Publicité
Publicité
interview

Axel Kühner, CEO de Greiner: "Nous sommes dans Recticel pour y rester"

Axel Kühner dirige le groupe autrichien Greiner depuis un peu plus de 12 ans déjà.

Malgré une première rencontre, Recticel et Greiner campent sur leur position. Le belge pointe un prix trop faible, l'autrichien la création de valeur. Les semaines à venir seront déterminantes.

L'objectif était simple ce lundi pour les deux partenaires d'antan: se parler, pour la première fois après l'acte posé par l'autrichien Greiner à la mi-mai que fut la signature d'un accord en vue du rachat des 27% détenus par Bois Sauvage dans Recticel , avant une offre sur le solde pour acquérir la majorité des parts du spécialiste belge des mousses flexibles et isolants.

Une demi-douzaine de personnes étaient présentes pour l'occasion dans les bureaux d'Allen & Overy, qui conseille Recticel. D'un côté de la table, Olivier Chapelle, CEO, avait fait le déplacement aux côtés de son président Johnny Thijs et de conseillers du cabinet d'avocats et de la banque d'affaires JP Morgan. De l'autre, le patron de Greiner, Axel Kühner, son directeur financier, ainsi que le secrétaire général du groupe autrichien leur faisaient face, épaulés d'un conseiller de BNP Paribas.

La réunion n'aura au final pas même duré une heure, nous revient-il. Et pour cause, Recticel n'aurait pas reçu d'explication détaillée quant au prix de 13,5 euros par action proposé par Greiner, ni quant aux projets du candidat acheteur. Pire pour Greiner, la société belge est même allée jusqu'à pointer du doigt par voie de communiqué dès le lendemain une offre qui "sous-évalue substantiellement la société et ne tient pas compte de la position et des intérêts légitimes de toutes les parties prenantes". Elle dit d'ailleurs désormais "activement examiner ses alternatives stratégiques, en ce compris une position de stand alone".

"On ne visait pas à signer un deal immédiatement, mais bien à embarquer dans une série de discussions futures."
Axel Kühner
CEO de Greiner

Qu'à cela ne tienne. De son côté, Axel Kühner parle d'une rencontre "très constructive" qui lui a permis de faire part des éléments qu'il voulait voir aborder. Alors, oui, il est vrai qu'il n'est pas venu avec un plan d'action clé sur porte dans sa mallette, mais c'est précisément, parce que "l'idée n'est pas d'imposer, mais bien de coopérer, de discuter et de collaborer en vue de créer le plus de valeur ensemble", nous a-t-il indiqué par téléphone.

"On ne visait pas à signer un deal immédiatement, mais bien à embarquer dans une série de discussions futures quant à la création d'un champion européen de classe mondiale. Et ce, parce que l'on croit fondamentalement dans l'activité des mousses flexibles, promises à un grand avenir".

Balle dans le camp de Recticel

À ce stade, Recticel n'aurait pas encore donné suite à cet appel du pied. À défaut de réunions ultérieurement planifiées à ce jour, seule une réponse serait attendue "dans un futur proche", évoque un Axel Kühner, qui dit "rester ouvert" d'ici là.

Avec quelles chances de succès? Le patron de Greiner se dit confiant. "On a longuement étudié les différents scénarios qui se présentent et il nous semble bien plus probable que nous puissions parvenir à obtenir une majorité des actions que non", avance-t-il. "Et ce, parce que l'on ne vise pas la totalité du capital. Nous cherchons à atteindre un seuil qui déboucherait pour les actionnaires restés à bord (d'une société qui resterait cotée, NDLR) sur une création de valeur immédiate dans le cadre de la vente d'une partie de leurs actions, de même que sur le long-terme de par les possibilités qui émaneraient du rapprochement de nos deux sociétés."

Ce qui, selon Axel Kühner, serait même suffisant pour convaincre jusqu'aux investisseurs institutionnels montés à bord du spécialiste belge à un prix inférieur à celui proposé désormais par Greiner. "Notre offre est attractive. Pour preuve, Bois Sauvage, plus important actionnaire de Recticel et qui connaît bien l'entreprise pour y être au capital de longue date, l'a jugée appropriée. Cela devrait dès lors être le cas pour d'autres", plaide-t-il.

"Nous sommes une société familiale de plus de 150 ans d'histoire. Tout ce qu'on fait, on le fait pour le long-terme."
Axel Kühner

Quid en cas d'échec? Le groupe autrichien pourrait-il se satisfaire d'une position minoritaire? "On est là pour rester, pas pour faire volte-face au moindre changement et vendre notre participation. Et ce, peu importe le prix. Nous sommes une société familiale de plus de 150 ans d'histoire. Tout ce qu'on fait, on le fait pour le long-terme. Dans la même idée, si jamais un chevalier blanc venait à débarquer, nous coexisterions de manière professionnelle".

Il est à noter enfin dans la partie de poker qui s'annonce que les actionnaires de Recticel, réunis en assemblée générale extraordinaire mardi - sans accès à la presse -, n'ont pas approuvé l'adoption d'un mécanisme permettant à l'entreprise de se prémunir contre une offre d'achat inamicale en augmentant son capital de quelque 20% - officiellement, en vue de réaliser "des acquisitions stratégiques". Et ce, assez logiquement, puisqu'une majorité de 75% était requise.

Le résumé

  • La cible et le candidat acheteur se sont reparlé pour la première fois lundi.
  • La discussion aurait tourné court, faute de détails quant aux intentions des Autrichiens.
  • Qui répondent que c'était justement l'idée de laisser de l'espace à la discussion.
  • Un positionnement de Recticel est attendu par Greiner "dans un futur proche".

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés