CMI décroche un contrat de 5 milliards en Arabie saoudite

Les tourelles de chars de CMI ont séduit un groupe canadien pour une commande destinée à l’Arabie saoudite. cmigroupe.com ©cmigroupe.com

Le groupe Cockerill Maintenance & Ingénierie (CMI) va livrer des tourelles pour chars à l’Arabie saoudite. Il vient d’obtenir un acompte de près de 400 millions. Le contrat court sur 10 ans.

Bonne nouvelle pour les dirigeants et le personnel de Cockerill Maintenance & Ingénierie (CMI), basé à Seraing, en région liégeoise. Selon nos informations, le groupe vient de concrétiser, pour sa division de la défense, un gros contrat en négociation depuis des mois.

Il porte notamment sur la livraison de systèmes tourelles-canons (calibre 105 et moyen calibre) pour chars à l’Arabie saoudite. Le contrat intègre également des services d’accompagnement (formation au maniement et à la maintenance des systèmes, prestations de maintenance, pièces de rechange, etc.). CMI intervient ici pour le compte du groupe canadien General Dynamics, dont la division General Dynamics land system (armement de terre) a décroché le contrat global. "Nous avons eu la chance d’être choisi comme sous-traitant pour ce contrat qui va s’étaler sur plusieurs années et va consolider l’emploi chez CMI. Il permettra à CMI Défense de réaliser un chiffre d’affaires régulier", nous a confié Bernard Serin, PDG du groupe CMI.

Express

Le groupe CMI vient de concrétiser un gros contrat de livraison de tourelles pour chars à l'Arabie saoudite via le groupe canadien General Dynamics. Il représente un montant de près de 5 milliards de dollars sur 10 ans. Le contrat renforce la division "Défense" de CMI, qui occupe 274 travailleurs à fin décembre 2013 et a réalisé un chiffre d'affaires de près de 94,4 millions d'euros l'an dernier. Le groupe va développer CMI Academy en France pour répondre aux besoins de formation des clients.

Premières livraisons en 2016

En effet, le contrat porte sur une durée de 7 ans avec une prolongation de 3 ans supplémentaires. Les premières livraisons devraient intervenir en 2016. Comme souvent dans ce genre d’opération, le montant du contrat relève du secret absolu, mais il nous revient qu’il s’élève à environ 5 milliards de dollars sur la durée. Pour CMI, le contrat est désormais bien bétonné, d’autant plus que ses dirigeants viennent d’ailleurs d’obtenir un premier acompte pour une inscription de commandes de quelque 400 millions de dollars.

Selon des sources proches du dossier, la concrétisation de l’opération tombe à point nommé pour le groupe CMI. "ça fait longtemps que le groupe attend la concrétisation de ce contrat, d’autant plus qu’il a déjà commencé les travaux préparatoires. Il va rassurer tant les travailleurs que les banques. Vous savez, on ne prête qu’aux riches", nous a confié une source proche du dossier. "Ce contrat donnera un coup de pouce aux différents investissements de CMI, il est aussi une bonne chose pour les sous-traitants qui gravitent autour de CMI dans la région liégeoise", poursuit un autre interlocuteur.

Le contrat saoudien renforce l’espoir de Bernard Serin, qui ambitionne de réaliser un chiffre d’affaires d’un milliard en 2015. Le groupe a connu une baisse de régime entre 2012 et 2013. Son chiffre d’affaires a chuté de 18%, passant de 793 millions d’euros en 2012 à 647 millions en 2013. Sur la même période, son résultat d’exploitation a reculé de près de 64% à 11,6 millions en 2013 (312,1 millions en 2012).

Inscriptions de commandes en hausse en 2013

Les inscriptions de commandes en 2013 enregistrent une progression par rapport à 2012, elles s’établissent à 555,9 millions d’euros l’an dernier (487 millions en 2012), soit une augmentation de 14,1%. Dans le rapport annuel du groupe, les dirigeants précisaient que la division "défense" a à peine contribué aux inscriptions de commandes en 2013, avec un total de 4,86 millions d’euros de commandes. Avec le contrat canado-saoudien, elle va probablement surclasser les autres divisions du groupe.

