Un problème environnemental chez Durobor qui hypothèque la reprise?

©Dieter Telemans

Les discussions se poursuivent entre la Sogepa et les candidats à la reprise de Durobor. Toutefois, une nouvelle tuile apparaît: Durobor ne respectait pas les exigences environnementales de son permis d'exploitation.

Durobor va-t-il être repris? La question est toujours sur toutes les lèvres. Les contacts entre la Sogepa et les éventuels candidats se sont poursuivis tout au long du week-end et continuent ce lundi. Le temps presse. La Sogepa, bras financier de la Région wallonne et qui gère l'outil dans l'intervalle, a accepté le maintien du four en veille, mais affirme qu'il ne pourra pas le rester de façon indéfinie.

"Il est sincèrement beaucoup trop tôt pour annoncer un repreneur", indique-t-on à la Sogepa. "Le but est à ce stade de recevoir du candidat un projet industriel clair, notamment sur le volet financement. Ensuite, on procédera à un examen complet sur l'aspect compétitif et la transparence."

 La Sogepa insiste: "ce n'est que demain qu'on saura avec certitude s'il y a un ou deux projets."

Dans le chef des syndicats, c'est donc l'attente qui domine. "On attend des nouvelles de la Sogepa et des curateurs dans la journée", explique Stefano Fragapane de la FGTB.  

Candidats repreneurs

Un autre candidat repreneur serait en lice. Le nom du flamand Ayano a été évoqué. L'intérêt d'Ayano pour Durobor est toutefois démenti par le patron flamand.

Le nom de l'Allemand Ritzenhoff est aussi cité, sans autre confirmation.

Problème environnemental?

Si la Sogepa oeuvre actuellement à la reprise de la société dans son ensemble ou partiellement, certains s'interrogent sur la faisabilité de l'opération.

En effet, un PV du 8 janvier  2019, dressé par la DG Agriculture, Ressources naturelles et Environnement du Service public de Wallonie, dont nous avons pris connaissance, indique que Durobor ne respecte pas ses obligations en matière de lutte contre la pollution. "Durobor est recensée parmi l'une des entreprises les plus polluantes de Wallonie", nous confirme-t-on au SPW. "A cet effet, elle avait des exigences de suivi en matière de rejet des eaux usées et des émissions."

Un contrôle effectué en juin 2018 avait pointé le non-respect de ces obligations. La société, déclarée en faillite à l'été 2017, venait juste de changer de mains. Le contrôleur s'était donc limité à donner un avertissement et avait prolongé le délai de mise en conformité. Un nouveau contrôle, effectué en décembre 2018, avait dû acter que celle-ci n'avait pas eu lieu.

"C'est vraiment un ancien sujet", réagit-on dans le chef de la Sogepa. "En 2017, quand le gouvernement a validé l'investissement dans Durobor, il a expressément autorisé la poursuite de l'activité en connaissance de cause et moyennant le fait que le plan d'investissement doit prévoir le placement d'un filtre ad hoc, qui vaut un peu moins d'un million." 

Le SPW a informé les curateurs des manquements observés chez Durobor et attend des éventuels repreneurs la mise en place de ces mesures telle qu'exigée par le permis d'exploitation pour pouvoir redémarrer l'activité.

"Il est clair qu'il n'y aura pas de reprise sans régler cela, mais c'est bien connu et prévu si la reprise se fait", entend-on encore auprès de la Sogepa 

Contacté par nos soins, Herman Green qui représente les partenaires privés dans Durobor (Herman Green Invest) n'a souhaité faire aucun commentaire. 

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