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Des robots pour trier les métaux jusqu'au dernier carat

©ULiège - Michel Houet

Le groupe Comet et l'ULiège ont mis au point une machine de tri entièrement automatisée pour trier les déchets métalliques les plus rares.

Les particules de métal défilent à grande vitesse sur un tapis roulant. Les pinces de robots, qui se déploient comme les pattes d'une grande araignée, les prélèvent au passage avec précision pour les balancer dans une vingtaine de boîtes. Les particules de zinc, d'aluminium, d'inox, de cuivre, de laiton et d'autres non-ferreux encore, sont ainsi triées jusqu'au dernier carat, ou presque.

La machine développée par le groupe de recyclage Comet, l'Université de Liège (via l'unité de recherche GeMMe et sa spin-off Metheore) et Citius Engineering, apporte une, sinon la, solution pour le tri ultime des métaux dans la filière de recyclage. Elle permet en effet de trier les 5% de métaux non ferreux résiduels issus du recyclage.

"Dans le processus de recyclage, 5% des métaux non ferreux ne sont pas récupérés, d'autant plus précieux que certains sont relativement rares."
Pierre-François Bareel
CEO Groupe Comet

Le prototype développé à Liège sert de modèle à une nouvelle usine de triage à construire sur le site de récupération du Groupe Comet à Obourg, en bordure du Canal du Centre. Le groupe hennuyer traite actuellement plus d'un million de tonnes de déchets métalliques pour la plupart, issus de l'automobile et de l'électroménager essentiellement. "Près des trois quarts sont des éléments d'acier qui sont réinjectés dans l'industrie sidérurgique sous la forme de mitrailles. 20% des résidus sont constitués de plastiques ou de textiles, récupérés pour en faire du carburant de synthèse notamment. Reste les 5% de métaux non ferreux d'autant plus précieux que certains sont relativement rares", fait remarquer Pierre-François Bareel, CEO du groupe Comet.

Rester local

Jusqu'ici, ces métaux non ferreux étaient exportés vers les pays d'Asie, pour y être triés manuellement par une main d'œuvre bon marché et pour y être écoulés sous forme de produits finis. Plus de 1,5 million de tonnes de métaux non ferreux transitent ainsi autour du globe. "C'est notamment pour éviter cette déperdition de valeur et ces flux de matières secondaires que le projet Reverse Metallurgy, qui réunit des entreprises, des universités et des centres de recherche, a vu le jour", rappelle Willy Borsus (MR), le ministre wallon de l'Economie.

C'est dans ce cadre que s'inscrit le projet Multipick. L'investissement, qui approche les 10 millions d'euros, est financé à parts égales entre les industriels, la Région et le fonds Feder.

Le groupe Comet installera cette année encore une unité pilote du Multipick sur son site de traitement et de recyclage d'Obourg. Les 16 robots de cette ligne de tri permettront de trier près de 20.000 tonnes de mitrailles par an. Soit un milliard de pièces à raison de 16 pièces par seconde! Le site se déploiera sur 6.500 m² et emploiera 15 personnes.

20 matériaux différents

Sur la chaîne de tri, différents capteurs effectuent la reconnaissance des objets en fonction de leur taille, de leur forme, de leur couleur et de leur densité. L'intelligence artificielle, qui s'enrichira avec l'expérience et le nombre de pièces analysées, envoie ces informations aux robots qui effectuent le prélèvement sur le tapis et le tri des différents métaux. Au rythme d'un mètre par seconde, Multipick est capable d'absorber en une seule passe jusqu'à 20 matériaux différents.

La première ligne de tri installée à Obourg servira aussi de vitrine pour cette technologie de reconnaissance intelligente. Parce que l'objectif est évidemment de pouvoir la dupliquer et l'exporter. "À terme, nous devrions pouvoir créer 4 lignes de tri pour absorber une partie des matériaux non ferreux belges. Mais il y a place pour d'autres acteurs. Et l'ambition est évidemment de vendre cette technologie à l'étranger", précise encore Bareel.

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