Gamme de plusieurs calibres

Au 31 décembre 2013, la division "défense" affichait un effectif de 274 travailleurs. Elle a réalisé un chiffre d’affaires de près de 95 millions d’euros l’an dernier (94,367 millions). Malgré la faiblesse des commandes de la division "défense" en 2013, ses dirigeants croient en sa relance et en sa pérennité grâce aux développements technologiques. "Notre force d’innovation et notre excellence d’exécution ont affirmé la suprématie de CMI Defence en matière de systèmes pour les armées terrestres. Cette croissance rapide constitue à la fois une fierté et un défi", a commenté Paul Thonon, directeur général de "CMI Defence" dans le rapport d’activités 2013 du groupe.

La division affiche un portefeuille de produits qui couvre la gamme des calibres de 20 à 120 mm. L’an dernier, elle a livré son premier système de simulation embarqué en tourelle et finalisé le développement du missile guidé anti-tank Falarick pour canons de 90 mm. Le groupe précise que le nouveau missile est une munition tirée au départ de la tourelle Cockerill LCTS90 et qui permet aux équipages d’atteindre des cibles lointaines sans être repérés. Le Falarick 90 augmenterait aussi la puissance de feu d’un véhicule léger et rapide.

Création de CMI Academy

Pour bien réaliser le nouveau contrat "défense", CMI va concrétiser un nouveau projet en France. Selon nos informations, il va aménager un complexe moderne de formation dans l’ancienne caserne militaire de Commercy. Le groupe va y loger CMI Academy pour répondre aux besoins de formation des clients.

Outre la défense, CMI développe aussi des produits dans les secteurs de l’énergie (chaudières, maintenance de centrales nucléaires ou d’éoliennes offshore, etc.), de la sidérurgie (lignes de galvanisation, etc.) et dans l’environnement (traitement de déchets, recyclage des effluents liquides industriels, etc.). Le groupe a racheté récemment la société Balteau, spécialisée dans les stations d’épuration d’eaux usées et le pompage d’eau potable. L’objectif est de renforcer son offre de solutions environnementales.

L’histoire de CMI ressemble aujourd’hui à une "success story". C’est en 2002 que le Français Bernard Serin a racheté l’entreprise Cockerill Mechanical Industries (CMI), pratiquement à l’agonie. Elle était alors une filiale de Cockerill Sambre dont la maison-mère était le groupe Usinor (ce dernier a été fondu dans Arcelor lequel a aujourd’hui été intégré dans ArcelorMittal).

Depuis 2002, il n’a cessé de développer CMI au point d’en faire aujourd’hui un groupe mondial (rebaptisé Cockerill Maintenance & Ingénierie) avec des implantations aux quatre coins du monde (Afrique, Europe, USA, Brésil, Russie, Inde, Chine). Il emploie quelque 4.000 travailleurs dans 14 pays, dont environ 1.272 salariés en Belgique (près d’un millier des travailleurs sont occupés à Seraing).

D’autres commandes

L’été 2014 a souri à CMI. Le groupe a engrangé d’autres contrats. Sa division "Industry" a été retenue par un client international pour livrer une série de fours modernes destinés au traitement thermique de pièces pour le secteur aéronautique en Chine. Le montant du contrat s’élève à environ 30 millions d’euros.

Sa division "Energy" a remporté un deuxième contrat pour la construction d’une chaudière de centrale électrique thermo-solaire de 110 MWe au Chili (montant du contrat: 30 millions d’euros). "Cette centrale est une première mondiale, car le recours aux sels fondus permet le stockage de l’énergie solaire pendant 17 heures. La centrale pourra donc fonctionner 24h/24 et 7 jours sur 7", se réjouit Bernard Serin.

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