Le 21 décembre, ça passe ou ça casse pour Durobor à Soignies

©Anthony Dehez

Les actionnaires de la gobleterie de Soignies négocient un plan d’investissement de 16 millions pour moderniser l’outil. Si ce dernier n’est pas lancé d’ici la fin de l’année, la faillite ne pourra plus être évitée.

Pour le moment, chez Durobor à Soignies, on casse beaucoup de verres. Lors de notre visite de l’entreprise située à Soignies dans la foulée de sa reprise par des investisseurs privés rassemblés autour de Herman Green, le patron néerlandais n’avait pas tergiversé sur ce point. "La vétusté de nos installations a un impact considérable sur notre approche concurrentielle. Aujourd’hui, sur 100 verres produits, moins de 60% sont commercialisables, là où la concurrence, qui possède des outils plus modernes, obtient des rendements de 75%", insistait-il en mars dernier.

D’ici la fin de l’année, c’est l’entreprise elle-même qui risque de casser. La première phase de modernisation de ce fleuron wallon est en phase de ballottage. Favorable, selon nos informations.

Cette première phase correspond à un investissement de 16 millions d’euros et concerne l’installation en 2019 de trois nouvelles lignes de production, dont une de décoration et une de verre à pied. Il nous revient que ce lundi soir, les deux actionnaires actuels (Herman Green Invest, à 52 % et la Sogepa, à 48%) ont signé un accord sur un ensemble de points dont notamment la répartition de leur apport financier. Ensemble, les actionnaires mettent 5,5 millions sur la table. Ils demandent donc un prêt bancaire de 10,5 millions. La banque concernée donnera sa réponse pour le vendredi 21 décembre au plus tard. Tant du côté de la Sogepa que du côté de la direction de l’entreprise, personne ne veut confirmer ou infirmer nos informations afin de donner toutes les chances à l’opération financière de se réaliser.

16 millions €
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C’est le montant du plan d’investissement pour lequel Durobor a besoin d’un prêt bancaire de 10,5 millions.

Dans les couloirs de l’usine sonégienne, l’optimisme est de retour puisqu’il semble que le prêt de la banque est notamment conditionné à l’accord investisseurs privés-investisseur public signé avant-hier. "Nous attendons la décision de la banque, commente Stéfano Fragapane, permanent FGTB après le conseil d’entreprise de ce mardi. Il est certain que si le financement de la phase 1 n’est pas assuré, l’avenir de l’activité sera en péril."

"Je pense qu’alors, la faillite ne pourra pas être évitée, complète Rico Zara, secrétaire régional à la CSC. Mais on n’est en pas là, on croise les doigts. La direction et la Sogepa se battent à fond sur ce dossier."

Le four peut tenir encore

À l’heure actuelle, Durobor emploie 154 personnes. Elles seront donc fixées sur leur sort d’ici la fin de l’année. Si le plan d’investissement est mis en œuvre, l’avenir devrait s’éclaircir. Un audit a été réalisé sur le four. Avec quelques investissements de maintenance prédictive, celui-ci pourrait encore tenir quatre ou cinq ans. De quoi laisser le temps à Durobor d’enfin se relancer sur le long terme. En cas de succès, au-delà des années 2020, un deuxième plan de 22 millions pourrait être mis en œuvre avec l’achat d’un nouveau four et la construction de nouvelles installations.

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