Le sauvetage du haut fourneau 4 de Charleroi se joue ce mercredi

©Photo News

La Wallonie se dit prête à financer le sauvetage du HF4, situé à Charleroi. Il semblait pourtant condamné pour la ferraille... Sa valeur? Environ 4 millions d'euros.

Le sauvetage du HF4 se jouera probablement ce mercredi! Le HF4, c’est le haut fourneau de Charleroi. Propriété du groupe sidérurgique Duferco, l’outil situé sur le site de Carsid en bordure de la Sambre est en état de mort léthargique depuis 2012. Eteint comme son cousin liégeois d’Ougrée aussi dans l’attente d’un sauvetage, le HF4 carolo est devenu un symbole du riche passé industriel de Charleroi, au point que certains depuis 2013 rêvent de sauver cette trace importante du passé économique de la ville.

Le gouvernement wallon semble aujourd’hui prêt à débloquer des fonds pour racheter l’outil!

4 millions pour racheter l’outil

Duferco s’est jusqu’ici contenté de dire qu’il ne freinerait pas un sauvetage pour autant qu’un accord financier soit possible. Voué à la mitraille, le HF4 a une valeur estimée à plus ou moins 4 millions d’euros. Le sidérurgiste le redit aujourd’hui.

"Le groupe ne bloquera pas le projet si la Région wallonne veut reprendre le HF4 et si Duferco reçoit un dédommagement de 4 millions" (Duferco)

Après un premier refus du gouvernement wallon en août 2017 d’octroyer à la Ville de Charleroi un financement lui permettant de racheter l’outil et l’octroi d’un permis de démolition conditionné pour les installations industrielles désaffectées du site sidérurgique, le HF4 semblait condamné à finir à la ferraille.

La réunion qui doit se tenir à l’hôtel de ville de Charleroi ce mercredi entre les autorités de la ville et les représentants des cabinets des ministres de l’Economie et du Patrimoine relance le dossier. La Région wallonne devrait en effet expliquer aux responsables de la ville qu’elle est prête à financer (en partie ?) le rachat de l’outil.

Dans le cadre de son plan d’investissement lancé en janvier, le gouvernement MR-cdH a débloqué un budget de 4 millions d’euros pour valoriser le patrimoine industriel wallon. "Dans mon esprit, il paraît intéressant de maintenir la structure de ce haut fourneau dans la paysage carolo", estime René Collin (cdH), le ministre en charge du Patrimoine.

"La plupart des symboles du patrimoine industriel ont disparu. Maintenir la structure du haut fourneau est important. Ce serait préjudiciable à l’identité de la ville et son patrimoine de le détruire. Il faut garder cette structure et cette image comme symbole du paysage industriel de la région" (René Collin (cdH),  ministre en charge du Patrimoine)

La Région wallonne n’est cependant pas prête à signer un chèque en blanc à la ville de Charleroi. Elle attend des autorités communales ce mercredi des détails sur le projet de sauvetage. "La ville doit me faire part de ses ambitions autour de ce sauvetage", insiste le ministre Collin. Du côté des autorités de la ville, la discrétion est de mise avant la rencontre.

Totem urbain

Situé au cœur d’un site Seveso de plus de 104 hectares à dépolluer, le sauvetage du HF4 s’inscrit dans la reconversion de l’ensemble de la reconversion de la porte ouest de Charleroi dédié à de l’industrie légère. A l’image du Bois du Cazier, devenu un important lieu de mémoire et de visite, le comité de sauvetage du HF4 a travaillé sur trois scénarios dont les budgets varient entre 2 et 20 millions d’euros.

→ Le rapport préconise par exemple d’ouvrir le site au public en créant des parcours pédagogiques et un centre de visite en permettant "aux visiteurs d’accéder au cœur ainsi qu’au sommet des structures du haut fourneau par un chemin sécurisé". La conception d’un son et lumière autour du haut fourneau et des cheminées devrait en faire "un signal fort dans le paysage en les intégrant dans la ville". Un tel projet nécessiterait cependant de trouver 8 millions d’euros.

→ Un autre scénario inspiré sur ce qui a été fait à Belval au Luxembourg, est lui évalué à 20 millions. Il propose de développer notamment un quartier autour du haut fourneau. "Dans ce cas, le haut fourneau et ses périphériques seraient totalement sécurisés et rénovés pour en faire une sorte d’œuvre d’art, accessible au public et intégrée à l’architecture du nouveau quartier de vie en bord de Sambre."

→ Enfin, le troisième scénario semble le plus réaliste vu le contexte budgétaire. Il s’agit d’un sauvetage -"minimaliste"-, qui permet de "conserver les traces de l’industrie dans le paysage mais sans les rendre accessibles au public". Outre son coût, 2 millions d’euros, le projet a l’avantage de s’inscrire dans l’offre touristique développée par la ville autour des terrils.

Mais en attendant un choix définitif sur la réaffectation du site, Véronique Salvi (cdH), qui a présidé le groupe de sauvetage, plaide pour une mise sous cocon de l’outil:

"Le plus urgent est d’éviter le démantèlement par Duferco. Le HF4 doit être mis sous cocon le temps que le projet soit finalisé. Il est indispensable de maintenir les 3 cheminées, le HF4 et la passerelle."

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