Ce qui chiffonne les analystes chez Umicore

Pour 2020, le groupe spécialisé dans la technologie des matériaux anticipe un ebit autour de 530 millions d'euros. ©Dries Luyten

Umicore a relevé ses prévisions d'ebit pour l'ensemble de l'année. Une annonce saluée en bourse, mais les analystes s'avouent un peu déçus. Voici pourquoi.

Après un trading update publié il y a un mois et demi à peine et qui s’est soldé par une douche froide en bourse, Umicore a pris tout le monde de court, lundi soir, en relevant ses prévisions pour 2020.

530 millions
euros
Umicore table désormais sur un ebit de 530 millions d'euros pour 2020.

Le groupe spécialisé dans la technologie des matériaux estime que désormais, son ebit ajusté devrait tourner autour de 530 millions d’euros, contre une fourchette comprise entre 465 millions et 490 millions annoncée le 2 novembre. L’action a grimpé de plus de 7% en matinée, à 39,66 euros.

Cette estimation revue à la hausse est principalement due à une meilleure performance les deux derniers mois de l’année dans deux divisions: les catalyseurs, qui ont profité d’une reprise plus marquée qu’anticipé de l’industrie automobile, et le recyclage des métaux. Cette activité, qui génère la plus grosse part de l’ebit d’Umicore, a particulièrement profité du prix du rhodium, qui a grimpé à des niveaux records.

Batteries décevantes

Par contre, en ce qui concerne la division "energy & surface technologies", active dans les batteries pour voitures électriques, Umicore signale que l’évolution de la performance est conforme aux attentes, soit un ebit de 70 à 75 millions d’euros. Et pour de nombreux analystes, c’est un peu la déception dans la mesure où cette activité est considérée comme le moteur de croissance du groupe.

"Cette mise à jour des prévisions ne dissipe malheureusement pas ces doutes."
Frank Claassen
Analyste chez Degroof Petercam

Le trading update de novembre avait déjà suscité des doutes sur les perspectives à moyen terme de cette division en raison de la surcapacité, des stocks trop importants, de la pression sur les prix et de la sous-utilisation d’une usine chinoise, rappelle Frank Claassen, de Degroof Petercam ("conserver"). "Cette mise à jour des prévisions ne dissipe malheureusement pas ces doutes." Cela ne l’a toutefois pas empêché de tenir compte de la bonne santé des deux autres pôles: il relève son objectif de cours à 39 euros, contre 35 euros avant.

Vulnérable au cours du rhodium

Même perception dans le chef de Wim Hoste, de KBC Securities ("conserver"). Il salue les prévisions revues à la hausse, mais rappelle que le business rentable des matériaux pour batteries reste le moteur d’Umicore sur le long terme et que de ce côté-là, rien n’a vraiment changé par rapport à novembre. Il a toutefois relevé son target à 40 euros, contre 37 euros avant.

Stijn Demeester d’ING ("conserver"; 35 euros) reste également prudent dans son analyse, et ce pour les mêmes raisons que ses confrères.  Il souligne par ailleurs que les bénéfices d’Umicore sont vulnérables à une éventuelle baisse du cours du rhodium, car ce métal ne peut pas faire l’objet d’une couverture.

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