Rassuré sur le plan financier, Hamon peut se concentrer sur sa transformation

©Nima Ferdowsi

Réunis en assemblée extraordinaire, les détenteurs d’obligations de Hamon, groupe wallon d’ingénierie, ont accepté les trois mesures proposées par le conseil d’administration. Le titre grimpait de 13% ce jeudi après-midi après l’annonce du résultat des votes.

Les dirigeants du groupe d’ingénierie wallon Hamon peuvent pousser un "ouf" de soulagement. Le volet financier de leur plan de relance a reçu le dernier feu vert… Les détenteurs d’obligations émises par la société le 30 janvier 2014 ont approuvé jeudi, en assemblée extraordinaire, les trois mesures proposées par son conseil d’administration: l’extension de la date d’échéance des obligations au 30 janvier 2025; la réduction du montant dû à l’échéance à 60% de la valeur nominale spécifiée des obligations; et la réduction du taux d’intérêt de celles-ci à 3,3% brut par an à partir du 30 janvier 2020.

L’accord des obligataires était vital pour le groupe spécialisé dans les systèmes de refroidissement, les échangeurs de chaleur et la dépollution de l’air. L’accord des banques de prolonger le financement du groupe était en effet conditionné à son obtention. C’est désormais chose faite. "Cela va permettre au management de se concentrer sur les opérations", a commenté le CEO Bernard Goblet.

Avec le concours de la Sogepa

Concrètement, au terme de ce double refinancement, le groupe "augmente significativement la maturité de son endettement et dispose d’un prêt subordonné de 28 millions d’euros, d’une ligne revolving de 28 millions, d’une ligne de lettres de crédit de 181 millions et d’un emprunt obligataire de 33 millions", selon les termes d’un de ses communiqués.

Sa structure financière en ressort "considérablement améliorée et permettra d’atteindre des ratios d’endettement net sur fonds propres proches des standards de marché".

Sa structure financière en ressort "considérablement améliorée et permettra d’atteindre des ratios d’endettement net sur fonds propres proches des standards de marché".

Rappelons que le groupe brabançon avait déjà obtenu l’accord de ses banques pour un projet de refinancement et de renforcement de ses fonds propres, intervenu après une série d’autres étapes, comme la focalisation sur son cœur d’activité ou sur des projets de plus petite taille. Intervenu fin juillet dernier, le rachat d’une partie des obligations par la Sogepa (Région wallonne) faisait partie de ce plan de refinancement.

Au début du mois d’août, la première assemblée générale des obligataires avait dû être ajournée, faute d’avoir pu atteindre le quorum d’au moins deux détenteurs d’obligations représentant au minimum trois quarts du montant des titres en circulation. Ce dernier critère ayant été ramené à au moins un quart du montant en circulation, la deuxième assemblée a pu valablement délibérer.

Trois volets

Le plan de transformation de Hamon, qui a commencé à tourner à plein régime l’an dernier, est basé sur trois volets, les désinvestissements, la réorganisation des structures et la diversification. Le groupe a déjà bien avancé sur les deux premiers, moins sur le troisième.

Hamon s’est réorganisé de manière à ne plus former qu’une seule entité au plan mondial.

Il a fermé ses filiales au Brésil et en Afrique du Sud et a revendu, comme prévu, sa filiale française de "manufacturing" PHE au groupe allemand Grossman, afin de se recentrer sur son cœur d’activités.

Il s’est réorganisé de manière à ne plus former qu’une seule entité au plan mondial ("One Hamon"), a réduit son périmètre et ses coûts. Une fonte qui s’est aussi reflétée dans son effectif global, revenu de 1.600 à 1.200 personnes, et dans ses frais fixes, diminués de 40%.

Il a salué la création en son sein d’un département de services aux clients et d’une centrale d’achat. Cela l’aidera à cibler à l’avenir des projets de plus petites tailles et à favoriser les activités récurrentes. L’organisation s’appuie également désormais sur un centre d’engineering basé en Inde et sur des centres d’excellence répartis sur l’Europe et les Etats-Unis.

Dans la foulée, la direction de Hamon a aussi fait état de sa volonté de diversification. "On s’est regardé le nombril en améliorant notre organisation interne, on va passer maintenant à l’étape suivante: comment se positionner pour rester un groupe leader à l’avenir dans les techniques que nous connaissons, avait déclaré Bernard Goblet à L’Echo au printemps dernier. Nous voulons nous diversifier, car nous restons trop dépendants du monde de l’énergie (électrique surtout, NDLR), où beaucoup de questions restent ouvertes: sur les centrales au charbon, sur le renouvelable, etc. Nous devons regarder d’autres marchés." Il avait ajouté que le groupe envisageait de s’investir dans l’industrie, et plus précisément la chimie, les papeteries, la sidérurgie, le pétrole et le gaz.

La diversification ne se limitera pas aux secteurs, mais comportera également une dimension géographique. Hamon est bien développé sur le Vieux continent et aux Etats-Unis, moins en Asie et en Amérique latine: là où porter l’effort désormais.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect