités de sidérurgie en Europe avec Tata. Thyssenkrupp prépare désormais un "nouveau programme" de restructuration, a indiqué le CEO du conglomérat allemand, Guido Kerkhoff,lors d'une conférence téléphonique. "Etant donné l'ampleur des suppressions de postes je ne peux pas exclure des licenciements", a ajouté le directeur du personnel, Oliver Burkhard. 

4.000 suppressions d'emplois, dont la moitié en Allemagne, étaient jusqu'ici prévues au sein de la nouvelle entité née de la fusion. Mais l'accord social négocié "n'est plus en vigueur" car celui-ci était suspendu à la fusion avec Tata, a précisé Guido Kerkhoff. 

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