Burgo Ardennes obtient la valorisation de ses déchets de carbonate

©Burgo

Le gouvernement wallon requalifie le carbonate de calcium issu de la production de papier en "sous-produit" autorisant sa valorisation et son exportation.

L’objectif d’une usine de pâte à papier comme Burgo Ardennes n’est pas de produire du carbonate de calcium, mais le composé chimique entre directement dans la production de pâte. L'usine ardennaise, située près de Virton, produit chaque année près de 360.000 tonnes de pâte à partir du résidu de bois et 400.000 tonnes de papier.

Le carbonate de calcium est un des dérivés du procédé chimique qui permet la décomposition du bois en pâte. Lorsque le processus tourne correctement, le carbonate de calcium est transformé en chaux vive dans un four pour être réinjecté dans le processus de production, qui fonctionne donc en circuit fermé.

Mais si pour une raison déterminée ou indéterminée, le four à chaux doit être mis à l’arrêt, le carbonate de calcium s’accumule et ne peut plus être absorbé une fois la production relancée. Dans le cadre des arrêts du four à chaux, pour des raisons de maintenance ou en cas d’incidents techniques, le processus génère environ 12.000 tonnes de carbonate de calcium excédentaire par an.

"L’idée n’est pas d’en faire un business en soi mais plutôt de simplifier la chaîne logistique et l’élimination de ces résidus."
Giampiero Giliberto
Directeur général adjoint du site de Burgo Ardennes

"Ce carbonate excédentaire est assez limité. Une journée d’arrêt du four à chaux occasionnera la production de 700 tonnes de carbonate", note Giampiero Giliberto, directeur général adjoint du site de Burgo Ardennes à Virton. Selon les données fournies par Burgo à la Région wallonne dans sa demande de reconnaissance, 8600 tonnes proviennent du processus de maintenance et 3600 tonnes proviennent des arrêts inopinés.

Une première en Wallonie

Jusqu’ici, en Wallonie, ce résidu ne pouvait pas être valorisé. Il devait être envoyé vers un site de production en Flandres où il pouvait être valorisé, notamment dans la production de briques et de tuiles. Mais à la demande de Burgo Ardennes, le gouvernement wallon vient de reconnaître ce "déchet" comme un "sous-produit", ce qui autorise sa valorisation directe. Cette reconnaissance est d’ailleurs une première en Wallonie.

"Cela nous permettra notamment d’exporter nos surplus de production vers la France, où ils trouveront des débouchés dans l’épandage agricole notamment", précise Giliberto. Mais le directeur du site tempère. "Il est encore trop tôt pour valoriser exactement ce que cela peut rapporter. L’idée n’est pas d’en faire un business en soi mais plutôt de simplifier la chaîne logistique et l’élimination de ces résidus." Pour être exporté et valorisé, le carbonate devra encore satisfaire à des exigences de traçabilité notamment.

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