Onze jours pour formaliser le plan de sauvetage de Durobor

Durobor Glassware doit financer un plan d’investissement de 16 millions. ©Anthony Dehez

Herman Green, l’homme d’affaires néerlandais qui a repris la gobeleterie il y a 18 mois, ne négocie plus avec une, mais avec plusieurs banques. Il vise désormais la date de son prochain conseil d’administration, le 18 février, pour formaliser le plan de sauvetage. Ballottés d’échéance en échéance, les syndicats doutent.

Le sort de la gobeleterie Durobor est toujours suspendu aux résultats des négociations avec la banque, mais il s’est produit ces derniers jours un changement significatif: alors que le propriétaire Herman Green discutait jusqu’ici avec sa banque habituelle, BNP Paribas Fortis, il s’est résolu à élargir le débat en prenant langue avec une ou plusieurs autres banques. "Nous ne nous concentrons plus sur une seule banque, mais en avons activé plusieurs", nous a indiqué Herman Green qui a ajouté que les discussions se déroulaient "de manière positive".

Du coup, les délais évoqués récemment semblent n’avoir plus cours. On avait évoqué le 31 juillet comme date couperet pour la réponse de la banque (BNPPF) à la demande de crédit de 10,5 millions d’euros formulée par la direction de Durobor, puis les premiers jours de février. Désormais, Herman Green s’est fixé une autre échéance: "Nous avons planifié un conseil d’administration pour le 18 février, a-t-il dit. Nous avons donc onze jours pour formaliser le plan de sauvetage."

Plan de sauvetage

"Nous ne nous concentrons plus sur une seule banque, mais en avons activé plusieurs."
Herman Green
repreneur de Durobor

La direction planche, pour rappel, sur un plan de réinvestissement de 16 millions d’euros qui comprend l’installation de trois nouvelles lignes de production ainsi que d’une quatrième, dédiée à la décoration des verres. Le plan de financement, qui inclut aussi un volet voué à l’effacement de 2 millions d’euros de dettes, s’appuie sur l’octroi d’un crédit bancaire de 10,5 millions et l’injection de capitaux frais à parité par les deux actionnaires pour le solde de 8 millions: la Sogepa (Région wallonne), qui détient 48% des parts de Durobor Glassware, et Herman Green qui via sa société Herman Green Invest en possède 52%. La Sogepa a déjà dit son accord de participer à concurrence de 4 millions au sauvetage de cette entreprise de 150 personnes, et Herman Green également, pour autant qu’ils obtiennent le feu vert du côté bancaire. Sans l’apport des banques, Green l’a dit aussi, ce serait la faillite. La énième pour la gobeleterie, dont les deux derniers dépôts de bilan remontent à 2012 (Durobor SA) et 2017 (Durobor Group).

Entre-temps, du côté des représentants du personnel, on trouve le temps long. "Les jours passent, les échéances aussi, et on ne voit rien venir", déplore Rico Zara, secrétaire régional au syndicat chrétien CSC. "L’an dernier, on nous avait dit que le dossier se débloquerait en septembre, puis en octobre, puis en décembre, puis à fin janvier 2019, renchérit Stéfano Fragapane, permanent FGTB. On n’a rien vu et on attend toujours."

Engagements relatifs

Si Herman Green, qui a repris l’entreprise avec l’aide de la Sogepa en juin 2017, tient un discours volontariste, on sent poindre dans le chef des représentants syndicaux un certain désabusement. "Depuis son arrivée, il n’a respecté aucun de ses engagements, regrette l’un d’eux. Il avait dit qu’il allait investir, il n’en a rien fait jusqu’ici, il avait déclaré qu’il bâtirait une nouvelle usine à fin 2018, il n’en a rien été."

Seul signe concret d’engagement de sa part, il a libéré avec la Sogepa la plus grande partie du capital social, soit 5,5 millions d’euros sur un total de 6 millions. Pour être précis, la Sogepa a entièrement libéré sa part (2,8 millions), tandis que Herman Invest n’a libéré la sienne qu’à 81%, ce qui signifie qu’il a limité son apport à 2,6 millions. Autrement dit, si le plan financier passe, il augmentera sensiblement son propre investissement. Inversement, si ses efforts n’aboutissent pas, le bilan social de ce premier trimestre 2019, déjà durement affecté par les annonces de licenciements collectifs chez NLMK et Proximus et la faillite d’Helio, s’alourdira encore un peu plus.

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