Inquiétude des salariés de Bombardier à Bruges

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Le groupe canadien, Bombardier, annonce pour la deuxième fois cette année des réductions d'effectifs. Après les 7.000 énoncés en février, il ajoute 7.500 pertes d'emplois supplémentaires à la facture.

Le constructeur canadien Bombardier va au cours des deux prochaines années supprimer 7.500 emplois à travers le monde, soit 10% de sa main d'oeuvre, a-t-il annoncé vendredi. L'entreprise avait déjà annoncé la suppression de 7.000 jobs en février dernier.

À Bruges, l'incertitude est de mise, rapporte Luc Logghe de l'ACV Metea (CSC). "Je crains des actions du personnel." Aucune information ne circule à cette heure sur l'éventuel impact de cette nouvelle réduction d'effectif sur le site belge qui emploie quelque 500 personnes.

"Un conseil d'entreprise est en cours. Mais je crains que la désillusion au sein du personnel soit très importante", explique le représentant syndical. "Je crains des actions, peut-être que les travailleurs se croiseront les bras cet après-midi."

Après la première annonce de restructuration en février, "Quelque 80 personnes avaient dit être d'accord pour quitter l'entreprise sur base volontaire, mais tous ne sont pas encore partis. À côté de cela, il y a eu une quinzaine de licenciements."

"Avec les M7 (voitures à double étage pour la SNCB), nous pouvons compter sur une importante commande", explique Luc Logghe. "Mais elle ne garantit de l'emploi que pour 65% du personnel. Il est donc très important que l'on reçoive encore d'autres commandes."

Montréal rassure

A la maison-mère, on parle de rationalisation des fonctions administratives et autres fonctions non liées à la production. "L'impact de cette restructuration sur les emplois sera en partie compensé par des embauches stratégiques visant à soutenir l'accélération de nos programmes en croissance, notamment le C Series et le Global 7000, ainsi que les principaux contrats ferroviaires remportés", souligne le constructeur.

Un porte-parole du groupe ajoute depuis Montréal que Bombardier allait "dans la mesure du possible", recourir à des départs volontaires et proposer des changements de postes aux salariés concernés.

En difficulté, le groupe a lancé l'an dernier un plan de redressement sur cinq ans. "Les actions annoncées aujourd'hui nous assureront d'avoir la bonne structure de coûts, les bons effectifs et la bonne structure organisationnelle pour livrer concurrence avec succès à l'avenir", a commenté le PDG du constructeur Alain Bellemare, cité dans le communiqué.

"Même s'il est toujours difficile de restructurer, les actions annoncées aujourd'hui sont nécessaires pour assurer la compétitivité à long terme de Bombardier et permettre à l'entreprise de continuer à investir dans son portefeuille de produits d'avant-garde, tout en réduisant l'endettement à son bilan", a-t-il ajouté.

L'entreprise espère retirer des mesures annoncées vendredi des économies récurrentes d'environ 300 millions de dollars d'ici la fin 2018. Elle prévoit parallèlement d'enregistrer dans ses comptes des charges de restructuration comprises entre 225 millions et 275 millions de dollars à partir du quatrième trimestre 2016 et tout au long de 2017.

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